COMMENT NAQUIT LE MONDE SELON LES GRECS ?

COMMENT NAQUIT LE MONDE SELON LES GRECS ? dans -Histoires et légendes. 300px-Goldenes-Zeitalter-1530

L’âge d’or par Lucas Cranach l’Ancien (1530). 

Les Grecs pensaient que bien avant l’apparition des dieux, dans un passé brumeux, rien n’existait en dehors du désordre confus et du chaos sur lesquels planait l’obscurité éternelle. Enfin deux enfants naquirent de ce néant. La Nuit est fille du chaos, ainsi qu’Erèbe, le gouffre insondable où demeure la mort. Il n’existait rien d’autre tout était sombre, vide et silencieux.

De la nuit et de la mort naquit l’Amour et dès sa naissance l’Ordre et la Beauté remplacèrent la Confusion. L’Amour créait la Lumière  et avec elle se trouvait à ses côtés son compagnon, le Jour radieux. Après la création de l’Amour et de la lumière, la création de la Terre et du Ciel suivit.

Il n’y avait dans ce passé aucune distinction entre les lieux et les personnes. La terre était le sol solide mais elle avait aussi une personnalité. Le Ciel était la haute voûte azurée mais il pouvait agir comme un être humain. L’univers entier vivait comme chaque Grec. Ils personnifiaient tout ce qui portait pour eux des signes de vie, la terre en hiver et en été, le ciel et les étoiles qui s’y déplaçaient, la mer agitée etc…

Mais lorsque les premiers conteurs parlèrent de l’apparition de l’Amour et de la lumière, ils mirent des décors. Ils donnèrent des formes distinctes aux formes naturelles. Ils les firent agir comme le ferait tout être humain, par exemple en marchant ou dansant.

Les premières créatures qui eurent l’apparence humaine furent les enfants de la terre et du ciel Gaea et Ouranos. Ces enfants étaient des monstres étranges et gigantesques, apparemment des hommes inhumains. Ils possèdaient la force du tremblement de terre, de l’ouragan et du volcan. Les Grecs représentaient ces créatures comme des êtres vivants mais elles appartenaient à un autre monde secoué par des mouvements énormes produits qui pouvaient soulever les montagnes et vider les mers.

Trois d’entre eux dotés d’une taille et d’une force, qui étaient monstrueuses, avaient chacun cent mains et cinquante têtes. On donna à trois autres le nom de Cyclopes parce que chacun avait un seul oeil énorme, grand et rond comme une roue sur le front. Leur taille atteignait celle des montagnes et leur force était dévastatrice.

Venaient enfin les Titans, très nombreux aussi grands et forts que les précédents. Mais ils n’étaient pas que funestes, plusieurs étaient bienfaisants. L’un d’entre eux après que les hommes furent créés les sauva de la destruction.

Ces terrifiantes créations étaient les enfants de la terre et du ciel. Le ciel était leur père mais il haissait ces monstres, ses fils à cent bras et cinquante têtes. A chaque fois que l’un deux naissait, il l’enfermait auyssitôt dans un lieu secret au centre de la terre. Néanmoins, il laissa leur liberté aux Cyclopes et aux Titans, que la Terre, furieuse du traitement infligé à ses autres enfants, appela à son aide.

Un seul osa répondre à la Terre, Cronos. IL tendit un piège à son père et lui infligea une mutilation. Du sang de sa blessure, surgit une quatrième sorte de monstres, les Géants et les Erinnyes ( les Furies). La mission de ces dernières étaient de chasser et punir les pêcheurs. Leur chevelure était entortillée de vipères et elles pleuraient des larmes de sang.

Tous ces monstres furent finalement chassés sur terre à l’exception des Erinnyes. Tant que le pêché durerait dans le monde, elles ne pourraient en être bannies.

Cronos règna avec Rhéa, son épouse-soeur. Mais un jour vint où son fils Zeus se rebella contre son père. En effet Cronos, qui avait appris qu’un de ses enfants le détrônerait , demandait à sa femme de lui livrer chaque nouveau né et les dévorait. Quand Zeus, son 6ème enfant, vint au monde, elle offrit une grande pierre enveloppée d’un linge à son époux et il l’avala croyant que c’était l’enfant.

Plus tard, adulte, Zeus aidé par sa grand-mère, la Terre, força son père à dégorger la pierre et ses cinq frères et soeurs. Puis il déposa la pierre à Delphes.

Survint une grande guerre qui faillit détruire l’univers, entre Cronos et ses frères Titans d’un côté  et de l’autre, Zeus et ses cinq frères et soeurs. Les Titans furent vaincus par Zeus qui avait libéré pour l’aider les monstres aux cent bras. Un fils du Titan Japet, Prométhée, montra sa sagesse en se raliant aussi à Zeus. Zeus châtia ses ennemis en les enchaînant et les enterrants vivants un peu partout dans le monde, tel Encélade qui fut enseveli sous l’Etna.

Atlas, frère de Prométhée fut condamné à porter la voûte du ciel et le poids écrasant du monde ainsi que le haut pilier qui sépare le ciel de la terre.

La victoire de Zeus n’était pas définitive car la Terre mit au monde Typhon, créature effrayante. Mais Zeus était maintenant maître du tonnerre et de la foudre et il terrassa Tiphon.

Une autre tentative fut faite pour détrôner Zeus. Les Géants se révoltèrent mais ils furent vaincus et précipités dans le Tartare. Zeus, ses frères et ses soeurs purent règner en souverains incontestés.

Le monde purgé de ses monstres était prêt à accueillir l’humanité. Les hommes pouvaient vivre sans craindre l’apparition d’un Géant ou d’un Titan. Le monde était un disque rond divisé en deux parties égales par la Mer. Le monde terrestre était entouré par un fleuve immense, Océan que ne troublait jamais le vent ni les tempêtes. Sur son rivage le plus lointain vivait un peuple mystérieux, les Cimmériens. Rares sont ceux qui ont trouvé le chemin de leur pays. C’était une contrée entourée de brumes et de nuages où la lumière du jour ne pénétrait jamais. C’était un peuple mélancolique.

