PROCNE ET PHILOMENE.

Philomèle et Procné montrent la tête d'Itys à son père, gravure pour le livre VI des Métamorphoses d'Ovide

Procné montre la tête d’Itys à son père.

Deux soeur Procné et Philomène étaient les filles de Pandion, roi d’ Athènes. Procné, l’ainée des deux soeurs épousa Térée, roi de Thrace qui était le fils d’Arès ( Mars). Mais il avait tous les défauts de son père. Ils eurent un fils Itys. Lorsque ce dernier atteignit l’âge de 5 ans, Procné qui vivait à Thrace loin de sa famille, demanda à Térée d’aller chercher sa soeur Philomène qu’elle n’avait pas vue depuis longtemps et qui lui manquait.

Térée y consentit et se rendit lui même à Athènes afin d’escorter la jeune fille. Lorsqu’il posa les yeux sur Philomène, Térée s’en éprit aussitôt tellement elle était belle. Son père Pandion consentit à lui confier Philomène et cette dernière se réjouissait de faire cette traversée et de retrouver sa soeur. Tout se passa fort bien pendant ce voyage.

Lorsqu’il débarquèrent à Thrace, Térée mentit à Philomène et dit qu’il venait d’apprendre par un voyageur le mort de Procné.  Il emmena Philomène dans une bergerie et la força à accepter un prétendu mariage. Toutefois la jeune fille ne tarda pas à apprendre la vérité et menaça Térée, ce qu’elle n’aurait pas dû faire : elle avertirait le monde entier de ce qu’il avait osé accomplir. Furieux Térée la saisit et lui coupa la langue qui gisait maintenant palpitante sur le sol où il l’avait jetée. Puis la laissant prisonnière, il partit rejoindre Procné.

Les femmes étaient habiles à cette époque. Philomène se tourna donc vers son métier à tisser. Elle devait encore plus que d’autres rendre clairement l’ histoire qu’elle tissait. Elle créa une magnifique tapisserie qui racontait sa tragique aventure. Lorsqu’elle fut terminée, elle confia cette tapisserie à une vieille femme et lui fit comprendre qu’elle devait la donner en cadeau à la reine, Procné.

La vieille femme heureuse lui remit. Lorsque Procné, toujours en deuil , regarda la tapisserie, elle reconnut sa soeur. Elle y vit Philomène et Térée. Elle ressentit une grande haine et se mit à analyser la situation. Son esprit se tourna vers le but à atteindre : délivrer sa soeur et châtier son mari. Aidée par la vieille messagère, elle trouva le moyen de rejoindre Philomène. Elle la délivra et revint avec elle au palais.

Procné cherchait le moyen de faire payer à Térée le mal qu’il leur avait fait. A cet instant, Itys, son fils,  entra dans la pièce. A cause de la ressemblance qu’il avait avec son père, elle se mit à le haïr. Elle tua alors l’enfant d’un coup de glaive. Elle découpa le petit corps en morceaux et déposa ses membres dans un chaudron qu’elle mit à cuire. Elle servit ces membres à Térée le soir à son repas.

Lorsque Térée eut terminé ce repas, Procnée lui dit ce qu’il avait mangé et elle lui tendit la tête sanguinolante de l’enfant. Malade d’horreur, Térée fut médusé et les deux soeurs en profitèrent pour s’enfuir. Mais il les rejoignit à Dalis et il allait les tuer lorsque les dieux les transformèrent en oiseaux : Procné en rossignol et Philomène en hirondelle. Térée lui fut changé aussi en oiseau, certains disent en vautour, d’autres en huppe.

Il est à noter que les auteurs romains qui racontèrent cette histoire confondirent les deux soeurs et firent de Philomène le rossignol et de Procné l’hirondelle. Ce qui est illogique compte tenu de la langue coupée de Philomène.

Certains disent aussi qu’Itys fut changé en chardonneret. Ce qu’Ovide ignore.

Par ailleurs, l’astéroïde Procné a été découvert par Christian Peters le 21 mars 1879.

