LE COLONEL AMIROUCHE, HEROS KABYLE.

LE COLONEL AMIROUCHE, HEROS KABYLE.   dans -Hommes célèbres. colonel_amirouche-186x300

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE COLONEL AMIROUCHE. 

Amirouche Aït Hamouda plus connu sous le nom de Colonel Amirouche est un colonel de l’Armée de Libération Nationale Algérien. Il est né le 31 Octobre 1926 au Village de Tassaft Ouguemoune (actuellement faisant partie de la commune d’Iboudraren). Ce village est situé dans les montagnes du Djurdjura en Kabylie (Algérie).

Il est issu d’une famille aisée et fils d’Amirouche Aït Hamouda et Fatima Aït Mendès Ben Ramdane. Il se marie à L’Oued Fodda avec sa cousine germaine dont la famille l’aide à installer un commerce de bijouterie à Rélizane. Il y crée et vend entre autres des colliers, bracelets et bagues.

Puis il est pris par le jeu de la politique et s’y engage. Il devient permanent au siège du MTLD ( Mouvement par le Triomphe des Libertés Démocratiques, parti nationaliste algérien fondé en 1946) et rentre à l’OS (Organisation Spéciale, bras armé clandestin du MTLD fondé en 1947). Mais la répression touche l’OS du MTLD et Amirouche est deux fois emprisonné en 1947 et 1948. Ensuite libéré il a l’interdiction de séjourner à Alger. Il retourne donc à Relizane.

Toujours sous surveillance, il décide de partir pour Paris en 1950 et y reste jusqu’en septembre 1954. Il milite alors au MTLD de Paris dans la kasma du 3ème arrondissement, qui sera le premier à adhérer à la Fédération de France du FLN (Front de Libération Nationale). De retour à Alger, il intervient pour son père qui a été injustement imposé en Kabylie. Il obtient l’annulation de cet impôt. Il rentre ensuite au maquis le 01 Novembre 1954 dans la zone de Aïn El Hammam (ex Michelet). Après la mort de Amar Aït Cheikh qui vient d’être tué dans une embuscade, il prend sa place, à la suite d’une demande non conventionnelle, et réorganise le maquis.

Au début de l’année 1955, Krim Belkacem, le chef de la Wilaya III prend contact avec lui pour le juger. En effet, Amirouche exerce son commandement, collecte de l’argent, récupère des armes, sans avoir été mandaté. Il montre alors la tenue de ses activités, les comptes financiers. Agréablement surpris par les documents remis et le travail fait par Amirouche, Krim Belkacem le nomme responsable de toute la vallée du Soummam, de Sidi Aïch à Bouira. Il a ici pour mission d’implanter des maquis dans cette zone. Il devient son principal adjoint.

Lors du départ de Mohammedi Saïd vers « l’extérieur », le conseil de la Wilaya, le désigne comme successeur mais Amirouche refuse car il n’est pas le plus ancien officier dans le grade, en l’occurence Saïd Yazouren dit Vrirouche, comme la règle de l’ALN le dicte. Ce dernier, envoyé à Tunis, y est maintenu pour permettre la désignation d’Amirouche.

1958-1959 est la période de la Bleuïte, opération de manipulation menée qui consiste à dresser des listes de prétendus collaborateurs de l’armée française et à les faire parvenir jusqu’aux chefs des combattants de l’Armée de Libération Nationale (ALN). Il s’agit d’une ruse du capitaine Paul-Alain Léger, subalterne du colonel Godard. Des faux traîtres sont dénoncés et des arrestations, tortures et liquidations physiques ont lieu dans le maquis Algérien. Elles touchent surtout des intellectuels et des étudiants. Amirouche, trompé, adresse une lettre au colonel Godard, lui indiquant qu’il a découvert les complots de certains de ses combattants. Les Français s’aperçoivent ainsi qu’il a été berné par leur stratégie. Cette épuration intervient d’abord en Kabylie et ensuite elle s’étend à la totalité du maquis mais aussi à l’extérieur du FLN. Des milliers d’Algériens combattants disparaissent ainsi.

Du 06 au 13 Décembre 1958, une réunion a lieu en Wilaya II. Avec Amirouche, il y avait Si M’Hamed (Wilaya IV), Si El Haouès (Willaya VI) et Hadj Lakhdar (Willaya I). Les chefs des Wilayas II Ali Kafi et V Boussouf le bras droit de Boumédiène sont absents. Amirouche voulait, dans cette réunion, établir la primauté d’un gouvernement de « l’intérieur » sur celui de « l’extérieur ».