Sauf exception tous ceux qui vivaient au-delà de l’Océan connaissait un bonheur extrême. On ne connaissait nulle route qui menait à ce lieu merveilleux soit terrestre soit maritime. Entrelaçant leurs cheveux de lauriers d’or, les Hyperboréens, festoyaient joyeusement et jamais la mort ni la maladie ne les approchaient.

Le séjour des ombres des justes se situait lui aussi sur la rive de l’Océan. L’hiver y était doux, la neige et la pluie n’y tombaient pas. Mais soufflant de l’Océan, le Vent d’Ouest chantait d’une voix douce et émouvante afin de consoler les âmes des hommes. C’était là que venait après avoir quitté la terre, ceux qui s’étaient gardés purs de tout mal.

D’après un des récits ce seraient les dieux qui auraient créés les hommes. D’abord, ils façonnèrent une première race, tirée de l’or et celle-ci bien que mortelle, vivait comme les dieux sans connaître chagrin, labeur ni souffrance de toutes sortes. Les champs de blé portaient des épis en abondance. Ils avaient beaucoup de troupeaux et étaient aimés des dieux. Lorsque la tombe les réclamait, il devenait des esprits purs, bienfaisants et protecteurs.

Après l’or, ils essayèrent l’argent. Mais cette seconde race était de beaucoup inférieure à la première. Peu intelligents ils s’injuriaient entre eux. Lorsqu’ils mouraient leurs âmes ne leurs survivaient pas.

Ensuite l’airain fut choisi pour la troisième râce. Ces hommes étaient terribles, forts, épris de guerre et de violence et ils finirent par se détruire complètement.

Après eux vint une race de héros que les hommes à travers les siècles n’ont cessé de conter et de chanter. Ils vivent dans la félicité parfaite.

La cinquième race est la race du fer. Ceux qui en font partie coulent des jours pénibles et ils ont une nature maligne. Au fur et à mesure des générations, ils deviennent de plus en plus mauvais. Les fils sont toujours inférieurs aux pères. Un jour viendra où leur perversité sera telle qu’ils en viendront à adorer le pouvoir. La force pour eux remplacera le droit et ils perdront tout respect de ce qui est juste et bon.  Lorsqu’enfin Zeus ne trouvera parmi eux plus un seul homme capable d’indignation à la vue du mal, il détruira cette race aussi. Seul un soulèvement du petit peuple, pour renverser les oppresseurs, pourrait les sauver. Les hommes actuels descendraient dans cette légende de la race du fer.

Une seule lacune dans la création de ces races, l’absence de femme. Seuls les hommes habitaient la terre. Une légende dit que Zeus y remédia. Il fit forger par Vulcain , une créature douce et ravissante ayant l’apparence d’une vierge timide et tous les dieux remplis d’admiration la comblèrent de cadeaux.

Ils lui donnèrent une robe d’une blancheur éblouissante, un voile brodé, des guirlandes de fleurs, le tout surmonté d’une couronne d’or. bref ce fut une apparition de beauté. Ils l’appelèrent Pandore (don de tout). Zeus la présenta aux dieux et aux hommes. Ils furent saisis d’admiration à sa vue. De cette première femme naquit l’espèce féminine qui est néfaste à l’homme et dont la nature est portée au mal. Les dieux lui donnèrent une boîte dans laquelle ils mirent chacun quelque chose de nuisible en lui recommandant de ne pas l’ouvrir.

Puis ils envoyèrent Pandore à Epiméthée qui l’accueillit avec joie. Mais Pandore était si curieuse qu’ un jour n’y tenant plus, elle souleva le couvercle de la boîte donnée par les dieux et tous les maux, crimes et chagrins, qui y étaient enfermés,  se répendirent sur la terre. Terrorisée Pandore rabattit le couvercle mais il était trop tard…

Il existe plusieurs légendes grecques sur la création du monde. Une autre dit que sur l’étendue de la terre, les hommes étaient devenus si pervers que Zeus décida de les exterminer.

Il envoya le déluge. Avec son frère, le dieu de la Mer dont il réclama une aide, il noya toute la surface de la terre sous les eaux du ciel tombant en pluies torrentielles et celles des rivières sorties de leur lit.

Seul le pic le plus élevé, le Parnasse, ne fut pas entièrement recouvert. Et c’est à cet endroit que le genre humain a échappé à la destruction. Quant il eut plu pendant neuf jours et neuf nuits, ce qui semblait être un grand coffre de bois dériva chargé de provisions vers cet endroit. Deux êtres humains, un homme et une femme s’y trouvaient, Deucalion et Pyrrha. Il était le fils de Prométhée  et elle fille d’Epiméthée.

En effet, sachant que le déluge viendrait, Prométhée avait prié son fils de construire un coffre et d’y monter avec sa femme non sans l’avoir au préalable chargé de provisions.

Zeus ne s’ offensa pas de leur présence car ces deux êtres adoraient les dieux. Zeus fut pris de pitié, il ordonna aux eaux de se retirer. Pyrrha et Deucalion descendirent du Parnasse. Lorsque l’esquif aborda et qu’ils en descendirent, ils ne virent autour d’eux aucun signe de vie.  Lentement la mer et les rivière se retirèrent et la terre réapparut.

 Pyrrha et Deucalion prièrent les dieux dans un temple couvert de vase et de mousse et leur demandèrent de les aider dans cette solitude. Une voix leur dit :  » Voilez-vous la face, sortez du Temple et jetez derrière vous les os de votre mère. «    » Les os de notre mère commune sont les pierres. «  ajoute Deucalion. Ils jetèrent alors les pierres qui en tombant prirent la forme d’hommes ou de femmes. Ce fut le peuple de pierre, une race rude et endurante dont descendrait l’homme d’aujourd’hui …

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Légende écrite par Claire en partie d’après Hésiode, poète grec (VIII ème siècle avant JC). Nul plus que lui ne fait autorité en matière de récits concernant les origines.

Claire s’est amusée avec la ressemblance qui pourrait être attribuée à certains humains d’aujourd’hui.

