Saint-Dié-des-Vosges.

La glorification de saint Déodat  (B. Prot , 1662)

La glorification de Saint Déodat.

( B Prot,1662.)

Saint-Dié-des-Vosges (88100) est une ville de 21 900 habitants située dans la région de Lorraine et le département des Vosges. Ses habitants s’appellent les Déodatiens. Cette ville se trouve à une altitude moyenne de 343 mètres.

Camp celtique de la Bure

Camp Celtique de la Bure.

PREMIERE PARTIE.

HISTOIRE DE SAINT-DIE-DES-VOSGES.

La vallée et les collines ont été peuplées depuis les temps anciens. Des recherches archéologiques ont fait découvrir des sites Celtes. Entre 3500 et 2000 avant JC,  elles accueillaient des habitants à l’époque gauloise puis gallo romaine. Du Ier au IVème siècle avant JC ces habitants s’étaient protégés derrière des murailles.

Des fouilles y sont faites de 1964 à 1986. A la suite de ces fouilles, il se révèle qu’un fossé isole le camp de la montagne. Des poutres renforcent la maçonnerie en pierres sèches larges de 7 m 50. Un rempart de 350 m environ protége le camp et existe encore. Plusieurs portes permettent d’y entrer  par des chemins dallés qui y mènent. Des bassins cultuels,  qui auraient permis d’adorer Jupiter et Diane, mais qui auraient servi aussi de réserves d’eau, sont creusés à plusieurs endroits. Des moulages de stèles font apparaître le métier de forgeron. Monnaies, céramiques, bijoux, sculptures, grosses enclumes y ont été également découverts. Ce camp aurait fait l’objet de destructions en l’an 352 après JC  par les Alamans.

Les fouilles de la Bure sont animées en particulier par Georges Tronquart professeur de Français et de Latin au Lycée Jules Ferry de Saint-Dié, dont j’ai été une élève.

Saint-Dié a grandi autour des fondations religieuses créées en 669 par Saint Déodat, moine Irlandais.

La peste noire ravage la contrée après 1349. Puis la ville se construit grâce au développement de l’économie. Mais la ville est la proie des flammes : 116 maisons sont détruites le 27 juillet 1757, puis 18 maisons le 06 Septembre 1757.

L’ancien duc de Lorraine Stanislas Leczinski ( 1677-1766), beau père de Louis XV fait une donation de 100 000 francs pour la reconstruction de la ville. De plus un conseil ducal lève un impôt spécial de 100 000 livres pour permettre de reconstruire cette ville entre 1758 et 1761. L’architecte Carbonnar est chargé du plan d’urbanisme. Des ruisseaux sont canalisés. Saint-Dié compte vite 6000 habitants.

En 1793, sous la terreur, les sanctuaires comme la Petite Eglise, les chapelles de la vallée, les maisons des capucins sont pillées. Les biens écclésiastiques sont déclarés biens communaux. Le cloître est transformé en prison. La bibliothèque de l’évêque est préservée.

Sous la restauration, la bourgeoisie vit de ses propriétés foncières. Entre 1830 et 1840 l’économie se développe jusque l’arrivée de la guerre. Lors de la guerre Franco- Allemande du 19 octobre  1870 au 02 Août 1873, la ville de Saint-Dié est occupée. Ses habitants sont soumis à de nombreuses amendes et réquisitions. Mais à la libération la ville réagit et reprend des initiatives privées.

Lors de la première guerre mondiale la ville est à nouveau envahie du 26 Aout au 11 Septembre 1914. Elle subit de nombreux bombardements. Avant la deuxième guerre mondiale les métiers de sidérurgie et de fonderie se développent et apportent de nombreux emplois. Ces industries bénéficient en particulier à l’essor des transports et de l’automobile.

Lors de la 2ème guerre mondiale la ville est occupée par l’armée allemande à partir du 22 aout 1940 et les déportations et les exécutions se généralisent. A la libération, la reconstruction tarde. Le Corbusier propose un projet au Ministère de la Reconstruction , mais ce projet est combattu par les habitants. Des plans sont cependant gardés dans la ville. Pierre Résal est choisi comme architecte pour reconstruire la ville. Saint-Dié a la caractéristique d’être construite en grès rose, pierres du pays. Compte tenu du délai pour édifier ces habitations, à la Vigne Henry, des baraques faites de planches disjointes, sans réseau d’eau, ni électricité permettent aux familles en difficulté de se loger.