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Conte raconté et publié le 25 Octobre 2008 par Claire emprunté à Ovide, poète latin ( 43 av JC – 17 ou 18 après JC ) . Ici nous découvrons l’inceste et le drame qu’il a entraîné.


Archive pour octobre, 2008

ORITHYIE ET BOREE.

Enlèvement d'Orithye par Borée, œnochoé apulienne à figures rouges du Peintre de Salting, v. 360 av. J.-C., musée du Louvre

Enlèvement d’Orithyie par Borée.

Orithyie était une des trois soeurs de Procris. Borée était le fils d’Eos ( Aurore) et d’Astréos. Il était le frère de Zéphyr et de Notos, ainsi que de l’étoile du matin Eosphoros. Il appartenait à la race des Titans qui incarnaient les forces primaires de la nature. Borée, le Vent du Nord s’éprit d’Orithyie mais son père Erechthée, roi d’Athènes et le peuple Athéniens s’opposaient à ce mariage et refusaient de donner la jeune fille à Borée. Ils étaient insensés de penser qu’il pouvait retenir ce que le Grand Vent convoitait.

Un jour qu’Orithyie jouait avec ses soeurs au bord d’une rivière, devant ce refus, Borée surgit et l’emmena. Elle eût deux fils avec lui Zétès et Caloïs qui accompagnèrent Jason dans la conquête de la Toison d’Or.

Un jour Socrate, le grand philosophe,  se promenait avec un jeune homme, Phaetros. Ce dernier lui demanda :  » N’est-ce pas près d’ici que Borée aurait enlevé Orithyie sur les bords de l’Illissus ? « 

Socrate répondit  » C’est ce que raconte l’histoire. »

Phaetros poursuit :  » Est ce bien à cet endroit que cette histoire se déroula ? Cette petite rivière est si claire et si limpide. Je m’imagine des jeunes filles qui s’amusent sur les berges de cette rivière.

Socrate continue :  » Je pense qu’il s’agit bien de cette rivière. L’endroit exact situe à un quart de lieue en aval et je crois qu’un hôtel a été dressé en l’honneur de Borée. « 

Les sages sont sceptiques enchaîna Socrate et je ne me singaliserais pas si je me rangeais de leur côté et doutais aussi. « 

Ce discours eût lieu dans la dernière partie du Vème siècle avant JC . On voit que les anciennes légendes de la mythologie grecque perdaient déjà de leur emprise sur l’esprit des hommes.

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Légende écrite et publiée par Claire le 18 Octobre 2008 d’après des contes d’Ovide poète latin  ( 43 av JC – 17 ou 18 apr JC ) et d’Apollodore poète grec qui vécut vers 150 avant JC  .

ISIS ET OSIRIS.

 Statuette d'Imhotep au Musée du Louvre

 Imhotep et scène du jugement.

Le mythe Osirien a été introduit par Imhotep, grand prêtre et constructeur de la première pyramide, maison de l’éternité, du roi Djeser qui vécut vers -2700, -2800 avant JC. Il révolutionna la vie religieuse, la médecine, l’écriture. Il fit construire les monuments religieux de l’Egypte ( temples, pyramides) en pierres.

Pour les Egyptiens l’Univers n’est au départ qu’un grand Océan primordial nommé Noun. De Noun naquit le dieu Atoum le soleil, le dieu Chou le souffle, le dieu Tefnout l’humidité. Chou sépara le ciel et la terre arrivèrent ainsi les dieux Nout et Geb. De l’union du dieu-terre Geb et de la déesse-ciel Nout naquirent deux fils Osiris et Seth et deux filles Isis et Nephtys. Isis et Osiris sont donc deux dieux égyptiens.

 Isis, Mère des Dieux

 

PREMIERE PARTIE.

ISIS. 

ISIS ET OSIRIS. dans -l'Egypte ancienne 4z9f65uy

Isis est la soeur et l’épouse du dieu Osiris. C’est elle qui a rassemblé les parties du corps d’Osiris pour lui redonner vie.  En effet Seth son frère,  jaloux d’Osiris qui a été désigné par ses parents pour être le premier pharaon et règner, l’avait assassiné.

