ANTIGONE.

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Antigone prise sur le fait et arrêtée par les gardes.

Antigone est la fille d’Oedipe, roi de thèbes et de la reine Jocaste. Elle est la soeur d’Etéocle, de Polynice et d’Ismène. Après la révélation par Oedipe de son crime, meurtrier de son père et époux de sa mère, Antigone, sa fille, continue à le soutenir et l’accompagne à Colone où il meurt en paix.

Polynice se bat pour reprendre le trône à son frère Etéocle et les deux hommes s’entretuent lors d’un combat singulier.

Le nouveau roi, son oncle Créon le déclare traite à la patrie et lui interdit toute sépulture et condamne ainsi l’âme de Polynice à l’errance.

Antigone désobéit seule aux ordres de Créon. Sa soeur Ismène refuse de la suivre. Elle va jeter de la terre sur le corps de Polynice. Antigone se réclame des lois divines, non écrites et éternelles, du devoir envers les morts, qui sont, pour elle, au-dessus de celles des hommes. Prise sur le fait par les gardes de Créon, elle est à son tour condamnée à mort, enfermée vivante dans le tombeau familial. Antigone s’y pend.

Hémon, son fiancé, fils de Créon se suicide en apprenant sa mort sur son cadavre.  Eurydice sa mère se tue à son tour. Créon reste donc seul anéanti par ces morts successives.

Par ailleurs, Antigone en psychanalyse représente la fixation affective de la jeune fille à son père, à son frère, à sa famille au point de se refuser une vie personnelle, en rompant avec ses attaches familiales.

Sophocle reprend ce mythe en écrivant une tragédie vers 441 avant JC. Il illustre ici le conflit éternel entre autorité et pouvoir et l’attachement d’une jeune fille, Antigone, à sa famille au point d’en perdre la vie.

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Conte écrit et publié par Claire le 28 décembre 2008 d’après un légende grecque. Antigone par sa Beauté, sa jeunesse et son amour a touché Claire.


Archives pour la catégorie -Histoires et légendes.

LA LEGENDE DU DAHU.

LA LEGENDE DU DAHU. dans -Histoires et légendes. dahu3

Ceux  qui l’auraient aperçu disent :  » Il était comme un mirage et a disparu soudainement !… »

Chaque individu a sa propre version sur l’histoire , les cachettes, la vie du Dahu. Dans les Vosges il est nommé « Dahou ».

Lorsque vous avez passé une soirée, il n’est pas rare qu’un habitant desVosges propose à ses visiteurs d’aller chasser le Dahou. Mais vous aurez beaucoup de chance si vous le trouvez !…

Pour ceux qui l’auraient aperçu, le Dahu serait proche du chameau, du bouquetin et de l’izard. Il est aussi énigmatique que le Yéti ou la bête de Gévaudan. Il possèderait une queue de vache et les oreilles d’un chien, le St Bernard.

Le Dahu aurait aussi un pelage gris brun. Il aurait la particularité d’avoir la taille des pattes plus courtes d’un côté que de l’autre (soit celles de gauche, soit celles de droite), ce qui lui assurerait une rapidité hors du commun à flanc de côteaux.

Si vous le chassez et vous le découvrez, il suffit de vous mettre derrière lui et de l’appeler : Dahu ! Dahu ! Le Dahu se retournera, perdra alors, à cause des ses pattes, l’équilibre… Et vous n’aurez plus qu’à le ramasser. Le seul qui peut l’appeler est traditionnellement la personne de l’équipe qui n’a encore jamais participé à une chasse au Dahu …

Le Dahu est toujours un animal discret et rusé. Aussi, même si le Dahu garde son secret lorsque vous serez dans les Vosges, en montagne, ouvrez l’oeil ! On ne sait jamais vous pourrez peut-être le rencontrer et l’observer…

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Conte écrit et publié par Claire le 27 Décembre 2008. Vosgienne d’origine, Claire ne pouvait rester insensible au Dahu. En effet, maintes fois, elle a entendu proposer par des familles aux visiteurs et aux enfants, d’aller chasser le Dahu !…Claire est sensible à la beauté de cette légende qui lui a été contée lorsqu’elle était enfant.

GLAUCOS ET SCYLLA.

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Cratère en cloche attique, 420-425 av JC, musée du Louvre.