Saint-Dié meurtrie ne rattrapera pas son retard économique. Encore aujourd’hui 55 % des foyers fiscaux ne payent pas d’impôts. La jeunesse a un faible niveau de qualification. Le taux d’illétrisme est de 10% et l’analphabétisme gagne.

Statue de Jules Ferry

Statue de Jules Ferry.

DEUXIEME PARTIE.

SAINT-DIE DES VOSGES AUJOURD’HUI.

Le maire de la ville est Christian Pierret  ( 2008-2014 ), ancien Ministre de l’Industrie sous le gouvernement de Lionel Jospin. Rendons lui hommage pour toutes les rénovations qu’il a apporté à la ville lors de ce mandat et des mandats précédents.

Comme vous le voyez ci-dessus la ville honore Jules Ferry (1832-1893), figure de l’hitoire de France et qui a fondé l’école gratuite, laïque et obligatoire. Mon arrière, arrière grand mère paternelle, Ferry Marie Rosalie épouse de Noël Jean Nicolas, était sa cousine germaine. Sa vie peut-être suivie au Musée Pierre-Noël. Pierre Noël a été Maire de la ville et un de mes professeurs d’anglais au lycée Jules Ferry de Saint-Dié.

Sur la tombe de Jules Ferry et celle d’Abel Ferry présente au cimetière de la rive droite de Saint-Dié on peut lire:  » Je désire reposer en face de cette ligne bleue des Vosges d’où monte jusqu’à mon coeur fidèle la plainte touchante des vaincus. » En effet, l’Alsace avait été annexée par l’Allemagne en 1871. Depuis elle est bien sûr et heureusement à nouveau Française.

Claire et Yvan Goll poètes et romanciers sont célèbrés par la ville. Yvan Goll est né à Saint-Dié en 1891. Ses parents avaient fuit l’Alsace et la Moselle annexées par les Allemands. Yvan Goll représente un courant de pensée qui unit très tôt les poètes et les artistes de toute l’Europe. Claire son épouse, également journaliste a légué à la ville les oeuvres qui leur avaient été données par leurs amis : Léger, Delaunay, Chagall, Dali, Tanguy, Miro, Moore… La collection représente toute l’Ecole de Paris de 1920 à 1970. Ils firent don également de livres et de manuscrits….

L’usine Claude et Duval  a été commandée par l’industriel Jean-Jacques Duval à l’architecte, Le Corbusier, et sa construction payée de ses deniers privés. On peut voir de l’avenue de Robache la grande façade vitrée munie de brise-soleil, les frontons en grès local, les pilotis de béton et les peintures sous plafond du rez-de-chaussée. Elle est classée Monument historique mais on ne la visite pas car s’y trouve toujours une bonneterie en activité. On peut y voir les caractèristiques des constructions de Le Corbusier : plan libre, murs non porteurs permettant des fenêtres sur toute la longueur ( pan de verre) , pilotis laissant le sol libre, toit-terrasse.

Une importante bibliothèque permet de consulter 206 000 documents dont 90 000 dans la collection patrimoniale.

Le Musée Pierre-Noël construit de 1973 à 1975 a eu sa première exposition en 1977. Vous y trouvez des objets retrouvés lors des fouilles de la Bure. Sur le bâtiment figure la  » colonnade » de Jean-Michel Carbonnar (1780) et sur la rue Saint Charles un escalier médiéval datant du XIII ème siècle, sous arcs-diaphragmes qui s’ouvrait dans les murailles et protégeait les églises .

La collection à voir dans ce musée est celle d’uniformes, d’armes, de munitions et de documents concernant l’armée allemande de 1860 à 1945 et l’armée française de 1800 à 1960 qui font revivre le passé des guerres napoléoniennes à la Seconde Guerre mondiale.

Une grande vitrine est consacrée dans ce musée à René Fonck,  as de l’aviation en 1914-1918, né près de Saint-Dié.