Claire a retrouvé aussi l’image du déluge que l’on retrouve dans certaines religions.


Archives pour la catégorie -Histoires et légendes.

ZEUS (Jupiter).

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Zeus tenant le foudre et un aigle, amphore du Peintre de Berlin (480-470 av JC -Musée du Louvre).

Zeus est le fils du Titan Cronos et de la Titanide Rhéa. Il est marié à sa soeur Héra. Il est le père de plusieurs dieux et de nombreux héros.

Emmené en Crète, il fut élevé par les nymphes du Mont Ida dans une grotte secrète de Lyctos. Il fut nourri au lait de chèvres.

Zeus et ses frères se répartirent l’univers. Cette répartition se fit par tirage au sort. Le domaine de la mer fut attribué à Poséidon. L’empire souterrain et l’empire des morts à Hades. Zeus fut le dieu souverain, le dieu du ciel, le dieu de la pluie, celui qui rassemblait les nuages et manipulait la foudre terrifiante.

Zeus est un grand amoureux. Bien que marié à Héra , on le décrit passant d’une aventure amoureuse à une autre et utilisant toutes sortes de ruses pour dissimuler ses escapades à Héra. Les infidélités de Zeus sont la cause de fréquentes disputes divines. Héra poursuit sa vengeance contre ses maîtresses et les enfants qu’il engendre ainsi.

Cette situation s’explique par le fait que lorsque le culte de Zeus s’introduisait dans une cité, déjà pourvue d’un protecteur divin, une fusion s’opérait et la femme du dieu ancien était transférée à Zeus. Par la suite les Grecs en vinrent à désapprouver ces multiples complications sentimentales. Mais les dieux grecs ont la particularité d’être à l’image de l’homme…

Cependant  Zeus exigeait des hommes non seulement des sacrifices mais aussi une bonne conduite. Il était le protecteur des liens du mariage, du foyer domestique, de la propriété familiale, de la sécurité de la cité et de la famille.

L’égide, sa cuirasse en peau de chèvre, recouverte d’écailles et bordée de serpents était affreuse à voir. L’aigle était son oiseau favori. Son arbre préféré était le chêne. Son oracle parlait à Dodone, le pays des chênes. La volonté du dieu était entendue dans le bruissement des feuilles de ces chênes et les prêtres et prêtresses devaient les interprêter…

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Histoire écrite et publiée par Claire le 27 mars 2009 qui admire la Beauté de Zeus  et s’amuse de tous les Désirs que Zeus assouvit.            

LES MENADES OU LES BACCHANTES.

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Ménade vers 480 av JC.

Les premières qui portent ce nom furent les nymphes nourrices de Bacchus, nymphes du mont Nysa, auxquelles Hermès avait confié le nourrison Dionysos.

Les Ménades ou les Bacchantes étaient des femmes rendues délirantes par le vin. Elles se précipitaient à travers bois, dans les collines et les dévalaient en poussant des cris discordants, la tête couronnée de lierre et en agitant des thyrses, verges surmontées de pommes de pin. Elles mettaient en pièces les animaux sauvages qu’elles croisaient sur leur passage et en dévoraient les lambeaux de chairs.

Ces nymphes n’avaient pas de Temple, la nature inculte, les montagnes sauvages, les forêts denses étaient leur domaine. Là Dionysos (Bacchus) les nourissait et les abreuvait d’herbes, de baies et du lait des chèvres sauvages.

Les Ménades  dormaient sur la mousse tendre, sous les branches couvertes d’épais feuillages, sur le sol couvert d’aiguilles de pins.

Elles se réveillaient dans la fraîcheur et la paix et se baignaient dans l’eau claire des ruisseaux. Elles étaient les accompagnatrices de Dionysos. Elles l’escortaient en jouant du tambourin. Leur mois de prédilection était le mois d’octobre, mois des vendanges.

Les Ménades consommaient du vin mais aussi de la bière additionnée de baies de lierre toxiques mais psychodysleptiques à faible dose et mangeaient des champignons hallicinogènes, comme l’amanite-tue-mouche

Le culte réservé à Dionysos étaient centré sur la liberté, l’extase par la joie mais aussi la brutalité sauvage, deux sentiments opposés. A ses adorateurs, il pouvait donner l’un et l’autre. Il pouvait être une bénédiction pour l’homme ou la cause de sa ruine.

Un jour Dionysos se rendit à Thèbes, sous les traits d’un mortel, ville d’où était issue sa mère Sémelé, pour y instaurer son culte. Il se faisait passer pour un étranger venu de Lydie. Il était suivi d’un groupe de femmes à moitié nues, revêtues de dépouilles de faon sur leurs robes. Elles chantaient et dansaient avec leurs thyrses (verges). Elles étaient ivres, hagardes et hurlantes.

Penthée, roi de Thèbes vit ces danseuses échevelées et hurlantes qui se conduisaient de façon répréhensible par la loi. Il fallait mettre fin à ces comportements! Il ordonna à ses gardes de se saisir des visiteurs et de les emprisonner, Dionysos surtout leur meneur, empourpré par le vin.

La voix d’un vieux devin aveugle, nommé Tirésias, lui jeta alors un avertissement : « cet homme que tu rejette est un dieu et le fils de Sémélé que Zeus a sauvé. Il est très puissant. »

En se retournant, Penthée vit qu’une couronne de lierre ceignait les cheveux blancs de Tirésias, ses vieilles épaules étaient recouvertes d’une peau de faon et il tenait dans sa main une verge étrange surmontée d’une pomme de pin. A cette vue, Penthée avec mépris ordonna au vieillard de se retirer. Penthée avait donc refusé d’écouter la parole des dieux…

Dionysos fut emmené par des soldats devant Penthée. Les gardes déclarèrent que le prisonnier ne s’était ni enfuit, ni n’avait résisté. Mais les jeunes femmes qu’ils avaient capturées s’étaient toutes enfuies dans la montagne. Les liens qu’ils leur avaient mis s’étaient aussitôt dénoués et les portes de la prison s’étaient ouvertes.

