Histoire de la Guadeloupe.

L'île de la Guadeloupe vu de l'espace, septembre 1994. Basse Terre est en bas à gauche, on devine son relief, Grande-Terre est en haut à droite.  

L’ILE ET SON HISTOIRE. 

La Guadeloupe, archipel des Antilles se trouve à 6200 km de la France métropolitaine, à 600 km au nord des côtes de l’Amérique du Sud, à 700 km à l’Est de la République dominicaine. Elle a une superfice de 1628 Km2 qui comprend une multitudes d’îles.

L’île était appelée autrefois Calaou çaera ou Karukera, l’île aux belles eaux. En effet, de nombreuses chutent d’eau sont imposantes telles le Carbet, la Lézarde, les Ecrevisses, les 3 Cornes.

Le département de la Guadeloupe regroupe administrativement Marie Galante, les îles des Saintes composées de 9 petites îles (7 inhabitées dont l’îlet à Cabrit, le Grand-Ilet, l’îlet de la Coche, L’îlet des Augustins, l’îlet de la Redonde, le Rocher-du-Pâté) dont deux seulement sont habitées (Terre-de-Haut et Terre-de-Bas), la Désirade, l’île de la Petite Terre (non habitée et réserve naturelle). L’île de la Guadeloupe, elle-même, est composée de la Basse-Terre, zone volcanique qui est la plus grande de 848 km2 et de la Grande-Terre de 588 km2 où le tourisme se développe avec des hôtels et des plages à l’abri des récifs coralliens. Ces deux parties de l’île sont séparées par la Rivière Salée, un bras de mer et reliée par un pont.

 La Guadeloupe est tout d’abord peuplées par- 1) les Ciboneys (3500 avant JC), -2) les Huécoïdes (vers 700 à 500 avant JC) provenant des Andes précolombiennes qui apportent le manioc dans l’île, -3) les Arawaks (entre 700 et 300 après JC) originaire de l’Amérique du Sud, peuple paisible et sédentaire qui vit de l’agriculture de la chasse et de la pêche puis -4) par les Indiens Caraïbes, peuple amérindien composé de tribus  guerrières et canibales qui se nourrissaient aussi de racines (ignames, patates douces…) de cassaves sorte de manioc, de pêche.

L’histoire moderne de la Guadeloupe commence en 1493 avec l’arrivée de Christophe Colomb à Capesterre-Belle-Eau.

La Guadeloupe (Gwadloup, en créole) tient son nom actuel du Monastère royal de Santa Maria situé dans la ville espagnole de Guadalupe. La statue de la vierge , la virgen Guadelupe, était vénérée par Christophe Colomb qui la remercia de son aide pour la découverte de l’île en la nommant Guadeloupe.

A partir de 1635 Charles Liénard de l’Olive et Jean du Plessis d’Ossonville en prennent possession au nom de la Compagnie Française des îles de l’Amérique.

En 1641, se termine la guerre entre colons et Caraïbes. Les Caraïbes sont alors envoyés sur l’île de la Dominique. La population augmente et les esclaves arrivent. On compte 3000 esclaves pour une population de 15000 personnes. La journée de travail d’un esclave en période de récolte de canne à sucre pouvait être de plus de 18 heures. Des recherches estiment que la durée moyenne de vie d’un esclave, arrivé aux Antilles, ne dépassait pas 15 années. Chez les esclaves, il y a une mortalité élevée et une natalité faible. Le surtravail extorqué à ces derniers profite à ceux qui se l’approprie, les maîtres. La devise de ces maîtres pour les esclaves est de travailler jusqu’à ce que mort s’en suive.

En 1671, les colons cultivent le tabac.  La Guadeloupe passe avec la Martinique sous l’autorité de Louis XIV qui fait produire la canne à sucre. En 1671, le monopole de la Compagnie des Indes est aboli pour ouvrir la concurrence dans tous les ports français à la traite négrière. La Compagnie des Indes occidentale est dissoute en 1674.

En 1673, l’arrivée de la Compagnie du Sénégal aboutit à une augmentation des esclaves. Néanmoins cette population recule entre 1664 et 1671 ( de 6323 à 4627 personnes). Puis des 1700 remonte à 6076 personnes.

Les britanniques s’emparent de la Guadeloupe dès 1759 jusqu’en 1763 avec le Traité de Paris.

A partir de 1775, la Guadeloupe n’est plus rattachée à la Martinique mais reste sous l’autorité du gouverneur des îles du Vent. 