Glaucos était un pêcheur de Boétie qui pêchait un jour au bord d’un pré qui descendait jusqu’à la mer. Il déposa les poissons qu’il avait pêché sur l’herbe pour les compter. Tout à coup , il vit ces derniers frétiller à nouveau,  prendre la direction de l’eau, y pénètrer et s’éloigner en nageant. Il en resta abasourdi. Ce phénomène était-il provoqué par un dieu ? Ou l’herbe possèdait-elle un pouvoir magique ? Il en ramassa une poignée et la mangea. C’était une herbe semée par Cronos. Aussitôt, il eût une attirance irrésistible pour la mer. Il courut pour plonger dans les vagues.

 Les dieux marins l’accueillirent avec cordialité et demandèrent à Océan et Téthys de lui retirer sa nature de mortel afin qu’il devint l’un des leurs. Cent rivières déversèrent leurs eaux sur lui et il perdit alors conscience. Quand il retrouva sa conscience, il était devenu un dieu marin, avec des cheveux verts et un corps s’achevant par une queue de poisson. Son apparence était belle pour les habitants de la mer mais repoussante pour ceux qui séjournent sur terre. Il était réfugié dans le détroit de Messine, en face de Charybde.

Un jour, il apparut à Scylla, une ravissante nymphe. Elle le vit surgir de la mer alors qu’elle se baignait dans une crique. Elle lui échappa et se réfugia sur un rocher élevé d’où elle pouvait observer en toute sécurité cette étrange créature, moitié homme, moitié poisson. Glaucos l’implora  » Jeune fille, je ne suis pas un monstre, je suis un dieu ayant un pouvoir sur les eaux. » Mais Scylla se détourna de lui et se hâta de quiter la crique. Elle disparut aux yeus de Glaucos.

Glaucos fut désespèré car il était tombé éperdument amoureux de Scylla. Il décida donc de se rendre auprès de Circé, la magicienne, pour qu’elle lui donne un filtre d’amour qui attirerait le coeur de Scylla. Mais Circé s’éprit à son tour de Glaucos. Par les mots les plus doux, par les plus tendres regards, elle tenta de le conquérir, mais en vain. Il resta insensible à Circé :  » Les arbres couvriront le fond de la mer et les algues croîtront avant que je cesse d’aimer Scylla. » La colère et la jalousie envahirent Circé. Elle éprouva de la haine pour Scylla  et non contre Glaucos. Circé prépara un poison violent et le déversa dans la crique où la nymphe avait pris l’habitude de se baigner.

A peine Scylla était-elle entrée dans l’eau qu’elle fut transformée en un monstre affreux. De son corps sortaient des serpents et des têtes de chiens féroces. Puis elle s’enracina sur un roc et détruisait tout ce qui l’approchait. Elle était devenue un péril mortel pour tous les marins qui passaient à proximité. Scylla représentaient pour ces marins un grand danger. Jason, Odysséus et Enée devaient en faire l’expérience. 

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Conte écrit par Claire le 13 Décembre 2008 D’après une légende d’Ovide, poète latin (43 avant JC – 17 ou 18 après JC).

NISOS ET SCYLLA.

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Scylla offrant les cheveux de Nisos.

La tête de Nisos, fils de Pandion et de Pylia et roi de Mégarée, s’ornait d’un cheveu pourpre que les oracles lui avaient dit de ne jamais couper. Le salut de son trône en dépendait.

Minos de Crête assièga un jour la ville mais Nisos savait qu’aucun mal ne lui arriverait tant qu’il conserverait son cheveu pourpre.

Sa fille Scyllia qui avait pris l’habitude de regarder Minos du haut de ses remparts en tomba follement amoureuse. Elle ne voyait aucun moyen pour attirer son attention, sauf celui de couper le cheveu pourpre sur la tête de son père car elle connaissait son secret. Elle devrait le faire pendant qu’il dormirait pour que l’assaillant prenne la ville.

Son père étant endormi, elle coupa le cheveu fatal. Elle le porta à Minos et lui avoua ce qu’elle avait fait.  Il s’écarta d’elle avec horreur et lui enjoignit de se mettre hors de sa vue.

Lorsque la cité fut conquise et que les bâteaux crétois prirent le chemin du retour, Scylla courut à la grève et se précipita à l’eau.  Elle saisit alors le gouvernail du navire qui emportait Minos.