Penthée n’écoutait rien, il était envahi par la colère et le mépris. Il s’adressa méchamment à Dionysos qui lui répondit avec une grande douceur. Dionysos avertit le roi que personne ne pourrait le retenir prisonnier. Il dit aussi à Penthée qu’il ne pouvait voir le dieu qu’il était car il n’était pas pur.

Avec colère, Penthée ordonna à ses soldats d’enchaîner Dionysos et de le mettre en prison. Dionysos lui dit :  » les torts que tu me fais, c’est au dieu que tu les fais. »

Le cachot ne pouvait retenir Dionysos. Il sortit et revint encore une fois trouver Penthée, le suppliant à nouveau de cèder et de le laisser partir. Mais Penthée le reçut en l’accablant d’insultes et de menaces. Dionysos l’abandonna donc à son destin…

Penthée fit poursuivre les Ménades dans les montagnes où elles s’étaient réfugiées. Elles y avaient été rejointes par un grand nombre de Thébaines dont Agavé, la propre mère de Penthée. Dionysos frappa, à l’arrivée de Penthée,  toutes ces femmes de démence. Elles prirent Penthée pour un animal sauvage et se jetèrent sur lui, sa propre mère la première. Penthée comprit enfin qu’il avait lutté contre un dieu et qu’il devait payer ce crime de sa vie.

Les femmes le mirent en pièces et seulement après Dionysos leur rendit la raison. La mère de Penthée, Agavé, vit alors ce qu’elle avait fait…

La morale de cette histoire c’est que le vin peut être bon tout autant que mauvais. Il réjouit et réchauffe le coeur des hommes mais il les enivre aussi. Le peuple grec était trop lucide pour méconnaître ces deux effets, l’un dégradant et laid, l’autre au contraire délicieux.  De tels actes pouvaient se passer dans la réalité lorsque les hommes étaient rendus fous  par l’effet du vin. Mais ils savaient aussi que le vin est une source de joie qui rend le coeur des hommes plus lèger en leur procurant gaieté et insouciance.

Dionysos a donc une double nature il est le bienfaiteur de l’homme mais aussi son destructeur.

La fête des Bacchantes était appelées les Bacchanales et se célèbraient autrefois en Grèce, en Egypte et principalement à Rome. Par ailleurs, les Dionysies étaient des célèbrations religieuses athéniennes en l’honneur du dieu Dionysos.

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Légende écrite et publiée par Claire le 21 Mars 2009, d’après les Ecrits d’Euripide, poète grec (480 – 406 av JC).

OEDIPE.

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Oedipe et le Sphinx, Peintre de Ménélas (-440 avant JC, Musée du Louvre).

Le mythe d’Oedipe.coeur_073.gif

Laïos et Jocaste , roi et reine de Thèbes, eurent un fils Oedipe mais un oracle prédit que ce dernier tuerait son père et épouserait sa mère.

Laïos et Jocaste, pour que la malédiction  ne se réalise pas, décidèrent d’abandonner ce fils. Ils lui avaient au préalable attaché les pieds.

Mais un berger le trouve et l’emporte au roi de Corinthe qui l’élève comme son propre fils. Oedipe grandit et apprend qu’il n’est pas né en Corinthe et que le roi n’est pas son père biologique.

Adulte Oedipe décide de retrouver ses parents biologiques. Sur son chemin, il rencontre un homme et des serviteurs. Il le tue pensant qu’il est le chef d’une bande de voleurs. Cet homme qui se trouvait sur son chemin, est Laïos. La prophétie commence à se réaliser…

Eedipe arrive à Thèbes. La ville est assiègée par un Sphinx. Ce Sphinx est un monstre ailé pourvu d’une tête de femme et d’un corps de lion. Il guette ses victimes pour leur poser des énigmes. Si leur réponse est fausse, ils sont dévorés. Le Sphinx voyant Oedipe lui  demande :  » Qu’est-ce qui marche à quatre pattes le matin, à deux le midi et à trois le soir ? » Oedipe lui répond que c’est l’homme : l’homme, au matin de sa vie, marche à quatre pattes, à midi adulte il marche sur deux pattes et le soir il s’aide d’un bâton pour marcher.

Le Sphinx lui pose une deuxième énigme : » Quelles sont les deux soeurs dont l’une engendre l’autre et dont la seconde engendre à son tour la première ?  » Le jour et la nuit répond Oedipe.

Le Sphinx dépité se jette dans un abîme et débarasse Thèbes de sa présence. Les habitants fêtent sa mort et font d’Oedipe le roi de Thèbes. Ils lui donnent la reine, Jocaste, qui est veuve comme épouse. Le présage s’est donc réalisé… Ils vivent heureux des années durant, ignorant qu’ils sont mère et fils.

Puis une épidémie de peste tue les habitants de Thèbes. L’oracle de Delphes consulté, répond que cette épidémie durera tant que l’assassin de Laïos ne se sera pas dénoncé. Oedipe pour sauver le peuple fait rechercher le coupable mais il apprend qu’il est le meurtrier de son père. Jocaste l’entend aussi et se pend. Oedipe comprend qu’Etéocle, Polynice, Antigone et Ismène, ses enfants, sont maudits à jamais.

Oedipe pour se punir se crève les yeux et renonce à être roi. Il est chassé de Thèbes. Il erre, avec Antigone sa fille, qui lui sert de guide. Il arrive près d’Athènes. Il y meurt juste après qu’Apollon lui ait dit que sa sépulture serait sacrée et bénéfique pour Athènes.

Cette légende grecque a été reprise par Sophocle (-496-406 avant JC) qui en a fait une pièce de théâtre « Oedipe-Roi »

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Le complexe d’Oedipe est un ensemble organisé de désirs amoureux et hostiles que l’enfant éprouve à l’égard de ses parents. Il est vécu entre 3 et 5 ans.

Le complexe d’Oedipe est l’une des découverte principale de Sigmund Freud. Il se définit comme une période de l’enfance au cours de laquelle l’enfant est plus attiré par le parent de sexe opposé.