En 1794, Victor Hugues se rend maître de la Guadeloupe, en chassant les Anglais, pour le compte de la Révolution française aidé par les esclaves alors que la Martinique reste sous la domination de grands planteurs de sucre alliés aux Anglais. Victor Hugues a promis la liberté aux esclaves qui l’ont aidé. Ce dernier aboli  l’esclavage par la loi du 16 pluviôse an II.

En 1802, le Premier Consul Bonaparte nomme Lacrosse, gouverneur. La loi du 16 pluviôse an II qui avait aboli l’esclavage est abrogée le 16 juillet 1802 par Bonaparte et l’esclavage recommence.

En 1814, il y a une nouvelle invasion des Anglais. Ils ne restituèrent la Guadeloupe à la France qu’en 1816. Depuis elle est restée souveraineté française.

Entre 1816 et 1825 une série de lois sont promulguées. Les institutions municipales sont créées en 1837 et en 1848 . Sous la Deuxième République, l’esclavage est finalement et définitivement aboli ! En Guadeloupe, l’abolition de l’esclavage n’est effective que le 27 mai 1848. La Guadeloupe participe à la seconde guerre mondiale avec l’envoi d’hommes dans les Forces Françaises Libres (FFL) qui servent la résistance.

Néanmoins, on pourrait dire que l’esclavage continua sous une autre forme lorsque fut imposé le Code de l’indigénat qui correspondrait aujourd’hui à une autre forme déguisée d’esclavage des populations autochtones. Grâce aux pratiques discréminatoires imposées par le Code de l’indigénat (en vigueur de 1887 à 1946), les Blancs continuèrent de jouir de privilèges considérables. En général, ce code assujetissait les autochtones et les travailleurs immigrés aux travaux forcés, à l’interdiction de circuler la nuit, aux réquisitions, aux impôts de capitation (taxes) sur les réserves et à un ensemble d’autres mesures tout aussi dégradantes, pour  » le bon ordre des colonies ».

Le Code de l’indigénat distinguait deux catégories de citoyens : les citoyens français ( de souche métropolitaine) et les sujets français, c’est à dire les Africains noirs, les Malgaches, les Algériens, les Antillais, les Mélanésiens, etc…ainsi que les travailleurs immigrés. Les sujets français soumis au Code de l’indigénat étaient privés de la majeure partie de leur liberté et de leurs droits politiques. Ils ne conservaient au plan civil que leur statut personnel, d’origine religieuse ou coutumière.

Depuis 1946, la Guadeloupe est devenu un Département français d’Outre Mer (DOM).

Le 14 Février 1952, dans la Communauté du Moule une grève générale est organisée. Il s’en suit des morts et des blessés. Des faits similaires eurent lieu les 25-26-27 mai 1967. Les propriétés ont été démantelées lors de ces grandes grèves en Guadeloupe.

Depuis 2003 la Guadeloupe est un DROM (départements et régions d’outre mer). Elle constitue avec la Martinique et la Guyane les Départements Français d’Amérique (DFA).

Aujourd’hui la Guadeloupe fait partie de l’Union Européenne.

En janvier 2009, la grève générale des Antilles françaises est destinée à protester contre la surexploitation des Antillais au profit de quelques riches propriétaires, en situation de monopole. Ce mouvement est dit « protestation contre la vie chère ». Mais il y a aussi une lutte contre les bas salaires trop nombreux sur l’île.

Histoire de la Guadeloupe. vbxke0t8

La Pointe des châteaux sur l’île de la Grande Terre.

LA POPULATION. 

La population était en 2003 de 440 000 habitants et de 405 500 habitants en 2009. Pointe-à-Pitre et les Abymes regroupent 37% de la population.

La Guadeloupe est détentrice d’une identité multiple, porteuse d’une société en pleine mutation.

La Guadeloupe est l’île de métissage entre l’Europe, l’Afrique et l’Inde. Il subsiste encore des traces de leur caractère amérindien sur les visages de certains habitants dont ceux de la Pointe des châteaux et surtout ceux de la Pointe de la Grande Vigie, site où était fixée officiellement une réserve d’indiens jusqu’en 1730.

Le français est la langue officielle. Les habitants parlent le créole guadeloupéen. Le créole était un moyen pour les africains déportés et esclaves de communiquer entre eux sans être compris de leurs maîtres. Le créole est une langue rude qui tire son origine de la souffrance de ces esclaves. Les expressions sont souvent crues.

La syntaxe du créole guadeloupéen ne considère pas le vouvoiement, exprimé par la deuxième personne du pluriel d’un verbe.