Mais au même instant un aigle fondit sur elle. C’était son père que les dieux avaient sauvé en le changeant en oiseau. Terrifiée, elle lâcha prise et serait tombée dans les flots si elle-même n’était devenue un oiseau.

Toute traîtresse que Scylla fût, les dieux l’avaient prise en pitié car elle avait péché par amour.

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Conte écrit et publié le 06 décembre 2008 par Claire, d’après une légende de la mythologie grecque.

 

CORONIS ET APOLLON:ESCULAPE LEUR ENFANT.

CORONIS ET APOLLON:ESCULAPE LEUR ENFANT. dans -Histoires et légendes.

Gravure de Daniel de la Feuille XVIIème siècle.

Il y avait en Thessalie une jeune fille nommée Coronis, fille unique de Phlégias, roi de Béotie. Elle était si belle qu’Apollon s’en éprit. Mais elle ne répondit pas longtemps à son amour et lui préféra un simple mortel, Ischys.

Coronis fut assez crédule pour espèrer qu’Apollon n’apprendrait jamais la vérité sur son infidélité. On dit que c’est le corbeau, l’oiseau consacré au dieu  et dont le plumage était alors d’une blancheur de neige, qui lui apprit.

Apollon fut alors pris d’une rage folle. Il punit d’abord le messager fidèle en teignant ses plumes en noir. Il tua ensuite Coronis. Certains disent qu’Apollon la tua de ses propres mains, d’autres qu’il chargea Artémis de lui décrocher une de ses flèches.

En dépit de sa nature impitoyable, Apollon éprouva un grand chagrin en voyant déposer la morte sur un bûcher.   » Je sauverai au moins mon enfant !  » se dit-il, et comme Zeus l’avait fait lorsque Sémélé périt, il se saisit de l’enfant prêt à naître.

Apollon confia cet enfant à Chiron, le sage Centaure, en lui demandant de l’élever dans sa grotte du Mont Pélion et de lui donner le nom d’Esculape.

Chiron éleva donc l’enfant. Il était fier de lui car ce garçonnet n’aimait pas jouer comme les autres enfants mais ne pensait qu’à s’instruire. Il apprenait tout ce que son père adoptif lui enseignait dans l’art de soigner. Son élève le surpassa rapidement. Il était capable de soigner n’importe quelle maladie. Tous ceux qui venaient souffrant de membres blessés ou touchés par le Mal repartaient guéris. 

Esculape était un bienfaiteur universel. Cependant il s’attira la colère des Dieux qui ne pardonnaient jamais le péché de concevoir  » des pensées trop grandes pour les hommes. » Un jour un homme lui proposa des honoraires énormes s’il faisait revivre un mort. Esculape accepta. Il ramena à la vie Hippolyte, le fils de Thésée.

Esculape ne connut pas un sort aussi heureux qu’Hippolyte. Zeus ne pouvait tolérer qu’un mortel eut un tel pouvoir. Il frappa Esculape de son foudre. Apollon irrité de la disparition de son fils, se rendit sur l’Etna où les cyclopes forgeaient les éclairs et il les tua (certains disent qu’il tua leurs fils, les avis sont ici partagés). Zeus, furieux condamna Apollon à devenir l’esclave du roi Admète pendant une période qui varie de 1 an à 9 ans selon les récits.

Mais bien qu’il eût déplu au Souverain des dieux et des hommes, Esculape fut honoré sur terre comme nul autre mortel. Après sa mort, pendant des siècles, les malades, les infirmes et les aveugles affluèrent dans ses temples pour y demander la guérison. Ils y priaient et y offraient des sacrifices puis ils s’endormaient et dans leurs rêves le médecin revenait et leur indiquait le moyen de parvenir à se guérir.

Les malades devaient à Esculape le soulagement de leurs maux et le retour de leur santé.

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Histoire écrite et publiée par Claire le 29 Novembre 2008 d’après un conte de Pindare, poète lyrique grec (518 – 438 avant JC).

 

HERO ET LEANDRE.

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William Erry, Héro et Léandre (1828). Tate Britain (T12265).

Léandre était un jeune homme d’Abydos, ville située sur les bords de l’Hellespont. Héro était une prêtresse d’Aphrodite et vivait à Sestos, sur la rive opposée.

