CREUSE ET ION.

 CREUSE ET ION. dans -Histoires et légendes. 200px-StatueApollon2

Statue d’Apollon dans les jardins de Versailles.

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Créuse était la fille de Procris et d’Orithye. Un jour, encore enfant, elle cueillait des crocus sur une falaise creusée d’une caverne profonde. Elle se servait de son voile comme d’un panier.

Elle s’apprêtait à regagner son domicile lorsqu’elle fut saisie par un homme venu de nulle part. L’invisible se transforma en un homme divinement beau mais aveuglée par la terreur Créuse cria et appela sa mère. Mais personne ne l’entendit car elle était trop loin des habitations. Son ravisseur n’était autre qu’Appolon et il l’emporta dans la caverne.

Créuse haïssait Apollon surtout au moment où un enfant devait naître de cette union. Apollon ne se manifesta pas et ne lui apporta aucune aide. Elle n’osa rien dire à ses parents.

Lorsque la naissance fut proche, Créuse se rendit seule dans une grotte et mis un fils au monde. Et là, Créuse l’abandonna promis à la mort. Plus tard poussée par le désir de savoir ce qu’était devenu l’enfant elle y retourna. La grotte était vide et aucune trace de sang n’était visible. L’enfant n’avait donc pas été tué par une bête sauvage. Les vêtements dont elle l’avait enveloppé pour le protèger, un voile et une mante tissés de ses mains avaient disparu. Créuse se demanda si un aigle ou un vautour ne l’avait pas enlevé.

Peu de temps après Créuse se maria. Son père le roi Erechthée accorda sa main à un étranger d’Athènes qui l’avait aidé au cours d’une guerre. Cet homme Xuthos était Grec. Créuse et Xuthos, bien que ce dernier désira un fils, n’arrivaient pas à avoir un enfant. En conséquence, ils se rendirent à Delphes pour demander au dieu s’ils pouvaient encore espèrer avoir cet enfant.

Laissant son mari dans la ville en compagnie des prêtres, Créuse monta seule au sanctuaire. Elle rencontra un superbe adolescent vêtu d’habits sacerdotaux. Tout en chantant un hymne à la louange du dieu, il purifiait le lieu en l’aspergeant d’eau contenue dans une coupe d’or.

Créuse et l’adolescent se regardèrent puis ils se mirent à parler. L’adolescent voyait bien qu’elle était de haute naissance et bénie par le sort et il le lui dit. Créuse répondit :  » Bénie par le sort ! Dis plutôt que le chagrin me rend la vie insupportable. » Ces mots faisaient ressentir toute sa tristesse. Sa terreur et sa peine anciennes, la perte de son enfant et le secret qu’elle gardait depuis tant d’années étaient présents. Mais voyant la stuppeur dans les yeux du jeune homme, elle se reprit et lui demanda de parler de lui.

Le jeune garçon répondit que son nom était Ion. Il ignorait tout de sa naissance. Lorsqu’il était petit la Pythonisse, prêtresse d’Appolon l’avait trouvé un beau matin sur les marches du temple. Elle l’avait élevé comme une mère. Il servait maintenant non les hommes mais les dieux.

Ion de son côté se risqua alors à lui poser aussi des questions. » Pourquoi était-elle si triste ? Pourquoi ses yeux se mouillaient de larmes ?  » Les pélerins qui venaient à Delphes se réjouissaient d’approcher Apollon.

