PHAËTON.

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La chute de Phaéton par Johann Liss (début du XVIIème siècle).

Phaëton était le fils d’Hélios (le Soleil) et de Clymène.

Le Soleil vivait dans un palais où tout l’or brillait à l’intérieur comme à l’extérieur, l’ivoire s’y trouvait et les joyaux scintillaient. Midi y était l’unique heure, la pénombre et la nuit n’en assombrissait jamais l’éclat. Les mortels n’auraient pu ni en supporter l’intensité lumineuse, ni en trouver le chemin.

Néanmoins un adolescent, mortel par sa mère, voulut s’en approcher. Ses yeux étaient éblouis et il devait souvent s’arrêter. Cependant, il avait une telle envie d’atteindre ce palais qu’il continua à marcher. Il traversa les portes du Soleil et il arriva enfin à la salle du trône. Le Soleil se tenait là, éblouissant ! Le jeune garçon s’arrêta médusé.

Le Soleil l’aperçut et lui demanda l’objet de sa venue. Le garçon lui répondit, alors, qu’il était là pour découvrir si le Soleil était bien son père. Il expliqua que sa mère, Clymène, l’affirmait mais que les garçons de son école lorsqu’il racontait son histoire se moquaient de lui et ne voulaient pas le croire. Sa mère lui avait conseillé de venir demander la vérité au Soleil.

Le Soleil retira alors sa couronne de lumière, pour que le garçon puisse le regarder sans être ébloui :  » Approche, Phaéton, mon fils. Ta mère te dit la vérité. Je vais t’en donner la preuve : je vais te demander d’exprimer un voeu et je jure par le Styx, le fleuve du serment, que je te l’accorderai. « 

Phaëton avait souvent observé la course du Soleil et se demandait ce que son père pouvait bien éprouver sur son char, entraîné par ses chevaux, donnant la lumière au monde. Son rêve, grâce au voeu demandé par son père, allait devenir possible. Il répondit alors :  » Je désire prendre ta place père pour un jour, un seul jour et conduire ton char ! « 

Le Soleil comprit que la proposition qu’il avait faîte à son fils n’était que folie mais il ne pouvait plus revenir sur son serment ! Il ajouta :  » Mon fils, c’est la seule demande que je t’aurais refusée. Mais j’ai juré devant le Styx et je ne peux reprendre ma parole. Si tu persistes dans ta demande, je devrai l’accepter. J’espère cependant que tu y renonceras. Tu es mortel par ta mère et nul mortel ne peut conduire mon char ! De plus, aucun dieu en dehors de moi, ne peut faire ma course, pas même Zeus le maître de l’Olympe. La route, que tu devras suivre, s’élève de la mer par une pente si raide que les chevaux ont du mal à la gravir. Arrivé à mi-ciel, je me trouve si haut que je n’ose même pas regarder vers le bas. Mais ce qui est le plus difficile à accomplir c’est la descente, les dieux de la Mer s’interrogent toujours sur ma dextérité pour éviter la chute. C’est une lutte perpétuelle que je mène et les chevaux dans cette ascension puis cette descente supportent difficilement mon contrôle. Comment réagiraient-ils avec toi ?

Tu dois croire que tu vas voir là-haut des merveilles. Mais tu n’y rencontreras que des bêtes féroces : le Taureau, le Lion, le Scorpion, le Cancer et tous voudront te faire du mal ! Mes craintes pour toi te prouvent que je suis bien ton père ! « 

Mais rien ne put faire changer d’idée Phaëton. Déjà il se voyait debout sur le char de son père. Il guidait ses chevaux et triomphait des obstacles ! Il n’accorda aucune pensée à la mise en garde du Soleil. Pour lui le temps pressait, le départ était imminent. L’aurore serait bientôt là, les étoiles palissaient et quittaient le ciel. Les chevaux attendaient, déjà attelés et bridés.

Rayonnant de fierté, Phaëton monta et les chevaux commencèrent leur course folle. Il était grisé par le vent et la vitesse. Leurs sabots ailés chevauchaient les nuages. Le char montait de plus en plus haut. Il se croyait devenu un dieu ! Mais… soudain les ennuis commencèrent… Le char oscilla, le galop augmentait et Phaëton ne les dirigeait plus. Il se contentait de s’accrocher aux rênes et essayait de maintenir sa course. Les chevaux quittèrent alors la route et ils s’élancèrent où ils le voulaient. Presque évanoui et perdant totalement la maîtrise de l’attelage, Phaëton laissa tomber les rênes…

La course s’accéléra encore. Les chevaux plongaient maintenant du ciel vers la terre, en mettant le feu à toute la planète et menaçant de la détruire. Tout n’était plus qu’un immense brasier. Les ruisseaux et les rivières se tarirent. Dans l’épaisse fumée et l’intense chaleur, Phëton était terrorisé. Il se maintenait avec peine sur son char. Il ne souhaitait plus qu’une chose : mourir…

Alors Jupiter lança son foudre sur le conducteur qui le tua. Puis il fracassa le char et précipita les chevaux dans la mer. L’Eridan, fleuve jamais vu par un homme, reçut Phaëton et il rafraîchit ce pauvre corps. Il éteignit les flammes. Puis émues par le jeune homme, les naïades l’enterrèrent. Ses soeurs, les Héliades, filles d’Hélios, le Soleil, pleurèrent sur sa tombe…

Claire. background-2008_039.jpgimage74

Histoire écrite et publiée par Claire le 26 Janvier 2010, d’après un conte d’Ovide, Poète latin (43 av JC-17 ou 18 apr JC). Claire est toujours sous le charme de la Beauté.

 


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Un commentaire

  1. Bonsoir Chantal

    J’adore et en plus je ne connaissais pas du tout
    comme toujours depuis que j’ai commencé à lire
    J’ai passé un bon moment
    merci a toi
    Jacky

    Dernière publication sur Poèmes à la Carte : MERVEILLES

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