Chaque nuit Léandre traversait le fleuve à la nage pour la rejoindre, certaines légendes disent guidé par la lueur du phare de Sestos, d’autres disent guidé par la lueur d’un flambeau qu’Héro allumait en haut d’une tour.

Par une nuit d’orage la flamme fut soufflée par le vent. Léandre se perdit dans le fleuve et se noya.

Son corps fut retrouvé le lendemain rejeté par les flots sur la grève et Héro le retrouva. Envahie par le chagrin et désespérée, Héro se donna la mort en se jetant du haut de la tour.

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Conte écrit et publié par Claire le 26 Novembre 2008, d’après une légende d’Ovide, poète latin (né en 43 avant JC, mort en 17 après JC ) .

AURORE ET TITHON.

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Eos ( Aurore) poursuivant Tithon, du Peintre Achille vers 470-460 av JC ( Musée du Louvre).

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Thiton , prince Troyen était l’époux d’Aurore ( Eos),  la déesse de l’Aube qui est la fille des Titans Hypérion et Théia, et la sœur d’Hélios (le Soleil) et de Séléné (la Lune). Ils avaient eu un fils Memnon d’Ethiopie, un prince au teint sombre qui mourut sous les murs de Troie.

Aurore pria  Zeus d’accorder à Tithon l’immortalité et ce dernier y consentit. Mais Aurore avait oublié de demander au dieu de l’Olympe qu’il conservat en même temps une éternelle jeunesse.

Tithon vieillit donc au côté d’Aurore. Puis il devint fort vieux sans toutefois pouvoir mourir.

Il fut réduit à ne plus être capable de bouger. Impuissant, il ne pouvait plus bouger la main, lever le pieds et il appelait la mort à grands cris. Mais c’était peine perdue. En effet, il était condamné à vivre pour l’éternité. 

La déesse l’entendant le prit enfin de pitié. Elle le fit transporter dans une chambre et referma la porte sur lui. Et là il bredouillait des mots dénudés de sens. Son esprit et la vigueur de son corps l’avait maintenant quitté. Il ne devint  plus qu’une enveloppe désséchée.

Le récit indique qu’il rapetissat et rétrécit jusqu’à ce qu’Aurore fit de lui une sauterelle ou en cigale bruyante et décharnée.

Son fils fit ériger une grande statue à Thèbes en Egypte en l’honneur de son père. Il est raconté que lorsque les premiers rayons de l’aube l’atteignaient, elle émettait des sons pareils à la vibration des cordes d’une harpe.

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Conte écrit et publié le 22 Novembre 2008. Claire précise que l’on trouve une allusion à cette légende dans l’Iliade  d’Homère, poète grec du IXème siècle avant JC.

CREUSE ET ION.

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Statue d’Apollon dans les jardins de Versailles.

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Créuse était la fille de Procris et d’Orithye. Un jour, encore enfant, elle cueillait des crocus sur une falaise creusée d’une caverne profonde. Elle se servait de son voile comme d’un panier.

Elle s’apprêtait à regagner son domicile lorsqu’elle fut saisie par un homme venu de nulle part. L’invisible se transforma en un homme divinement beau mais aveuglée par la terreur Créuse cria et appela sa mère. Mais personne ne l’entendit car elle était trop loin des habitations. Son ravisseur n’était autre qu’Appolon et il l’emporta dans la caverne.

Créuse haïssait Apollon surtout au moment où un enfant devait naître de cette union. Apollon ne se manifesta pas et ne lui apporta aucune aide. Elle n’osa rien dire à ses parents.

Lorsque la naissance fut proche, Créuse se rendit seule dans une grotte et mis un fils au monde. Et là, Créuse l’abandonna promis à la mort. Plus tard poussée par le désir de savoir ce qu’était devenu l’enfant elle y retourna. La grotte était vide et aucune trace de sang n’était visible. L’enfant n’avait donc pas été tué par une bête sauvage. Les vêtements dont elle l’avait enveloppé pour le protèger, un voile et une mante tissés de ses mains avaient disparu. Créuse se demanda si un aigle ou un vautour ne l’avait pas enlevé.