Le 06 Mars 1959, Amirouche demande de se présenter à Tunis pour rencontrer le GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) car la situation des Wilayas se détériore. Il est accompagné de Si El Houès, du commandant Amor Driss et de 40 Djounouds. Ils sortent de Kabylie et passent vers le Sud entre Djelfa et Boussaâda pour rejoindre la frontière Tunisienne. Mais son itinéraire est découvert et le colonel Ducasse du 6e RPIMA lui tend une embuscade. Sur le chemin vers Boussaâda, les deux colonels et leurs hommes poursuivis sont obligés de se cacher dans des grottes. Mais l’armée Française appelle des renforts et l’aviation, les canons pillonnent ces grottes. Amirouche et Si El Houès tombent ensemble à Djebel Thameur le 29 Mars 1959.

Une dépêche de l’AFP (Agence Française de Presse) du 30 Mars 1959 annonce que le colonel Amirouche a été éliminé par grenade. Son corps est enterré par les Français puis rendu aux Algériens en 1964, déterré d’une caserne près de Bou Saâda puis caché une seconde fois par Boumédiène au siège de l’Etat major de la Gendarmerie nationale.

Je cite le journal El Watan du 09 Avril 2010, Interview de Nouredine Aït Hamouda, fils du colonel Hamirouche à l’occasion de la sortie du livre de Saïd Sadi sur le colonel Amirouche :

 » Qu’apprend-on de nouveau dans ce livre sur le colonel Amirouche ?

Il ne faut pas se leurer : il a une quizaine d’années, le pouvoir censurait le nom de Amirouche. Lors de la sortie du film L’Opium et le bâton, en 1971, Boumédiène en personne est intervenu pour enlever le nom d’Amirouche du scénario. Dans ce livre, Sadi retrace toute la vie de Amirouche, tout son combat est relaté (à Oued Fodda, à Oran, Relizane, à Paris, à la Wilaya III, à Tunis etc). Ce livre démontre et prouve une thèse fondamentale : Amirouche a été abattu lors d’une embuscade tendue par l’armée française, mais il a été donné, vendu aux français par le MALG (Ministère de l’Arement et des liaisons générales), c’est à dire par Boussouf et Boumédiène en personne. « 

Le 19 juin 1965, un coup d’Etat écarte le Président Algérien en exercice, Ahmed Ben Bella. Après l’indépendance du pays en septembre 1962, ce dernier, membre fondateur du FLN, avait triomphé de ses adversaires politiques, grâce à l’appui de Houari Boumédiène alors Chef d’Etat major de l’armée de libération nationale. Le Minitre des affaires étrangères, Abdelaziz Boutéflika a été limogé au préalable.

Houari Boumédienne, ministre de la Défense sous Ben Bella, met en place un pouvoir à base militaire et il y préside l’exécutif, le Conseil de la Révolution. Une révolte éclate vers la fin des années 1980. Boutéflika, alors Ministre des affaires étrangères est écarté de la succession par L’armée qui tient le pouvoir.

Il est néanmoins à noter, comme me le disait un Algérien que le peuple Algérien, dans sa révolution, a fait son devoir pour libérer l’Algérie du colonialisme. Certains ont même pris le chemin de l’exil et se sont retrouvés nourris pendant plusieurs années par des associations internationales avec comme nourriture uniquement du riz.

Amirouche, héros Kabyle, est encore beaucoup contesté en Algérie aujourd’hui, compte tenu du nombre de morts qui s’élèveraient à environ 2000 individus, intervenus lors de la Bleuïte.

Longtemps après la fin du conflit qui opposait l’Algérie à la France, lorsque Taos Amrouche, soeur du célèbre poète et essayiste Jean Amrouche et artiste Amazigh-Kabyle, née à Tunis le 04 Mars 1913 vint avec ses chants Berbères de Kabylie à Alger en 1969, à l’occasion du festival panafricain, elle se heurta encore à la censure de Boumédiène. Néanmoins, elle chanta devant les étudiants d’Alger, en signe de reconnaissance pour sa mère Marguerite-Fadhma Aït Mansour qui lui avait légué tant de chansons, contes et éléments du patrimoine par oral. Elle les chantait avec une voix exceptionnelle.

C’est, à la fin du conflit, par millions que se chiffrent en Algérie, les victimes militaires et civiles touchant le pays dans sa reconstruction et son développement.