Freud se remèmore l’histoire du héros grec Oedipe, tel que la raconte Sophocle. On voit en 1910 dans son texte intitulé Contribution à la psychologie de la vie amoureuse apparaître le terme « complexe d’Oedipe ».

La mère pour le petit garçon est perçue pendant le premier stade de développement comme la nourricière qui procure du plaisir à l’enfant en lui donnant le sein. Il veut s’ approprier la mère. Il rentre en rivalité avec son père avec lequel la mère échange un amour que l’enfant jalouse. Il désire inconsciemment la mort de ce rival qui est le personnage du même sexe et désire sexuellement inconsciemment le personnage de sexe opposé : amour du parent de sexe opposé et jalousie pour le parent de même sexe.

Le père s’oppose au désir de l’enfant, c’est la castration symbolique. L’enfant s’imagine la castration par le père comme punition. Il peut s’identifie à la mère et veut alors séduire le père (Oedipe inversé = ambivalence). Les pulsions sont refoulées jusqu’à l’adolescence. A L’adolescence, l’enfant sort du complexe d’Oedipe, il construit désormais sa propre personnalité et se dirige vers d’autres femmes en empruntant des éléments au père et à la mère.

Pour la petite fille, la mère se présente aussi comme nourricière dans les premiers stades du développement. Contrairement au garçon chez qui la castration vient clore l’oedipe, la fille entame son Oedipe par la castration et l’envie du pénis ce qui la pousse inconsciemment à avoir envie d’un enfant du père.

Le complexe d’Oedipe a un rôle fondamental dans la structuration de la personnalité et dans l’orientation du désir humain.

En 1953, Jacques Lacan dépassera le déséquilibre de la théorie oedipienne pour les filles en interprétant l’oedipe comme fonction : le père intervient en tant que loi venant rompre la fusion entre la mère et son enfant, fille ou garçon.

Toute cette théorie  de Freud a fait l’objet au XXIème siècle de débats et a été contreversée quand à la vérité de l’Oedipe. La question du complexe d’Oedipe continue de nourrir des débats dans le contexte social actuel. Aujourd’hui de nombreux psychanalystes amènagent le complexe d’Oedipe aux cas de figure où l’autorité paternelle est absente, intermittente, ou partagée entre plusieurs pères.

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Texte écrit et publié par Claire le 12 Mars 2009. Claire a été attirée par l’histoire grecque d’Oedipe, racontant un inceste et par Freud et Lacan qui ont marqué, en découvrant le complexe d’Oedipe, un pas important en psychanalyse.

ZEUS ET SEMELE.

ZEUS ET SEMELE. dans -Histoires et légendes. 180px-Gustave_Moreau_004 

Zeus et Sémélé par Moreau (1894-1895).

Sémélé est la fille du fondateur de Thèbes Cadmos et d’Harmonie. Sémélé fut l’une des amantes de Zeus (Jupiter).

Zeus aima Sémélé. Mais le malheur de Sémélé vint de la Jalousie d’Héra qui emprunta les traits de Béroé la nourrice de Sémélé pour lui faire avouer le nom de son amant et lui insuffla le souhait qu’elle devait lui faire…

En effet, follement amoureux d’elle, Zeus un jour annonça à Sémélé qu’il lui accorderait tout ce qu’elle demanderait. Il jura par le Styx et ce serment, il ne pouvait le rompre.

La réponse de Sémélé fut qu’elle souhaitait par dessus tout le voir dans sa splendeur de Souverain des Cieux et de Maître de la Foudre : le voeux qui lui avait été inspiré par la perfide Héra.

Zeus savait que nul mortel ne pouvait le voir ainsi et y survivre. Mais ayant juré par le Styx, il n’avait plus de choix. Il apparut donc devant Sémélé comme elle l’avait demandé au milieu de la foudre et des éclairs. Devant cet embrasement Sémélé mourut foudroyée.

Mais avant qu’elle ne succombât et disparût dans le brasier, Zeus lui arracha de son sein son enfant près de naître. Il le mit dans sa propre cuisse afin de le dissimuler à Héra et le garda le temps qu’il fallait avant sa venue au monde.

Lorsque cet enfant naquit deux mois plus tard Hermès l’emporta et le confia aux nymphes de Nysa, la plus jolie de toutes les vallées terrestres mais qu’aucun homme n’a jamais vue et ne sait où elle se trouve.

Les uns disent que les nymphes étaient les Hyades, que Zeus plaça ensuite dans le ciel après les avoir transformées en étoiles, ces étoiles qui amènent la pluie lorsqu’elles s’approchent de l’horizon.

Et le dieu du vin Dionysos (Bacchus) naquit ainsi du feu et fut élevé par la pluie, la chaleur brûlante qui mûrit la grappe de raisin et l’eau qui empêche le plant de mourir. Dionysos est aussi le dieu de l’agriculture et le protecteur du théâtre.

Devenu adulte Dyonisos vagabonda dans des contrées lointaines. Partout il enseigna aux hommes l’art de cultiver la vigne. Il fut reçu à chaque fois comme un dieu sauf quand il revint dans son propre pays. 

Un jour, un bâteau de pirates s’en vint voguer sur la mer, non loin des côtes de Grèce. Les cheveux de Dyonisos étaient abondants, bouclés et ses yeux de couleur sombre. Il semblait être un fils de Roi. Il serait racheté cher par ses parents, pensèrent les pirates qui le virent. Les marins sautèrent alors sur le rivage et se saisirent de lui. Ils voulurent l’attacher avec des cordages mais à leur stupéfaction, ils ne purent y parvenir.

Les cordages ne pouvaient pas être noués. Ils tombaient dès qu’ils touchaient les mains ou les pieds du bel adolescent. Lui assis les regardaient avec un sourire. Seul, parmi les pirates, le timonier comprit et cria aux autres que ce dernier devait être un dieu.

Mais la capitaine se moqua du timonier qu’il traita de sot. Il ordonna à l’équipage de hisser la voile rapidement. Le vent gonfla la voile mais le navire ne bougea pas.

Alors on vit un vin parfumé couler sur le pont comme un ruisseau. Une vigne aux grappes abondantes se déploya sur la voile. Un lierre aux feuilles verts sombres s’enroula autour du mât.