Peu de temps après Créuse se maria. Son père le roi Erechthée accorda sa main à un étranger d’Athènes qui l’avait aidé au cours d’une guerre. Cet homme Xuthos était Grec. Créuse et Xuthos, bien que ce dernier désira un fils, n’arrivaient pas à avoir un enfant. En conséquence, ils se rendirent à Delphes pour demander au dieu s’ils pouvaient encore espèrer avoir cet enfant.

Laissant son mari dans la ville en compagnie des prêtres, Créuse monta seule au sanctuaire. Elle rencontra un superbe adolescent vêtu d’habits sacerdotaux. Tout en chantant un hymne à la louange du dieu, il purifiait le lieu en l’aspergeant d’eau contenue dans une coupe d’or.

Créuse et l’adolescent se regardèrent puis ils se mirent à parler. L’adolescent voyait bien qu’elle était de haute naissance et bénie par le sort et il le lui dit. Créuse répondit :  » Bénie par le sort ! Dis plutôt que le chagrin me rend la vie insupportable. » Ces mots faisaient ressentir toute sa tristesse. Sa terreur et sa peine anciennes, la perte de son enfant et le secret qu’elle gardait depuis tant d’années étaient présents. Mais voyant la stuppeur dans les yeux du jeune homme, elle se reprit et lui demanda de parler de lui.

Le jeune garçon répondit que son nom était Ion. Il ignorait tout de sa naissance. Lorsqu’il était petit la Pythonisse, prêtresse d’Appolon l’avait trouvé un beau matin sur les marches du temple. Elle l’avait élevé comme une mère. Il servait maintenant non les hommes mais les dieux.

Ion de son côté se risqua alors à lui poser aussi des questions. » Pourquoi était-elle si triste ? Pourquoi ses yeux se mouillaient de larmes ?  » Les pélerins qui venaient à Delphes se réjouissaient d’approcher Apollon.

 » Appolon ! dit Créuse. Non ! je ne peux l’approcher. » Elle lui dit qu’elle était venue à Delphes dans un but secret. Alors que son mari y venait pour avoir une confirmation qu’il pourrait un jour avoir un fils, elle y venait pour découvrir le sort de l’ enfant d’une amie. Sa voix se brisa, elle se tut. Apollon il y a des années l’avait outragée et quand l’enfant qu’il lui força à porter fut né, elle l’abandonna. C’était un fils. Il devait être mort , des années s’étaient écoulées mais son amie voulait absolument connaître la vérité. » C’est ce que je suis pour elle venue demander à Apollon. » dit Créuse

Ion protesta et soutenu son seigneur.  » Cette histoire était fausse, son amie voulait rejeter la faute commise par un homme sur Apollon. « 

Créuse lui répondit :  » Non , c’était bien Apollon. »

Ion dit alors :  » Tu ne peux t’approcher de l’autel de ce dieu pour prouver qu’il était un scélérat. »

Créuse faiblit et dit à Ion :  » Je ne le ferai pas, je suivrai ton conseil.  » Des sentiments, qu’elle ne pouvait comprendre, naissaient en elle. Ion et Créuse s’observaient quand Xuthos revint le visage triomphant. Il tendit les bras à Ion et bien que ce dernier eut un mouvement de recul il l’embrassa.

 » Tu es mon fils ». dit-il. Apollon l’a déclaré. Le coeur de Créuse se serra.  » Ton fils ?  » demanda-t-elle.  » Mais qui est sa mère ?  » Je n’en sais rien dit Xuthos troublé.

La vieille prêtresse, prophétesse d’Apollon,  devant leur détresse lors de la découverte de cette vérité connue si brutalement et qui les laissait perplexes,  vint les rejoindre. Elle tenait à la main des objets qui à leur vue fit sursauter Créuse.  L’un était un voile et l’autre une mante de jeune fille. La sainte femme dit à Xuthos que le prêtre désirait lui parler. Lorsqu’il se fut retiré, elle tendit à Ion ce qu’elle portait.

 » Cher enfant, »  lui dit-elle,  » tu dois porter ces objets lorsque tu te rendras à Athènes. Ils t’enveloppaient lorsque je l’ai trouvé. « 

Ion répondit :   » Ma mère doit m’en avoir enveloppé et ce sont des indices qui me conduiront à elle. « 

Mais Créuse s’était rapprochée de lui et avait jeté ses bras autour du cou de Ion.  » Mon fils, mon fils !  » Ion s’écria aussitôt  » Elle doit être folle ! « .

