Musée Maurice Denis, les Nabis.

Le Musée Maurice Denis se situe à St Germain en Laye (78), à 30 Km de Paris.

Le Prieuré vu du jardin

LE MUSEE MAURICE DENIS.

PREMIERE PARTIE.

LA BATISSE.

Dés 1662, Louis XIV souhaite qu’à St Germain en Laye s’ouvre un Hôpital Général comme dans toutes les villes du Royaume. En 1686 avec l’aide du Trésor Royal, Mme de Montespan construit le bâtiment actuel qui servira d’Hôpital.

Ce bâtiment doit être constitué de deux ailes séparées par une chapelle mais l’aile Nord ne sera jamais conçue. Les travaux sont terminés en 1718. Il s’agit d’un grand bâtiment, simple, long de 54 mètres , avec un étage et des combles. En 1753, l’Hôpital Général Royal est transformé en Hospice. Le 19 octobre 1793, il est nommé Hospice National des vieillards. Il est délaissé 10 ans plus tard. Le 5 avril 1815, il est vendu pour la somme de 31 000F. Les locataires se succédent, fabriquant d’étoffe de lin, tanneur ( Monieur Bardet, Monsieur Delcourt). Puis le bâtiment est acheté par la famille Mignon en 1882.

En 1910 Maurice Denis envisage d’acquérir l’Hôpital. En 1912, dans ses murs, il  prépare de grandes décorations pour le théâtre des champs Elysées. Il doit y construire un large atelier,  pour faire rentrer ces grandes fresques.

Maurice Denis achète la propriété le 09 juillet 1914 qu’il baptise le « Prieuré ». La batisse est aussi entourée d’un grand parc.

Lorsque Maurice Denis s’installe en 1915 au Prieuré, la chapelle de l’hôpital est à rénover. Il décide donc de la restaurer et de la rendre au culte. Cette restauration est terminée le 25 mars 1928. 

Maurice Denis réside dans ce « Prieuré » jusqu’à sa mort accidentelle. Il est renversé par une voiture, en 1943 .

L’ensemble est classé, depuis février 1976, monument historique. Un musée est créé par le Conseil Général des Yvelines en 1976, par suite d’une donation des héritiers de Maurice Denis. Ses portes s’ouvrent au public en 1980.

 

DEUXIEME PARTIE.

LA VIE DE MAURICE DENIS.

Maurice Denis ( 1870-1943) est le fils d’un employé de la compagnie des chemins de fer de l’Ouest et d’une modéliste. Il naît le 25 novembre 1870 à Granville dans la Manche, lors d’un déplacement de son père et de sa mère. Ses parents habitent à St Germain en Laye où il vivra également toute sa vie.

Maurice Denis après avoir suivi des études au lycée Condorcet à Paris s’inscrit à l’Académie Julian. Il est également admis aux Beaux Arts.

Il gère la formation du groupe Nabis, d’un nom hébreux Nebiim qui signifie prophète.

Il participe pour la première fois au Salon de la Société des artistes Français à Paris en 1890  et publie dans la Revue Art et Critique sa célèbre définition : « Se rappeler qu’un tableau – avant d’être un cheval de bataille, une femme nue, ou une quelconque anecdote – est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs, en un certain ordre, assemblées. »

A cette même époque, il peint de grands tableaux pour les habitations de plusieurs mécènes.

Habitué du cercle du peintre Henry Lerolle, il rencontre chez lui Ernest Chausson, Paul Dukas, Vincent d’Indy et César Franck.

Le 12 Juin 1893, il épouse Marthe Meurier dont il aura 7 enfants. Mais cette dernière décède  le 22 août 1919, après avoir été malade pendant plusieurs années. Il est entrain de décorer la chapelle de son Prieuré. Lors de sa restauration, commencée en 1915 et terminée en 1928, dédiée à l’origine à St Louis, il joint une invocation à Sainte Marthe, en la mémoire de son épouse. Ainsi au Nord un vitrail représente St Louis et au Sud un vitrail Ste Marthe avec , au bas de la fenêtre, une grisaille montrant son épouse sur son lit mortuaire, le visage recouvert du voile de toutes les madones dont elle a été le modèle. Il y peint également des fresques murales. Il renforce aussi, à la mort de Marthe, son action pour l’art chrétien. Tout le mobilier , les objets liturgiques ainsi qu’une partie du linge d’autel ont été conçus par l’artiste. Il a dessiné la porte du tabernacle avec le visage du Christ. Le plafond voûté est un ciel à grands nuages où  vollent des colombes qui conduisent les vertus théologales vers le Christ, au-dessus du choeur.

Après la fin de la première guerre mondiale, il est reconnu officiellement en tant qu’artiste.

Il enseigne à l’Académie Ranson de 1908 à 1922. En 1919, il fonde les Ateliers d’art sacré avec Georges Desvallières formant ainsi toute une génération de jeunes peintres.

Un autoportrait de Maurice Denis, 1920, huile sur toile est installé devant le prieuré.

Le deux février 1922, il épouse Elisabeth Graterolle en seconde Noce. Ils auront deux enfants.

En 1922, une importante rétrospective de ses oeuvres est présentée à l’Exposition Internationale de Venise.

Dans sa vie, Maurice Denis fait environ dix voyages. En 1927, il est invité par Carnegic Institute aux Etats Unis et au Canada.

Il est élu membre de l’académie des Beaux Arts en 1932.

 

TROISIEME PARTIE.