Les Békés (les Grands Blancs), descendants des anciens blancs esclavagistes sont peu nombreux, environ 3000 et vivent surtout en Martinique. Ils forment une Caste  et les noms des grandes familles se trouvent sur les façades de la majorité des grandes entreprises de la Guadeloupe. Ils contrôlent toujours l’économie de l’île : le commerce de la banane, du sucre de canne, du rhum. Ils ont diversifiés leurs activités. On retrouve Bernard Hayot, la plus grande fortune des Antilles Françaises. Les Békes ont main mise sur l’Import Export notamment automobile, l’agroalimentaire. Le groupe Bernard Hayot est donné pour 1,8 milliards d’euros de chiffres d’affaire et compte 6000 salariés dans toute la région des caraïbes et en France. Les Despointes sont propriétaires des principales usines d’agroalimentaires. 8 familles accaparent les richesses des Antilles. L’hôtellerie reste Békés mais sous l’enseigne de grands groupes internationaux.

Ces békés ( grands blancs) vivent en vase clos. Antérieurement, lorsqu’un fils Béké fautait avec une femme noire, il était mis au banc par les autres. Ils restent toujours à part de la population antillaise.

Les békés, les Blancs de Matignon, les Saintois, les Saint Barth sont appelés aussi « Blancs Pays » ou « créoles » et font partie de l’histoire de la Guadeloupe. Leurs ancêtres étaient installés dans les îles avant même l’arrivée des noirs des Antilles. Ils ont subi l’invasion des Bretons, des Normands, des Poitevins qui a marqué le physique de la population (ex: yeux bleus ou verts).

Des Libanais et des Syriens forment une communauté dont l’activité essentielle est le commerce et détiennent dans l’île la majeure partie des magasins de bijoux, de tissus, de vêtements, notamment dans les rues commerçantes de Pointe à Pitre.

st_francois

Ville de Saint-François.

LA PECHE ET LES CULTURES . 

La canne à sucre et la banane sont les deux grosses productions de l’île. Les cultures maraîchères et fruitières ne parviennent pas à couvrir les besoins de l’île. Chaque année l’île doit exporter plus de dix mille tonnes de fruits et de légumes.

Plus du tiers de la surface de la Guadeloupe est consacrée à l’agriculture. On y cultive principalement la canne à sucre, la banane, l’ananas.

En matière de gastronomie la Guadeloupe se sert surtout des produits agricoles : la banane verte ou ti-nain, du fruit de l’arbre à pain, de gombos, de choux, de cresson et de produits de la mer.

La Guadeloupe est le deuxième consommateur de poisson par habitant du Monde.

      120px-Champdecannesasucre

 un champ de cannes à sucre.

 

L’ART. 

La musique :

La Gwo-ka a été inventée par les esclaves au XVIIIème siècle. Elle se joue avec un Ka, sorte de tambour. Il comprend 7 rythmes de base. C’est une forme d’expression qui lie le chant, la danse et la musique traditionnelle. C’est une improvisation des chanteurs et des danseurs.

Le Boulagué est une musique vocale, basée sur un accompagnement rythmique à l’aide d’anomatopées.

Les mayoleurs sont une tradition musicale, plus méconnue dont l’accompagnement est proche du Gwo-ka. C’est une danse de bâtons avec 2 Mayoleurs.

Le Quadrille, fortement métissé, c’est une danse apportée par les colons qui comprend à la fois des apports d’origine européenne et des apports d’origine africaine. La musique est jouée par le violon, l’accordéon, la guitare.

La musique actuelle est le zouk, le Gwo-ka, la biguine. Les plages en sont bercées. On trouve également le Réggae et le dancehall . Le zouk est dérivé du rythme de la biguine.

l’artisanat.

Les artisants travaillent le bois, la calebasse, les graines, les feuilles de palmier, les noix de coco. Ils réalisent de véritables oeuvres d’art.

Des vêtements typiques sont également conçus à base de tissus « Madras ».

On trouve de nombreux épices qui sont vendues sur les marchés.

On peut acheter également sur les marchés différentes sortes de rhum et de punch préparés artisanalement par les familles antillaises.

La peinture.

La peinture en Guadeloupe fait souvent référence aux racines africaines.

  120px-Fort-Napol%C3%A9on-des-Saintes  120px-Gray-iguana-iguana

Iles des Saintes vue par avion avec le fort Napoléon et ses iguanes sur l’île de Terre-de-Haut.

LA TRADITION. 