Non, non dit Créuse. Ce voile et cette mante sont à moi. Je t’en ai recouvert avant de t’abandonner.  » Cette amie dont je t’ai parlé, c’était moi. Apollon est ton père. Je peux t’en fournir la preuve. Déplie ces vêtements.  Je te décrirai les broderies dont ils sont ornés. Je les ai faites de mes mains. Tu trouveras deux petits serpents d’or fixés sur le manteau. Je les ai mis moi-même. »

Ion trouva les bijoux. Son regard se posa sur ces bijoux puis sur sa mère.  » Mais alors le dieu de Vérité pourrait mentir ? il a dit que j’étais le fils de Xuthos. « 

 » Apollon n’a pas dit que tu étais vraiment le fils de Xuthos, il t’a donné à lui. » s’écria Créuse. Une lueur apparut du ciel. Ion et Créuse levèrent les yeux et la virent. Alors toute détresse fit place au bonheur.  » Je suis Pallas Athéna » dit la vision,  » Apollon m’envoie te dire que Ion est ton fils et le sien. Il l’emmena jusqu’ici de la grotte où tu l’avais abandonné. »  » Emmène le avec toi à Athènes, Créuse. Il est digne de règner sur mon pays et ma cité. « 

Pallas Athéna disparut et Ion et Créuse se regardèrent le coeur plein d’une joie extrême. Apollon avait réparé partiellement la souffrance qu’il avait provoqué.

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Légende racontée et publiée par Claire le 08 Novembre 2008 d’après l’oeuvre d’Euripide, poète grec ( 480-406 avant JC ) qui tente de montrer ici aux Athéniens ce qu’étaient vraiment les dieux des mythes lorsqu’on les juge avec des critères humains d’honneur et de maîtrise de soi. Ils avaient, comme eux, des faiblesses.

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PROCNE ET PHILOMENE.

Philomèle et Procné montrent la tête d'Itys à son père, gravure pour le livre VI des Métamorphoses d'Ovide

Procné montre la tête d’Itys à son père.

Deux soeur Procné et Philomène étaient les filles de Pandion, roi d’ Athènes. Procné, l’ainée des deux soeurs épousa Térée, roi de Thrace qui était le fils d’Arès ( Mars). Mais il avait tous les défauts de son père. Ils eurent un fils Itys. Lorsque ce dernier atteignit l’âge de 5 ans, Procné qui vivait à Thrace loin de sa famille, demanda à Térée d’aller chercher sa soeur Philomène qu’elle n’avait pas vue depuis longtemps et qui lui manquait.

Térée y consentit et se rendit lui même à Athènes afin d’escorter la jeune fille. Lorsqu’il posa les yeux sur Philomène, Térée s’en éprit aussitôt tellement elle était belle. Son père Pandion consentit à lui confier Philomène et cette dernière se réjouissait de faire cette traversée et de retrouver sa soeur. Tout se passa fort bien pendant ce voyage.

Lorsqu’il débarquèrent à Thrace, Térée mentit à Philomène et dit qu’il venait d’apprendre par un voyageur le mort de Procné.  Il emmena Philomène dans une bergerie et la força à accepter un prétendu mariage. Toutefois la jeune fille ne tarda pas à apprendre la vérité et menaça Térée, ce qu’elle n’aurait pas dû faire : elle avertirait le monde entier de ce qu’il avait osé accomplir. Furieux Térée la saisit et lui coupa la langue qui gisait maintenant palpitante sur le sol où il l’avait jetée. Puis la laissant prisonnière, il partit rejoindre Procné.

Les femmes étaient habiles à cette époque. Philomène se tourna donc vers son métier à tisser. Elle devait encore plus que d’autres rendre clairement l’ histoire qu’elle tissait. Elle créa une magnifique tapisserie qui racontait sa tragique aventure. Lorsqu’elle fut terminée, elle confia cette tapisserie à une vieille femme et lui fit comprendre qu’elle devait la donner en cadeau à la reine, Procné.