 MAURICE DENIS ET LES NABIS.

Avec Paul Sérurier, Maurice Denis fonde l’école des Nabis et en devient le Théoricien.

Les Nabis cherchent les voies spirituelles au contact de la philosophie et de doctrines nouvelles teintées d’Orient.

Ce groupe a une nouvelle manière de peindre. Pour Maurice Denis comme pour ses camarades , la peinture doit être une transposition de la nature. Pour les Nabis, peindre c’est traduire une sensation en images. Ils s’intéressent particulièrement aux estampes et aux affiches. Ils collaborent à de multiples journaux, illustrent de nombreux livres, par exemple  » Sagesse » de Paul Verlaine en 1893.

 Ils recherchent l’authentique du bien et du Beau. Ils  synthétisent le dessin,  la composition,  la couleur. Ils sont précurseurs de l’art moderne.

Bien que de conviction commune, les Nabis développent des tendances diverses:

- grâce,  intimiste chez Pierre Bonnard et Edouard Vuillard

- simplification et observation chez Félix Vallotton.

- courant mystique par Paul Elie Sérurier, Maurice Denis, le Hollandais Jan Verkade et le Danois Mögens Ballin.

-arabesques décoratives chez Maurice Denis, Paul Ranson.

Tous essayent de lever la barrière qui sépare l’art décoratif de l’art du chevalet.

Ils créent des papiers peints, des tissus, des tapisseries, dessinent des vitraux, des meubles, des paravents, des décors de théâtre.

Ils vivent une réforme de la peinture et sont des novateurs.

Ils utilisent la déformation subjective qui accentue certains aspects du sujet représenté et la déformation objective qui soumet la représentation à l’ordre nécessaire au tableau. Néanmoins la peinture possède ses propres lois auxquelles le peintre doit se soumettre.

 

QUATRIEME PARTIE.

VISITE DE CLAIRE ET REMI AU MUSEE.

La visite du  » Prieuré » a commencé par le rez de chaussée. Claire observa dans le tableau » l’échelle dans le feuillage » des femmes et des personnages au regard irréel qui semblaient flotter et venir d’ailleurs. Chacun avait l’air,  de vivre dans un espace comme le Paradis et de ne pas voir le monde autour d’eux. Trois femmes dans les tons orangers paraissaient accrochées à une échelle dans des arbres, les pieds posés nul part. Des arabesques décoratives étaient peintes sur le tableau.

Dans une autre salle , Claire vit de grandes toiles représentant la légende de St Hubert que Maurice Denis avait peinte pour le baron Denys Cochin ( 1851-1922). Des dessins au fusain étaient exposés. Ils avaient servis à la préparation des personnages et des animaux de ces grandes toiles.

 Le 28 mai 1897, l’artiste commence à peindre la chasse. Sept panneaux sont accrochés sur trois murs. Claire trouve la perspective du tableau irréelle et la toile un peu figée.

Claire observa aussi des tableaux d’autres peintres amis de Maurice Denis. Par exemple, d’ Emile Bernard « Bretonnes au goëmon », de Pierre Bonnard « Paravent aux lapins », de Paul Gauguin  » la fille du patron « avait fait l’objet d’un prêt à un autre musée et Claire ne put voir la toile,  de Paul Elie Ranson » cinq femmes à la récolte », de Paul Sérurier » Louise ou la servante bretonne », de Félix Valloton  » la fillette au chaton », de Jean Verkade  » l’église de Saint Nolff  » etc…

Claire monte à l’étage avec Rémi. Elle y retrouve un style de peinture complètement différent.  Les couleurs de ces peintures ressemblent aux tableaux du peintre Seurat ou certains dans les teintes orangées à des personnages de Gauguin ou de Renoir.

D’autres tableaux sont en céramiques. Les peintures évoluent vers des tapisseries , des décors de théâtres.

Claire ne connaissait pas ce mouvement de peinture et elle fut très heureuse de le découvrir. Ces artistes passaient de l’impressionnisme à un art beaucoup plus moderne ou mystique, précurseur de la peinture nouvelle.

En visitant la chapelle attenante, Claire vit la marque du peintre. Sur le vitrail du choeur, Maurice Denis a regroupé sa famille autour de la vierge et de l’enfant Jésus. St Joseph par exemple a les traits de son père. Sa seconde épouse y figure avec Marthe la première. La Cène et les Apôtres sont représentés sous les traits des amis de l’artiste. Claire observa également de nombreux tableaux et des médaillons dans cette chapelle.

Puis Claire et Rémi durent repartir en étant encore une fois en contact avec » l’Amour » des peintres et la « Beauté » de leurs  tableaux qui les habiteraient longtemps encore.

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Publié le 13 avril 2008.

Maurice Denis

Le Printemps de Maurice Denis (vers 1897)



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2 commentaires

  1. Coucou Chantal
    Merci pour ton message; je t’ai répondu sur mon blog…

    Je ne connais pas ce musée.
    J’essaierai d’aller le visiter lors d’un de mes passages dans la région….
    Bonne fin de soirée
    A bientôt
    Fleurdelyss

  2. HONORE dit :

    Après la visite ce jour au Gd Palais de l’Expo.Renoir,je voulais m’informer sur l’influence des Nabis et votre page sur Internet en 3parties et fort intéressante et instructive, elle me donne envie de découvrir les oeuvres et le Musée Maurice DENIS à ST GERMAIN EN LAYE . Merci infiniement et à bientôt .Cordialement S.Honoré

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