Il y a un carnaval chaque année aux Antilles. En Guadeloupe, il commence à l’Epiphanie et se termine le soir du mercredi des Cendres. La foule costumée envahit alors les rues. Des défilés sont organisés. Les Antillais défilent en costumes multicolores inspirés par un thème différent chaque année sur des chars ou à pieds.  Il y a aussi des concours de beauté, des concours de costumes, des concours de musique et de chansons etc…Ce carnaval est magnifique à voir.

Pendant les fêtes de Pâques, les familles vont camper sur les plages et mangent des plats à base de crabes noirs. En effet, la tradition veut que les retrouvailles pascales se fassent sur les plages ou au bord de la rivière. Les tentes sont montées et les ustensiles et appareils ménagers nécessaires sont apportés. La messe du dimanche terminée, les festivités peuvent commencer. Elles se poursuivent jusqu’au lundi soir, en famille.

Claire.background-2008_039.jpgimage74

Texte écrit et publié par Claire le 01 Mars 2009 qui est tombée amoureuse de la Guadeloupe lors de son voyage en avril 2008, son premier « grand voyage » destination qu’elle a choisie. Ce texte fait suite à un premier texte  » la Guadeloupe par Claire  » qui est un descriptif de ce voyage.

carte-guadeloupe-3

Les sources du texte ont été collectionnées au fur et à mesure de diverses lectures ( livres dont en ligne : books.google.fr; Petite histoire de la Guadeloupe de l’Hamattan librairies, divers journaux dont certains en ligne : grèves de la Guadeloupe), rencontre d’habitants de la Guadeloupe etc… Je ne vis pas en Guadeloupe mais j’ai passé de très agréables vacances en Guadeloupe,  » île de rêves », et j’ai des collègues de travail proches guadeloupéennes.

 

 

1re et 2e Chutes du carbet chute

1ère et 2ème chutes du Carbet et 3ème chute du Carbet.



Autres articles

10 commentaires

  1. Gauthey dit :

    bonjour j’ai lu ce que vous avez marqué, je trouve que l’histoire de la guadeloupe est bien résumé.
    je fais un exposé sur la guadeloupe est en particulier sur les 44 jours de gréves et je voudrais savoir si vous vivez en guadeloupe.
    si oui pouriez-vous me dire comment vous avez vecu cette gréve.
    si vous avez des article de journeaux de la guadeloupe parlant de ces gréve je serais intéréssé.
    merci de votre réponce
    amicalement florian gauthey

  2. ANDRE dit :

    Bonjour,
    J’ai trouvé votre résumé de l’histoire de la Guadeloupe très bien fait.
    Je suis Guaseloupeen et j’ai appri certaines choses.

    Nicolas

  3. iferhounene dit :

    paysage féerique.manque photo en gros plan de cette créature qui hante notre esprit.

  4. coqu dit :

    quelle et la superfici de la Guadeloupe?
    qui a decouvere la Guadeloupe?
    combien il y a d’habitans ?

  5. coqu dit :

    je suis d’accord avec ANDRE mais il faut plus de photo dans l’ile et son histoire ou dans la population ect…

    IL FAUT PLUS DE PHOTO……..

  6. chantalflury dit :

    Je réponds à André et à son ami ou amie : J’ai complèté le texte par la superficie. Par ailleurs, le nombre d’habitants et la découverte de l’île, par ses diffétents peuples, y sont déjà indiqués… J’ai ajouté quelques photos mais je suis limitée par la taille des textes. J’en ai déjà écrits deux. J’ai parlé aussi des boissons typiques et de la cuisine ainsi que des fleurs(deux autres pages).J’aimerais aussi faire un texte, en complèment, sur les habitants de la Guadeloupe qui m’ont accueillie très chaleureusement !
    Amicalement.
    Chantal-Claire.

  7. Anais dit :

    je trouve que c’est bien car l’histoire est importante pour les autre et pour moi même

  8. Amelie dit :

    La Guadeloupe est important pour moi comme je suis Guadeloupeene
    on pris est on s’amuse

  9. kloé dit :

    Moi ma meilleurs ami adore la Gouadeloup et moi aussi alors

  10. Miimii dit :

    j’habite en Guadeloupe et j’aimerais dire que tout ce que vous dites dans votre blog est extrodinaire et est tout a fait vrai MAIS expliquer tres poétiquement et amoureusement …

    J’aime beaucoup
    Camille 14ans

Répondre

JETBOOKS Critiques de livre... |
Le Calice Noir |
ma vie |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | the green dress and the blu...
| chatsrimentencoeur
| BAUDELAIRE, LORD BYRON, LE ...