La cathédrale, en grès rose,  forme un ensemble architectural avec l’église Notre-Dame de Galilée et le cloître.  La cathédrale fut détruite à moitié à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle est consacrée à nouveau en 1974. Le mobilier de la cathédrale a été créé en 1974 par l’artiste Philippe Kaeppelin. 53 vitraux ont été réalisés en 1986-1987. Notre Dame de Galilée attenante est classée Monument historique. Ce monument roman très pur date du XIIème siècle. Seuls les chapiteaux à l’entrée sont décorés de monstres et de motifs végétaux. Le cloître classé également Monument historique date en partie du XVème et XVI ème siècle. Les galeries sont ajourées en arcs brisés avec un fenestrage gothique de quadrilobes, de trilobes et d’accolades.

La chapelle du Petit-Saint-Dié date des XV ème, XVIIIème et XIXème siècles. Un moine irlandais y établit son oratoire en 660. Sous l’auvent, il y a une stèle gallo-romaine. A proximité deux fontaines d’eau ferrugineuse dont les bienfaits étaient déjà connus des Gallo-Romains. Des soins par l’eau y étaient pratiqués au XVIIIème siècle.

La Chapelle Saint-Roch a été édifiée par le chanoine Vautrin Lud vers 1500 ainsi qu’une ferme pour accueillir les pestiférés hors de la ville. On y trouve un retable du peintre Claude Bassot, né à Vittel vers 1580, daté de 1625.

L’église Saint-Martin a été consacrée en 1902 : Architecture et mobilier sont de style néo-roman. Une mosaïque rend hommage aux morts de la Première Guerre mondiale.

Plusieurs fontaines animent la ville. La plus ancienne nommée Monument historique date du XVIème siècle, place Barthélémy Chaumont.

Un festival international de géographie est organisé chaque année depuis 1990. Il est depuis 1995 un des rares lieux de rencontres des chercheurs géographes. Il a lieu les 4 premiers jours d’octobre. Au terme de la semaine festivalière est décerné une dizaine de prix scientifiques.

Dans la ville ont vécu quelques autres personnes publiques connues : L’écrivain Michel J Cuny qui fit ses études au lycée Jules Ferry, Jean-Marie Cavada  journaliste, Julien Lepers ( né en 1949) présentateur de TV  » Questions pour un champion  » a passé une partie de son enfance à Saint-Dié et suivi des études au collège de Sainte Marie.

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Blason de Saint-Dié-Des-Vosges.

TROISIEME PARTIE.

CLAIRE A SAINT-DIE-DES-VOSGES.

Claire est très attachée à la ville de Saint-Dié-des-Vosges. Elle y a vécu environ 15 années.  Elle y a rencontré Rémi lors de son entrée au lycée Jules Ferry en classe de 6 ème.  Elle aime se retrouver dans cette ville où elle revient régulièrement.

Elle adore se promener à la Cascade des Molières, proche de la ville où elle peut tremper ses pieds dans l’eau de source qui coule sur une énorme pierre de grès rose. Elle recherche ici dans les grands sapins, la fraîcheur, les jours de grosses chaleurs de l’été.

Depuis Saint-Dié, elle va visiter les lacs de Longemer, Gérardmer, Retournemer, le Lac Blanc, le Lac Noir proche en voiture de la ville. Elle s’arrête dans un café pour manger du vacherin ou une tarte aux myrtilles et boit une boisson fraîche.

Elle aime aussi se rendre à Kaysersberg, en Alsace, ville où se trouve la maison du Docteur Schweitzer. Les maisons y sont typiques et l’on peut encore trouver des petites filles habillées en Alsacienne. Et puis la grand-mère de Claire est Alsacienne. Alors elle a aussi des attaches en Alsace.

A 1 heure 30 de Saint-Dié on trouve aussi  la voie romaine de Raon-Lès-Leau dégagée sur plus d’un kilomètre avec des pavés intacts qui portent la marque des nombreux chariots qui l’on empruntée il y a 2000 ans. Il faut se rendre en y allant à Raon sur Plaine sur la route du col du Donon. La route forestière qui y mène paraît longue mais il faut persévérer.