Seth avait préparé un festin et invité Osiris. Lors de ce festin, il emmena un beau coffre de bois sculpté. Seth dit qu’il offrirait ce coffre à celui qui y tiendrait. Les invités essayèrent en vain de rentrer dans le coffre. Puis arriva le tour d’Osiris. Il s’y installa et il tenait dans ce coffre. 72 complices de Seth l’enfermèrent aussitôt et l’emportèrent sur les eaux du Nil où ils l’abandonnèrent sur les flots. Osiris se noya.

Isis lorsqu’elle entendit parler de cet assassinat se mit à la recherche d’Osiris, retrouva son corps et le ramena en Egypte. Seth le sut . Il récupéra et découpa le corps en 14 morceaux qu’il éparpilla dans toute l’Egypte. Isis, aidée par les oiseaux et les poissons, rechercha à nouveau Osiris et retrouva tous les morceaux, et les joignit sauf le phallus : ce membre viril, jeté par Seth dans le fleuve, avait été dévoré par un crocodile. Isis le reconstitua en argile.

Isis aussi magicienne, aidée par Nephtys sa soeur et Thot (dieu de la sagesse et des écritures), réussit en plus au moyen de ses ailes , de gestes magiques et de prières à rendre à Osiris le souffle vital.

Osiris renaît mais cette vie est restreinte à celle de l’au-delà . Osiris fut le premier pharaon à être embaumé. Cet embaumement symbolise pour les égyptiens la renaissance du défunt. Isis conçut alors par union avec Osiris un enfant, qu’elle éleva à l’abri dans le Delta, pour le protéger de Seth. Elle le prénomma Horus. Ce dernier occupa par succession le trône terrestre de son père Osiris. Le désert fut attribué par les dieux à Seth.

Horus se battit contre Seth, dès qu’il fut en âge de le faire, pour venger son père. Seth lors d’une bataille arracha l’oeil  gauche à Horus. Son oeil lui fut rendu par le dieu Thot qui le remit en place. Personne ne sortit vainqueur de ces combats car il existe toujours une dualité entre le bien et le mal.

En conséquence, la déesse Isis est une épouse fidèle, une mère dévouée et protège les naissances et les enfants. Isis est aussi la déesse de l’Amour qui a donné aux femmes la grâce et la séduction pour se faire aimer des hommes. Elle accorde une grande protection aux femmes dans la vie du couple et lors de l’accouchement. Les reines d’Egypte, qui sont sous sa protection, la vénèrent.

Elle est adorée par le peuple Egyptien, on trouve ses temples à de nombreux endroits de l’Egypte dont l’île de Philaé. Elle eut aussi ses fêtes, ses mystères. Isis porte les cornes de la fertilité et est symbolisée par une vache . 

Sous les » Ptolémée », l’image de la déesse devint universelle et dépassa les frontières de l’Egypte. Elle devint Isis-Aphrodite, déesse de l’Amour.

 

DEUXIEME PARTIE.

OSIRIS.

4z9f65uy dans -l'Egypte ancienne

Osiris est le nom grec du dieu Ousir ou Lourisis ( siège de l’oeil ) en Egytien. On l’appelait aussi Ounen-Néfer ( celui qui est à la tête de l’occident, c’est à dire le dieu des défunts ). Osiris est né du dieu-terre Geb et de la déesse-ciel Nout. Il avait été désigné pour être pharaon. Osiris est considéré comme le premier et le père des pharaons.

Mais Seth jaloux l ‘assassine et Osiris devient, après sa résurection grâce à Isis, le dieu des morts et le garant de la survie du défunt. Le défunt est conduit dans la salle des deux Maât par Anubis ( dieu qui préside à la mort et à l’embaumement ). Anubis introduit le mort dans l’autre monde.