La vieille femme heureuse lui remit. Lorsque Procné, toujours en deuil , regarda la tapisserie, elle reconnut sa soeur. Elle y vit Philomène et Térée. Elle ressentit une grande haine et se mit à analyser la situation. Son esprit se tourna vers le but à atteindre : délivrer sa soeur et châtier son mari. Aidée par la vieille messagère, elle trouva le moyen de rejoindre Philomène. Elle la délivra et revint avec elle au palais.

Procné cherchait le moyen de faire payer à Térée le mal qu’il leur avait fait. A cet instant, Itys, son fils,  entra dans la pièce. A cause de la ressemblance qu’il avait avec son père, elle se mit à le haïr. Elle tua alors l’enfant d’un coup de glaive. Elle découpa le petit corps en morceaux et déposa ses membres dans un chaudron qu’elle mit à cuire. Elle servit ces membres à Térée le soir à son repas.

Lorsque Térée eut terminé ce repas, Procnée lui dit ce qu’il avait mangé et elle lui tendit la tête sanguinolante de l’enfant. Malade d’horreur, Térée fut médusé et les deux soeurs en profitèrent pour s’enfuir. Mais il les rejoignit à Dalis et il allait les tuer lorsque les dieux les transformèrent en oiseaux : Procné en rossignol et Philomène en hirondelle. Térée lui fut changé aussi en oiseau, certains disent en vautour, d’autres en huppe.

Il est à noter que les auteurs romains qui racontèrent cette histoire confondirent les deux soeurs et firent de Philomène le rossignol et de Procné l’hirondelle. Ce qui est illogique compte tenu de la langue coupée de Philomène.

Certains disent aussi qu’Itys fut changé en chardonneret. Ce qu’Ovide ignore.

Par ailleurs, l’astéroïde Procné a été découvert par Christian Peters le 21 mars 1879.

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Conte raconté et publié le 25 Octobre 2008 par Claire emprunté à Ovide, poète latin ( 43 av JC – 17 ou 18 après JC ) . Ici nous découvrons l’inceste et le drame qu’il a entraîné.

ORITHYIE ET BOREE.

Enlèvement d'Orithye par Borée, œnochoé apulienne à figures rouges du Peintre de Salting, v. 360 av. J.-C., musée du Louvre

Enlèvement d’Orithyie par Borée.

Orithyie était une des trois soeurs de Procris. Borée était le fils d’Eos ( Aurore) et d’Astréos. Il était le frère de Zéphyr et de Notos, ainsi que de l’étoile du matin Eosphoros. Il appartenait à la race des Titans qui incarnaient les forces primaires de la nature. Borée, le Vent du Nord s’éprit d’Orithyie mais son père Erechthée, roi d’Athènes et le peuple Athéniens s’opposaient à ce mariage et refusaient de donner la jeune fille à Borée. Ils étaient insensés de penser qu’il pouvait retenir ce que le Grand Vent convoitait.

Un jour qu’Orithyie jouait avec ses soeurs au bord d’une rivière, devant ce refus, Borée surgit et l’emmena. Elle eût deux fils avec lui Zétès et Caloïs qui accompagnèrent Jason dans la conquête de la Toison d’Or.

Un jour Socrate, le grand philosophe,  se promenait avec un jeune homme, Phaetros. Ce dernier lui demanda :  » N’est-ce pas près d’ici que Borée aurait enlevé Orithyie sur les bords de l’Illissus ? « 

Socrate répondit  » C’est ce que raconte l’histoire. »

Phaetros poursuit :  » Est ce bien à cet endroit que cette histoire se déroula ? Cette petite rivière est si claire et si limpide. Je m’imagine des jeunes filles qui s’amusent sur les berges de cette rivière.

Socrate continue :  » Je pense qu’il s’agit bien de cette rivière. L’endroit exact situe à un quart de lieue en aval et je crois qu’un hôtel a été dressé en l’honneur de Borée. « 

Les sages sont sceptiques enchaîna Socrate et je ne me singaliserais pas si je me rangeais de leur côté et doutais aussi. « 

Ce discours eût lieu dans la dernière partie du Vème siècle avant JC . On voit que les anciennes légendes de la mythologie grecque perdaient déjà de leur emprise sur l’esprit des hommes.

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Légende écrite et publiée par Claire le 18 Octobre 2008 d’après des contes d’Ovide poète latin  ( 43 av JC – 17 ou 18 apr JC ) et d’Apollodore poète grec qui vécut vers 150 avant JC  .

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