Frappés de terreur les marins ordonnèrent au timonier de virer vers la terre. Trop tard car pendant qu’ils parlaient leur captif s’était transformé en un lion rugissant et terrible. A cette vue les pirates sautèrent par dessus bord et furent transformés en dauphins, tous sauf le timonier. Le dieu eut pitié de lui et lui accorda sa faveur. Et Dionysos continua son voyage….

Au cours de ses errances Dyonisos rencontra l’inconsolable Ariane, princesse de Crête qui avait été abandonnée sur le rivage de l’île Naxos par Thésée, le Prince Athénien qu’elle avait sauvé. Dionysos la prit en compassion. Il lui vint en aide, devint amoureux d’elle et l’épousa. Quand elle mourut, il prit la couronne d’or qu’elle lui avait un jour donnée et la plaça parmi les étoiles.

Dionysos pensait toujours à sa mère qu’il n’avait jamais connue. Il désirait ardemment la voir. Il décida d’entreprendre la terrible descente dans le monde souterrain afin d’aller la chercher. Quand il l’eut trouvée, il défia le pouvoir de la Mort qui refusait de le lui rendre et la Mort cèda. Dionysos emmena sa mère et la fit pénètrer dans l’Olympe où les dieux consentirent à accepter parmi eux une mortelle….

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Légende écrite et publiée le 07 Mars 2009 d’après le récit d’Hésiode, Poète Grec ( VIIIème siècle avant JC).

LA LORELEI.

 

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Le rocher de la Lorelei. 

La légende parle de la Lorelei comme d’une sirène blonde qui est assise sur le rocher du même nom et que son chant envoûtant entraîne les marins qui passent en bâteau sur le Rhin à la mort. Ce rocher culmine à 132 mètres au-dessus du Rhin près de Saint Goarshausen, en Allemagne. Le courant très violent à cet endroit et les rochers immergés ont causé de nombreux accidents de bâteaux.

La légende veut que ces marins aient entendu le chant harmonieux et mystérieux de la Lorelei et qu’ils en aient oublié les courants du Rhin . Leur bâteau a ainsi chaviré dans le fleuve.

En littérature, La Lorelei est une femme qui symbolise aussi l’amour passion. Son amant infidèle est parti et elle croit voir le bâteau qui l’emmène et qui s’éloigne. Elle se jette alors dans le fleuve et se noie.

Cette légende se perpétue tout au long des 19 ème et 20 ème siècles. On retrouve la Loreley de Guillaume Appolinaire, la Loreley de Gérard de Nerval.

Au début du 19ème siècle, Clémens Brentano (1778-1842), écrivain romantique allemand écrit plusieurs variations sur le thème de la Lorelei. On voit alors apparaître une femme blonde et malheureuse sur un rocher dans un conte rhénan.

Heinrich Heine rédige une poèsie, l’histoire Die LoreLey en 1824 qui sera mise en musique et popularisée par le compositeur Friedrich Silcher :

Die LoreLey.

Mon Cœur, pourquoi ces noirs présages?
Je suis triste à mourir.
Une histoire des anciens âges
Hante mon Souvenir.

Déjà l’air fraîchit, le soir tombe
Sur le Rhin, coulant calmement ;
Seul, un haut rocher qui surplombe
Brille aux feux du couchant.

Là-haut, des nymphes la plus belle,
Assise, rêve encore ;
Sa main, où la bague étincelle,
Peigne ses cheveux d’or.

Le peigne est magique. Elle chante,
Timbre étrange et vainqueur,
Tremblez fuyez ! La voix touchante
Ensorcelle le cœur.

Dans sa barque, le marin qui passe
Pris d’un soudain transport,
Sans le voir, les yeux dans l’espace,
Vient sur l’écueil de mort.

L’écueil brise, le gouffre enserre,
La nacelle est noyée,
Et voila le mal que peut faire
Loreley sur son rocher

Heinrich Heine.

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Légende rapportée et publiée par Claire le 22 Février 2009. Claire ne pouvait rester indifférente à la Lorelei, « petit nom » que lui avait donné son professeur d’allemand lors de son entrée en sixième et qui l’a suivie dans cette matière plusieurs années.

LES MUSES.

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Sarcophage des Muses, IIème siècle, musée du Louvre. 

Les Muses étaient les neuf filles de Zeus et de Mnémosyne, la Mémoire. Au départ on ne les distinguait pas les unes des autres. Leurs coeurs n’aspiraient qu’au chant et leur esprit était dégagé de tout souci.

Plus tard, chacune d’elles eut sa propre attribution : Clio était la Muse de L’Histoire, Uranie celle de l’Astronomie, Melpomène était la Tragédie, Thalie la Comédie, Terpsichore la Danse, Calliope la Poésie épique; Erato s’occupait de la Poésie amoureuse, Polymnie des chants religieux et de la Rhétorique, Euterpe de la Poésie lyrique et de la Musique.

Les Muses sont facilement reconnaissables dans l’art. En effet lorsqu’elles accompagnent Apollon, leurs différents attributs permettent de les distinguer :

- Clio une couronne de lauriers, un cygne, un livre ou un rouleau, une tablette et un stylet.

- Uranie a un compas, une couronne d’étoiles, un globe.

- Thalie a un unstrument de musique souvent une viole, un masque comique et un rouleau.

- Terpsichore a un instrument de musique à cordes comme une viole ou une lyre par exemple.

- Calliope a une couronne de lauriers, un livre, une tablette et un stylet, une trompette.

- Erato a un tambourin, une lyre, une viole, un cygne.

- Euterpe a une Flûte simple ou double et un autre instrument de musique ( Trompette).

- Melpomène a un cor, une couronne, une épée, un masque tragique, un sceptre à ses pieds.

- Polymnie a un intrument de musique, souvent un orgue.

Hésidio, un poète, habitait pas très loin de l’Hélicon, l’une des montagnes des Muses. Les autres lieux étaient le Piérus en Pierie où elles étaient nées, le Pinde, le Parnasse et bien entendu l’Olympe.