Puis son jugement devant les dieux commence. La pesée du coeur consiste à mettre le coeur du mort d’un côté de la balance, de l’autre une plume  ( qui représente la déesse Maât, la vérité ).  En effet, pour les Egyptiens, le coeur était le symbole de l’âme. Osiris va peser le coeur du défunt sur cette balance. Si le coeur du défunt est aussi léger que la plume ( dans le sens moral et non physique), qu’il a apporté des bienfaits et commis aucune faute, son âme est pure, il pourra rejoindre le royaume des morts et avoir une nouvelle existence dans une vie éternelle. Son âme devient  » maâ-kherou  » c’est à dire justifiée, juste de voix.

Osiris, grand juge, lors de ce contrôle sera aidé par Maât la déesse de la vérité, le dieu Thot de la sagesse et des écritures . 42 ( ou 14) juges les accompagnent.

Si le coeur est plus lourd que la plume, qu’il a commis de mauvaises actions, l’âme de l’homme ou du pharaon  sera dévorée par Ammout (la dévoreuse), dieu à la tête de crocodile,  pour le punir. Il l’attend au dessous de la balance du jugement dernier pour l’anéantir. L’homme ne bénéficiera pas de la vie éternelle et retournera dans le néant…

Osiris est aussi considèré comme le symbole de la vie dans l’au-delà. Chaque année au 4 ème mois de l’inondation du Nil, en Egypte,  il y avait une grande  procession. Le dieu était sorti de son temple, abrité dans sa barque portative Nechemet. Les fidèles d’Osiris et les partisans de Seth s’affrontaient alors lors d’une grande fête.

Osiris était le plus populaire et le plus vénéré des dieux. On trouve ses temples dans certaines villes comme Bousiris ( Busiris) et surtout Abydos. C’est aussi un dieu agraire.

 

 

TROISIEME PARTIE.

LES EGYPTIENS.

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Imhotep a créé le mythe Osirien. Désormais l’homme se découvre une âme. Il est ainsi incité à vivre dans le droit chemin, à pratiquer la tolérence vis à vis des voisins et des étrangers, d’aimer sa femme et ses enfants, de vivre en conformité avec les lois de la nature en protègeant les espèces.

Ces principes s’appliquent à sa conscience et en contre partie de cette vie exemplaire, il va après avoir satisfait au jugement dernier et s’être présenté devant Osiris le dieu des morts, avoir la possibilité de renaître. Ici c’est le paradis.

Après le jugement positif de son âme, il peut entrer comme un dieu dans la vie éternelle. Il en est de même pour le pharaon. Seule la maison de l’éternité du pharaon est différente de celle des autres hommes ( Pyramide ou autre ). L’âme du roi rejoint aussi  les étoiles d’où elle se montre pour guider le nouveau pharaon.

Il fallait répéter sur le corps du défunt, lors de la momification,  les gestes magiques d’Isis et les prières d’Horus et de Thot pour qu’il soit ramené à la vie. Le mythe Osirien est le précurseur de nos religions.

Le Myosotis, parfois utilisé comme emblème maçonnique

Pour les francs-maçons, Osiris et Isis ont une signification particulière comme le dit Françoise Dunand : « Le grand maître anglais George Smith (1783) voit dans le mythe égyptien la source d’inspiration des « mystères » de la maçonnerie : « Osiris et Isis représentent théologiquement l’Etre suprême et l’universelle nature, et physiquement les deux grands luminaires, le soleil et la lune, dont l’influence s’étend à toute la nature. »

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Texte écrit par Claire le 11 Octobre 2008,  attirée par le symbole de la vie éternelle donnée aux hommes depuis la naissance du mythe Osirien par Imhotep, constructeur de la première pyramide de Saqqara, du roi Djeser. Comment Claire aussi pouvait-elle résister à Isis déesse de l’Amour !

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Ammout, la dévoreuse et la pesée du coeur d’Ani.

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PROCRIS ET CEPHALE.