Près de sa maison en été elle va également cueillir des mûres pour faire des gelées. Au Printemps, elle se rend près des champs proches, en voiture,  pour cueillir des jonquilles. Elle va aussi à la Schlucht (1139m) et au col du Bonhomme se promener dans les chemins forestiers.

Claire s’imagine souvent se promenant enlassée avec Rémi dans cette ville dans des moments faits d’Amour et de Beauté.

La cathédrale

La cathédrale en grès rose.

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Article écrit par Claire le 16 Août 2008.

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6 commentaires

  1. BLE dit :

    Bonjour,

    nous avons créé un blog sur la Lorraine, blogerslorrainsengages.unblog.fr, qui est un blog d’expression libre présentant divers articles, commentaires ou opinions sur la Lorraine.
    Bloggers Lorrains Engagés a pour but de sensibiliser les Lorrains à l’actualité de leur région, de manière originale, et de les y faire réagir. Nous essayons de proposer une lecture alternative et différente de l’actualité à nos lecteurs.

    Vous pourrez également mesurer notre implication et notre envie de faire réagir les gens en parcourant nos différents articles déjà publiés, notamment sur l’actualité et le patrimoine lorrain.

    Nous voudrions savoir s’il est possible de nouer un partenariat réciproque en contribuant à la promotion de deux organisations via l’échange de liens par exemple, ou sous toute autre forme.

    Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer l’expression de nos salutations distinguées.
    Les BLE.

    http://blogerslorrainsengages.unblog.fr

  2. Bonjour,

    merci pour votre lien, nous avons fait de même dans notre colonne jaune de droite (sous l’appellation Saint-Dié-des-Vosges, si vous pointez votre curseur sur le lien, vous pouvez y lire un commentaire montrant que c’est vous qui contez la ville aux visiteurs)

    Bien cordialement,

    Les BLE.

    Dernière publication sur BLE Archives : Découvrez notre nouveau site internet !

  3. robache dit :

    Bonjour Mr ou Mme
    J’aimerai savoir comment et pourquoi une de vos fontaines se nomme « fontaine du robache »
    Je fais des recherches sur mon nom de famille.
    merci de bien vouloir me répondre.
    Bonne journée
    G Robache

  4. antoine dit :

    bravo pour ton blog et pour l’histoire de Saint-Dié-des-Vosges, mon nom te dira sans doute quelque chose : Danielle Antoine
    j’habite à Saint-Dié-des-Vosges après avoir habité le Midi et Paris, je suis dans la maison familiale
    j’ai eu de tes nouvelles par ta maman
    voici mon adresse E-mail au cas où tu aimerais me répondre : danto.finou@wanadoo.fr
    amicalement Danielle

  5. chantalflury dit :

    Je donne une réponse à G Robache trouvée sur le site jeantosti.com/noms/r3htm :
    Robache assez courant dans le Nord-Pas-de-Calais, rencontré en Alsace sous la forme Robach, désigne celui qui est originaire d’une localité portant ce nom, en principe la commune de Robache dans les Vosges, ou le hameau de Commune Robache à Nabringhen (62). Sens du toponyme : le ruisseau (Bach) dans les roseaux (Rohr).
    L’avenue de Robache fait partie de Saint-Dié-Des-Vosges (88100) : Le Robache est un ruisseau souvent tortueux affluent de la Meurthe qui y coule. Il y a un lieu dit Robache également : Robache était une vieille mairie du Ban Saint-Dié, indépendante sous l’Ancien Régime.
    Amicalement.

  6. mamini dit :

    Banjour Claire,
    Grâce à ta visite sur mon blog » peintures » Je peux lire cet article sur St Dié, je viens de connaitre pas mal de choses et tes écrits sont vraiment très instructifs et agréable à lire.
    Je ne connais pas trop St Dié mais cela me donne envie d’y aller lors d’un séjour dans ces Vosges que j’affectionne, je suis originaire de Plombières Ville Thermale du Sud des Vosges, mais maintenant partie dans les Deux Sèvres, mes sapins me manquent bien souvent.
    Longue vie à ton blog, je reviendrai lire ces nouvelles et visiter d’autres pages.
    Amicalement
    Mamini

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