 » Appolon ! dit Créuse. Non ! je ne peux l’approcher. » Elle lui dit qu’elle était venue à Delphes dans un but secret. Alors que son mari y venait pour avoir une confirmation qu’il pourrait un jour avoir un fils, elle y venait pour découvrir le sort de l’ enfant d’une amie. Sa voix se brisa, elle se tut. Apollon il y a des années l’avait outragée et quand l’enfant qu’il lui força à porter fut né, elle l’abandonna. C’était un fils. Il devait être mort , des années s’étaient écoulées mais son amie voulait absolument connaître la vérité. » C’est ce que je suis pour elle venue demander à Apollon. » dit Créuse

Ion protesta et soutenu son seigneur.  » Cette histoire était fausse, son amie voulait rejeter la faute commise par un homme sur Apollon. « 

Créuse lui répondit :  » Non , c’était bien Apollon. »

Ion dit alors :  » Tu ne peux t’approcher de l’autel de ce dieu pour prouver qu’il était un scélérat. »

Créuse faiblit et dit à Ion :  » Je ne le ferai pas, je suivrai ton conseil.  » Des sentiments, qu’elle ne pouvait comprendre, naissaient en elle. Ion et Créuse s’observaient quand Xuthos revint le visage triomphant. Il tendit les bras à Ion et bien que ce dernier eut un mouvement de recul il l’embrassa.

 » Tu es mon fils ». dit-il. Apollon l’a déclaré. Le coeur de Créuse se serra.  » Ton fils ?  » demanda-t-elle.  » Mais qui est sa mère ?  » Je n’en sais rien dit Xuthos troublé.

La vieille prêtresse, prophétesse d’Apollon,  devant leur détresse lors de la découverte de cette vérité connue si brutalement et qui les laissait perplexes,  vint les rejoindre. Elle tenait à la main des objets qui à leur vue fit sursauter Créuse.  L’un était un voile et l’autre une mante de jeune fille. La sainte femme dit à Xuthos que le prêtre désirait lui parler. Lorsqu’il se fut retiré, elle tendit à Ion ce qu’elle portait.

 » Cher enfant, »  lui dit-elle,  » tu dois porter ces objets lorsque tu te rendras à Athènes. Ils t’enveloppaient lorsque je l’ai trouvé. « 

Ion répondit :   » Ma mère doit m’en avoir enveloppé et ce sont des indices qui me conduiront à elle. « 

Mais Créuse s’était rapprochée de lui et avait jeté ses bras autour du cou de Ion.  » Mon fils, mon fils !  » Ion s’écria aussitôt  » Elle doit être folle ! « .

Non, non dit Créuse. Ce voile et cette mante sont à moi. Je t’en ai recouvert avant de t’abandonner.  » Cette amie dont je t’ai parlé, c’était moi. Apollon est ton père. Je peux t’en fournir la preuve. Déplie ces vêtements.  Je te décrirai les broderies dont ils sont ornés. Je les ai faites de mes mains. Tu trouveras deux petits serpents d’or fixés sur le manteau. Je les ai mis moi-même. »

Ion trouva les bijoux. Son regard se posa sur ces bijoux puis sur sa mère.  » Mais alors le dieu de Vérité pourrait mentir ? il a dit que j’étais le fils de Xuthos. « 

 » Apollon n’a pas dit que tu étais vraiment le fils de Xuthos, il t’a donné à lui. » s’écria Créuse. Une lueur apparut du ciel. Ion et Créuse levèrent les yeux et la virent. Alors toute détresse fit place au bonheur.  » Je suis Pallas Athéna » dit la vision,  » Apollon m’envoie te dire que Ion est ton fils et le sien. Il l’emmena jusqu’ici de la grotte où tu l’avais abandonné. »  » Emmène le avec toi à Athènes, Créuse. Il est digne de règner sur mon pays et ma cité. « 

Pallas Athéna disparut et Ion et Créuse se regardèrent le coeur plein d’une joie extrême. Apollon avait réparé partiellement la souffrance qu’il avait provoqué.

Claire.    background-2008_039.jpg 

Légende racontée et publiée par Claire le 08 Novembre 2008 d’après l’oeuvre d’Euripide, poète grec ( 480-406 avant JC ) qui tente de montrer ici aux Athéniens ce qu’étaient vraiment les dieux des mythes lorsqu’on les juge avec des critères humains d’honneur et de maîtrise de soi. Ils avaient, comme eux, des faiblesses.

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