 La Mort de Procris, par Piero di Cosimo, v. 1486-1510, National Gallery, Londres

La Mort de Procris par Piero di Cosimo vers 1486-1510, National Gallery, Londres.

Procris était mariée à Céphale, petits fils d’Eole, le Roi des vents. Mais quelques semaines après leur mariage, Céphale fut enlevé par Aurore (Eos), la déesse de l’Aube . En effet, ce jour là, il était parti tôt à la chasse comme il en avait l’habitude et Aurore le vit et s’en éprit.

Mais la rayonnante déesse ne put rendre infidèle Céphale. Il aimait toujours Procris. Irritée par cet amour, qu’ Aurore ne parvenait à affaiblir, cette dernière finit par lui permettre de rejoindre Procris. Mais avant de le laisser s’en aller, la déesse Aurore lui conseilla de mesurer la fidèlité de Procris pendant son absence.

Cette suggestion malicieuse d’Aurore éveilla le doute dans le coeur de Céphale. Il était resté si longtemps absent et Procris était si belle… Céphale se dit qu’il ne serait apaisé, après son retour, par l’arrêt de ce doute que s’il obtenait la preuve que Procris n’aimait que lui. Il se déguisa donc avec l’aide d’Aurore. Lorsque Céphale rentra chez lui ce déguisement était si parfait que personne ne le reconnut.

Céphale fut récompensé de voir avec quelle impatience toute la maisonnée l’attendait mais il n’abandonna pas malgré tout son dessein. Il fut peiné lorsqu’en présence de Procris il vit son chagrin manifeste et son visage marqué par la douleur. Mais il ne pouvait oublier les mots d’Aurore qui avaient semé le doute dans son coeur.

Céphale tenta de séduire Procris, de la rendre amoureuse de cet étranger qu’il était. Il lui fit une cour empressée, simula une passion ardente, il lui rappelait constamment l’infidèlité de son mari. Procris avait toujours la même réponse :  » Je lui appartiens, je l’aime. « 

Mais un jour qu’il la harcelait plus encore, ne ménageant pas ses promesses, Procris hésita… Céphale lui dit alors :  » Je suis ton mari et je suis témoin de ta trahison.  » Procris le regarda puis sans un mot quitta la maison. Son amour pour Céphale semblait s’être transformé en haine. Procris partit dans la montagne pour y vivre seule. Céphale comprit alors le vilain rôle qu’il avait joué. Il chercha Procris partout et implora à genoux son pardon.

Procris n’ accorda pas ce pardon sur le champ, encore blessée par l’attitude de Céphale. Mais de jour en jour, Céphale réussit à la reconquérir et ils passèrent ensemble, quelques années, heureux.

Cependant un jour Procris et Céphale allaient chasser comme ils le faisaient souvent, Céphale prit le javelot magique que Procris lui avait donné en cadeau et qui ne manquait jamais son but. Les deux époux s’étaient séparés dans le bois à la recherche de gibier.

Céphale regarda autour de lui. Il vit alors bouger dans un fourré et pensa qu’un gibier s’y cachait. Il lança son javelot qui trouva sa cible. Mais hélas !…c’était Procris et elle tomba sur le sol le coeur transpercé.

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Conte écrit par Claire le 11 Octobre 2008 d’après une légende empruntée à Apollodore , poète grec  qui vécut vers 150 avant JC et à Ovide, poète latin ( 43 avant JC- 17 ou 18 après JC ).

                                               

CARESSES.

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Lorsque tu m’aperçois après ce long trajet que tu as fait, ton regard me caresse . Tu suis le contour de mon corps, caché,  à la dérobée. Pendant cette promenade dans Paris, tu poses ta main sur mon bras, tu le caresses avec tendresse.  Ton désir est trop fort, tu ne peux t’empêcher de toucher ma peau. Un lien se tisse comme une préface.

Assis l’un en face de l’autre, pendant ce déjeuner, tu continues inconsciemment à me caresser de ton regard, et nos regards se font miroirs. Tes yeux me disent tout ton amour. Tu attrapes ma main sur la table, tu ne peux t’empêcher de la toucher.