 

 

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Texte écrit et publié par Claire le 16 Juin 2010.image74

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Archive pour 16 juin, 2010

LE COLONEL AMIROUCHE, HEROS KABYLE.

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LE COLONEL AMIROUCHE. 

Amirouche Aït Hamouda plus connu sous le nom de Colonel Amirouche est un colonel de l’Armée de Libération Nationale Algérien. Il est né le 31 Octobre 1926 au Village de Tassaft Ouguemoune (actuellement faisant partie de la commune d’Iboudraren). Ce village est situé dans les montagnes du Djurdjura en Kabylie (Algérie).

Il est issu d’une famille aisée et fils d’Amirouche Aït Hamouda et Fatima Aït Mendès Ben Ramdane. Il se marie à L’Oued Fodda avec sa cousine germaine dont la famille l’aide à installer un commerce de bijouterie à Rélizane. Il y crée et vend entre autres des colliers, bracelets et bagues.

Puis il est pris par le jeu de la politique et s’y engage. Il devient permanent au siège du MTLD ( Mouvement par le Triomphe des Libertés Démocratiques, parti nationaliste algérien fondé en 1946) et rentre à l’OS (Organisation Spéciale, bras armé clandestin du MTLD fondé en 1947). Mais la répression touche l’OS du MTLD et Amirouche est deux fois emprisonné en 1947 et 1948. Ensuite libéré il a l’interdiction de séjourner à Alger. Il retourne donc à Relizane.

Toujours sous surveillance, il décide de partir pour Paris en 1950 et y reste jusqu’en septembre 1954. Il milite alors au MTLD de Paris dans la kasma du 3ème arrondissement, qui sera le premier à adhérer à la Fédération de France du FLN (Front de Libération Nationale). De retour à Alger, il intervient pour son père qui a été injustement imposé en Kabylie. Il obtient l’annulation de cet impôt. Il rentre ensuite au maquis le 01 Novembre 1954 dans la zone de Aïn El Hammam (ex Michelet). Après la mort de Amar Aït Cheikh qui vient d’être tué dans une embuscade, il prend sa place, à la suite d’une demande non conventionnelle, et réorganise le maquis.

Au début de l’année 1955, Krim Belkacem, le chef de la Wilaya III prend contact avec lui pour le juger. En effet, Amirouche exerce son commandement, collecte de l’argent, récupère des armes, sans avoir été mandaté. Il montre alors la tenue de ses activités, les comptes financiers. Agréablement surpris par les documents remis et le travail fait par Amirouche, Krim Belkacem le nomme responsable de toute la vallée du Soummam, de Sidi Aïch à Bouira. Il a ici pour mission d’implanter des maquis dans cette zone. Il devient son principal adjoint.

Lors du départ de Mohammedi Saïd vers « l’extérieur », le conseil de la Wilaya, le désigne comme successeur mais Amirouche refuse car il n’est pas le plus ancien officier dans le grade, en l’occurence Saïd Yazouren dit Vrirouche, comme la règle de l’ALN le dicte. Ce dernier, envoyé à Tunis, y est maintenu pour permettre la désignation d’Amirouche.

1958-1959 est la période de la Bleuïte, opération de manipulation menée qui consiste à dresser des listes de prétendus collaborateurs de l’armée française et à les faire parvenir jusqu’aux chefs des combattants de l’Armée de Libération Nationale (ALN). Il s’agit d’une ruse du capitaine Paul-Alain Léger, subalterne du colonel Godard. Des faux traîtres sont dénoncés et des arrestations, tortures et liquidations physiques ont lieu dans le maquis Algérien. Elles touchent surtout des intellectuels et des étudiants. Amirouche, trompé, adresse une lettre au colonel Godard, lui indiquant qu’il a découvert les complots de certains de ses combattants. Les Français s’aperçoivent ainsi qu’il a été berné par leur stratégie. Cette épuration intervient d’abord en Kabylie et ensuite elle s’étend à la totalité du maquis mais aussi à l’extérieur du FLN. Des milliers d’Algériens combattants disparaissent ainsi.

Du 06 au 13 Décembre 1958, une réunion a lieu en Wilaya II. Avec Amirouche, il y avait Si M’Hamed (Wilaya IV), Si El Haouès (Willaya VI) et Hadj Lakhdar (Willaya I). Les chefs des Wilayas II Ali Kafi et V Boussouf le bras droit de Boumédiène sont absents. Amirouche voulait, dans cette réunion, établir la primauté d’un gouvernement de « l’intérieur » sur celui de « l’extérieur ».