Un jour le poète vit les Muses qui lui dirent :  » Nous savons proférer des mensonges qui semblent vrais, mais lorsque nous y consentons, nous pouvons dire aussi la Vérité. »

Elles étaient les compagnes d’Apollon, dieu de la Vérité et celles des Trois Grâces. Pindare nous dit que la lyre étaient leur propriété autant que celle d’Apollon :  » La lyre dorée que le pas de la danseuse écoute, Apollon la possède ainsi que les Muses couronnées de Violettes. « 

Les Muses inspiraient certains hommes qui été alors vénéré bien plus qu’un prêtre.

C’est Platon ( dans Ion) vers 401 avant JC, puis les néo-platoniciens, qui firent des neuf Muses les médiatrices entre le dieu et le poète ou tout créateur.

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Histoire écrite et publiée par Claire le 21 Février 2009 d’après les légendes grecques. Comment Claire pouvait-elle résister aux Muses qui inspirent les poètes, les écrivains, les chanteurs, les peintres et …tous les artistes.

 

ABELARD ET HELOISE.

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Pierre Abélard et Héloïse selon Edmund Blair Leighton.

Abélard.

Pierre Abélard ( 1079-1142) est né en Bretagne, au Pallet, près de Nantes en 1079 dans une famille noble. Sa mère se prénommait Lucie et son père Béranger. Il eut 3 frères et une soeur. Après l’éducation que lui apporta son père, il suivit l’enseignement de Roscelin de Compiègne à Loches, puis à Angers et à Tours avec d’autres Maîtres. Il vint à Paris vers 1100 pour y suivre avec l’enseignement de Guillaume de Champeaux, archidiacre à Notre-Dame. Mais ayant des idées contraires, ils deviennent vite rivaux et ennemis.

A Paris comme à Laon, il étudie auprès d’Anselme et se fait remarquer. C’est un théologien, philosophe et compositeur français. Il a été l’un des fondateurs de la méthode scolastique avec Alexandre de Hales.

Vers 1102 il revient à Paris. Il est devenu maître. Il s’installe aux environs de Paris.  Il fonde sur la montagne Sainte-Geneviève en 1108 une école de rhétorique et de théologie. Il y enseigne aussi la philosophie scolastique. Il devient vite l’un des philosophes les plus importants de sa génération.

Cette école est fréquentée par 3000 auditeurs de toutes nations. Il débute plus tardivement ses études de théologie mais son succés est aussi grand dans l’enseignement de cette matière.

Abélard est un spécialiste du langage. Chez lui la dialectique s’apparente à la logique. Les mots sont conventionnels mais ils ont une valeur significative par la pensée. L’esprit opère sur l’individuel un travail d’abstraction qui le dépouille de ses particularités pour ne considérer que les éléments communs. Mais Abélard reste proche de la théorie néo-platonnienne des idées divines malgré sa position proche du nominalisme.

Nous lui devons de nombreuses oeuvres de logique, un traité intitulé  » Scito te ipsum » (connais toi toi-même). Abélard cherche aussi à résoudre les oppositions sur des questions où les Pères de l’Eglise font des affirmations qui s’opposent entre elles.

En ce XIIème siècle où les civilisations se rejoignent, Abélard est précurseur du dialogue interculturel. Il écrit le Dialogue entre un philosophe, un juif et un chrétien (1142) qui restera inachevé.

Abélard fut également un compositeur renommé de son temps. Ses chansons ne furent toutefois pas retrouvées. Cependant, on possède de nombreux hymnes et planctus qu’il composa pour les moniales du Paraclet.( Monastère près de Troyes, non loin de Provins).

Il est considéré par certains comme un hérétique vu ses positions théologiques et doctrinaires.  Il disait :  » La foi est l’opinion qu’on se fait des réalités cachées, non évidentes. » Or la foi est un don une grâce de dieu que nous pouvons soit accepter, soit refuser. Il est condamné en 1140 par le consul de Sens et se soumet.

Héloïse.

Héloïse ( 1101-1164) est une savante et religieuse française du moyen âge. Elle était probablement de la famille Garlande qui avait de l’argent et des membres influents. Elle était d’un niveau social inférieur à Abélard qui était noble.

Héloïse a passé son enfance au monastère d’Argenteuil sous la garde de son oncle le chanoine Fulbert à Paris.

Elle  fut une des élèves d’Abélard. Elle se fit remarquer par son esprit, ses connaissances et sa beauté qui lui valurent une renommée dans Paris à l’âge de 16 ans.

Abélard et Héloïse.

Dans la perspective de diriger les études d’Héloïse, Abélard fut accepté pour sa renommée et pris en pension chez le chamoine Fulbert, oncle d’Héloïse. Abélard est alors l’un des plus imminents professeurs de son époque, mais ce dernier chercha à devenir le professeur d’Héloïse aussi pour la séduire.

Héloïse tomba enceinte. Abélard expédia Héloïse en Bretagne dans sa famille où elle mit au monde un fils, nommé Astrolabe. Ce fils fut confié à la garde de la soeur d’Abélard.

Abélard et Héloïse se marièrent en secret sur l’insistence de Fulbert. Abélard veut le garder secret pour ne pas nuire à sa carrière universitaire. Mais Fulbert révèle ce mariage et crie au scandale. Abélard a placé Héloïse au couvent d’Argenteuil.

Le chanoine veut la répudiation et il prend des hommes de mains pour aller mutiler Abélard. Ils le châtrent de force. Désespéré Abélard se fait moine.

Le scandale est énorme car cette punition est réservée aux adultères. Comme punition, les deux malfrats qui ont suivi Fulbert subissent le même sort que la victime. Ils ont de plus les yeux crevés et Fulbert est suspendu. Mais sa disgrâce ne durera pas. Il fut réintégré parmi les chanoines de Notre-Dame.