Le 06 Mars 1959, Amirouche demande de se présenter à Tunis pour rencontrer le GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) car la situation des Wilayas se détériore. Il est accompagné de Si El Houès, du commandant Amor Driss et de 40 Djounouds. Ils sortent de Kabylie et passent vers le Sud entre Djelfa et Boussaâda pour rejoindre la frontière Tunisienne. Mais son itinéraire est découvert et le colonel Ducasse du 6e RPIMA lui tend une embuscade. Sur le chemin vers Boussaâda, les deux colonels et leurs hommes poursuivis sont obligés de se cacher dans des grottes. Mais l’armée Française appelle des renforts et l’aviation, les canons pillonnent ces grottes. Amirouche et Si El Houès tombent ensemble à Djebel Thameur le 29 Mars 1959.

Une dépêche de l’AFP (Agence Française de Presse) du 30 Mars 1959 annonce que le colonel Amirouche a été éliminé par grenade. Son corps est enterré par les Français puis rendu aux Algériens en 1964, déterré d’une caserne près de Bou Saâda puis caché une seconde fois par Boumédiène au siège de l’Etat major de la Gendarmerie nationale.

Je cite le journal El Watan du 09 Avril 2010, Interview de Nouredine Aït Hamouda, fils du colonel Hamirouche à l’occasion de la sortie du livre de Saïd Sadi sur le colonel Amirouche :

 » Qu’apprend-on de nouveau dans ce livre sur le colonel Amirouche ?

Il ne faut pas se leurer : il a une quizaine d’années, le pouvoir censurait le nom de Amirouche. Lors de la sortie du film L’Opium et le bâton, en 1971, Boumédiène en personne est intervenu pour enlever le nom d’Amirouche du scénario. Dans ce livre, Sadi retrace toute la vie de Amirouche, tout son combat est relaté (à Oued Fodda, à Oran, Relizane, à Paris, à la Wilaya III, à Tunis etc). Ce livre démontre et prouve une thèse fondamentale : Amirouche a été abattu lors d’une embuscade tendue par l’armée française, mais il a été donné, vendu aux français par le MALG (Ministère de l’Arement et des liaisons générales), c’est à dire par Boussouf et Boumédiène en personne. « 

Le 19 juin 1965, un coup d’Etat écarte le Président Algérien en exercice, Ahmed Ben Bella. Après l’indépendance du pays en septembre 1962, ce dernier, membre fondateur du FLN, avait triomphé de ses adversaires politiques, grâce à l’appui de Houari Boumédiène alors Chef d’Etat major de l’armée de libération nationale. Le Minitre des affaires étrangères, Abdelaziz Boutéflika a été limogé au préalable.

Houari Boumédienne, ministre de la Défense sous Ben Bella, met en place un pouvoir à base militaire et il y préside l’exécutif, le Conseil de la Révolution. Une révolte éclate vers la fin des années 1980. Boutéflika, alors Ministre des affaires étrangères est écarté de la succession par L’armée qui tient le pouvoir.

Il est néanmoins à noter, comme me le disait un Algérien que le peuple Algérien, dans sa révolution, a fait son devoir pour libérer l’Algérie du colonialisme. Certains ont même pris le chemin de l’exil et se sont retrouvés nourris pendant plusieurs années par des associations internationales avec comme nourriture uniquement du riz.

Amirouche, héros Kabyle, est encore beaucoup contesté en Algérie aujourd’hui, compte tenu du nombre de morts qui s’élèveraient à environ 2000 individus, intervenus lors de la Bleuïte.

Longtemps après la fin du conflit qui opposait l’Algérie à la France, lorsque Taos Amrouche, soeur du célèbre poète et essayiste Jean Amrouche et artiste Amazigh-Kabyle, née à Tunis le 04 Mars 1913 vint avec ses chants Berbères de Kabylie à Alger en 1969, à l’occasion du festival panafricain, elle se heurta encore à la censure de Boumédiène. Néanmoins, elle chanta devant les étudiants d’Alger, en signe de reconnaissance pour sa mère Marguerite-Fadhma Aït Mansour qui lui avait légué tant de chansons, contes et éléments du patrimoine par oral. Elle les chantait avec une voix exceptionnelle.

C’est, à la fin du conflit, par millions que se chiffrent en Algérie, les victimes militaires et civiles touchant le pays dans sa reconstruction et son développement.

 

 

Claire.background-2008_039.jpg 

Texte écrit et publié par Claire le 16 Juin 2010.image74

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