Héloïse reste au couvent et prend le voile au Monastère d’Argenteuil où elle a passé son adolescence. Elle continue à entretenir une correspondance avec son mari et ses lettres sont les plus connues et les plus anciennes de l’amour romantique (Lettres célèbres d’Abélard et d’Héloïse écrites dans leur monastère respectif). Eloîse à Abélard :  » Tu sais, mon très cher, tout le monde le sait, j’ai été éprouvée par la perte, combien, dans cette misérable circonstance, une monstrueuse trahison, qui a fait le tour du monde, m’a ravie de moi-même en t’enlevant à moi. »( Nelle version des lettres I-VI, par Roland Oberson, Editions l’Age d’Homme, Lausanne, 2002, p175-176).

Elle soutint toujours Abélard. Elle a dominé son temps par sa sagesse, sa force et son habileté. Chassée d’Argenteuil , elle devint l’abbesse d’un prieuré qui avait appartenu à Abélard (le Paraclet).

Abélard mourut à 63 ans dans le prieuré clunisien de Saint Marcel, près de Châlon-sur- Saône le 21 Avril 1142. Son corps est transporté au Paraclet et Héloïse morte en 1164 est enterrée à ses côtés. En 1817, la ville de Paris, organise le transfert des dépouilles d’Abélard et d’Héloïse, dans un Mausaulée, couvert de deux gisants, au cimetière du Père-Lachaise ( division 7). Il est devenu un lieu de pélérinage pour les amants.

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Histoire écrite et publiée par Claire le 14 Février 2009. Lors d’une promenade avec Rémi au cimetière du Père Lachaise à Paris, Claire a découvert le Mausolée des deux amants légendaires.

LA SAINT-VALENTIN.

 

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Le Baiser de l’Hôtel De Ville de Robert Doisneau – Paris 1950.

Dans la Rome antique, les lupercales ( fêtes annuelles) du nom du dieu des troupeaux et des bergers Faunus Lupercus que l’on représente vêtu de peaux de chèvre, célèbraient l’amour et la fécondité, les 14 et 15 février. C’est depuis l’antiquité que chaque année l’amour a été célèbré à cette date.

Au Moyen Age, le cavalier d’une jeune fille était appelé  » Valentin  » et devait offrir un cadeau à la  » Belle  » qu’il avait choisie. Le 14 février les jeunes filles qui n’avaient pas encore de cavalier observaient les oiseaux pour connaître la condition de leur futur prétendant : si elles apercevaient un rouge-gorge, le Futur serait marin, un moineau elles seraient heureuses en mariage mais l’homme ne serait pas fortuné, un chardonneret  l’homme serait riche.

A partir du XIXème siècle, des lettres sont adressées le jour de la Saint-Valentin. Les hommes envoyaient des mots doux à leurs Belles. Des cartes fabriquées, illustrées d’un coeur ou d’un Cupidon ailé par exemple, étaient vendues à cette occasion dans les boutiques.

De nos jours,  la tradition perdure mais l’on utilise aussi internet. La Saint-Valentin permet également de renouer avec les valeurs de l’amour, du don, de la complicité à deux. Vous pouvez offrir des fleurs qui sont le cadeau le plus offert, avec les rouges vous exprimez la passion, avec les blanches un amour pur et raffiné. Avec la couleur rose vous démontrez votre tendresse et avec le orange vous montrez votre désir. Mais encore d’autres choix sont possibles : de la lingerie, des bijoux, des parfums .

Maintenant l’amour gourmand, vous achetez des chocolats cette délicieuse confiserie aurait des vertus aphrodisiaques. Ou vous craquez pour un dîner aux chandelles, avec par exemple un vin Beaujolais Saint-Amour, qui est aussi très apprécié …

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Texte écrit  et publié par Claire le 14 Février 2009. Claire est sensible à cette légende et fête des Amoureux…                     9jmng9tw dans -Histoires et légendes.

 

L’ENLEVEMENT PAR ZEUS DE PERSEPHONE.

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Perséphone chez Hadés, médaillon d’un Kylix attique (vers 440-430 av JC)

Hadès, fils de Cronos et de Rhéa, était le frère de Zeus et de Poseidon. Hadès tomba éperdument amoureux d’une jeune fille Perséphone, fille de Déméter.

Zeus créa alors Narcisse pour venir en aide à son frère, le seigneur de l’empire souterrain.

Perséphone cueillait, ce jour là, avec ses compagnes des fleurs dans une prairie de la vallée d’Enna. L’herbe tendre y était semée de roses, de crocus, de violettes, d’Iris et de Jacinthes.

Soudain, elle aperçut une forme inconnue d’elle, une fleur comme elle n’en avait jamais vu et qui lui paraissait donc plus belle que toutes les autres. Les bourgeons jaillissaient par centaines de ses racines et son parfum était très doux.

Seule Perséphone l’avait remarquée. Les autres jeunes filles se trouvaient à l’autre bout de la prairie. De se voir ainsi isolée l’effrayait mais elle ne pouvait résister à la tentation de cueillir cette fleur ravissante. C’était précisément ce que Zeus avait prévu.

Ravie, Perséphone tendit la main vers la fleur, objet de son désir, mais avant qu’elle puisse la toucher, un gouffre se creusa dans la terre et des chevaux noirs jaillirent, traînant un char et mené par un être sombre, majestueux et terrible. Il la saisit et la tint serrée contre lui.

Un instant plus tard, Persephone quittait la terre rayonnante dans la lumière du printemps, pour entrer dans le monde des morts, enlevé par le Roi du monde de la Nuit.

On dit qu’Hadés s’attacha Perséphone en lui faisant manger six pépins de Grenade et ainsi elle se lia à lui et aux Enfers.

Je réponds à la demande d’Isabelle dans son commentaire sous le texte : En 1863, une imposante statue en bronze, ci-dessous, Freedom, qui représenterait en fait la déesse grecque des enfers, Perséphone, fut placée au sommet du Dôme du Capitol à Washington. Mesurant 5,94 mètres et pesant environ 6800 kg, elle fut modelée dans une fonderie dans laquelle travaille l’esclave noir Philippe Reid…( le verbe est au présent du conditionnel ce qui implique effectivement un doute…)

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Conte écrit et publié par Claire le 10 Janvier 2009, d’après un hymne Homérique fort ancien, du VIIème ou VIIIème siècle.

 

 

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