Tes caresses ont sur moi un incroyable pouvoir de détente. J’oublie toutes les préoccupations de la journée. Goût du mystère, je les attends….

Ces caresses sont devenues indispensables. J’aime sentir la chaleur de ton corps à travers tes mains parfois maladroites et quelquefois si agiles. J’aime aussi me perdre, chaque jour, dans ton regard si caressant. Tendre, serein et maître de mon corps, tu fournis à ma peau ses habits les plus chauds. Pose tes mains sur moi, caresse moi ! Ne laisse pas ce jour finir sans qu’elles se promènent sur mon corps. Comme il est doux d’attendre ces caresses et délicieux de les retenir !

Tu exprimes ainsi ton désir. Tes mains de soie et tes doigts chauds éveillent chaque jour aussi mon désir. Tu exprimes ta sensualité. Passe tes doigts sur ma peau nue et plonge les ensuite, à l’abri des regards, vers des rivages plus inconnus…

Mais ces caresses ne sont-elles pas le goût de la dépendance. Comment me protèger de toi et du mal que tu pourrais me faire ?… Je t’aime trop…

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Nouvelle écrite et publiée par Claire le 07 Octobre 2008.

CARESSES. dans -Mes romans-nouvelles-essais-poèsies. ecrire

CITATIONS D’HOMMES CELEBRES.

Par la caresse, nous sortons de notre enfance mais un seul mot d’amour et c’est notre naissance.

Paul Eluard.

Caressez longuement votre phrase et elle finira par sourire.

Anatole France.

Le désir s’exprime par la caresse comme la pensée par le langage.

Jean-Paul Sartre.

CEYX ET ALCYONE.

Morphée apparaît à Alcyone sous les traîts de Céyx, gravure de  pour le livre XI des Métamorphoses d'Ovide 

Gravure de pour le livre XI des métamorphoses d’Ovide.

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Céyx , un roi de Thélassie, était le fils de Lucifer, le conducteur des Astres et de la Lumière, l’étoile qui fait naître le jour, et la joie brillante de son père illuminait son visage.

Sa femme Alcyone était aussi de noble naissance. Elle était fille d’Eole le dieu des Vents.

Il avait l’un pour l’autre un tendre attachement et s’il devait se séparer, c’était à regret. Un jour cependant Ceyx dut quitter Alcyone pour un long voyage à travers les mers. Alcyone apprenant ce projet  pleura car elle connaissait mieux que personne le pouvoir du vent sur la mer. Du palais de son père, lors de son enfance, elle avait observé les nuages sombres auxquels son père faisait appel et les éclairs rouges. » Ne pars pas ou partons ensemble Céyx «  dit Alcyone. Ceyx ému demanda le conseil de l’oracle mais il ne voulait pas que sa femme partageât avec lui les périls du voyage. Elle dû cèder et il partit seul.

Cette même nuit une tempête se leva.  Il y eut un ouragan et les vagues s’élevaient comme des montagnes. Sur le vaisseau, les hommes étaient fous de terreur. Céyx était soulagé de savoir Alcyone en sécurité. Il prononça son nom lorsque le bâteau sombra et que les eaux se refermèrent sur lui.

Alcyone comptait les jours. Elle priait pour lui. Ne voyant pas revenir Céyx, elle appela Iris, sa messagère et lui ordonna de se rendre à la demeure de Somnus, dieu du sommeil, pour qu’il lui envoie un rêve qui lui révèlerait la réalité sur le sort de Céyx. Lorsqu’Iris eut accompli sa mission, elle repartit.

Le dieu du Sommeil réveilla son fils Morphée qui vola jusqu’au pied du lit d’Alcyone. Il avait emprunté le visage de Céyx alors qu’il se noyait. Céyx lui dit : « Je suis mort Alcyone. »  » Ton nom était sur mes lèvres lorsque les eaux m’ont submergé. » «  Donne moi tes larmes afin que je ne descende pas sans être pleuré dans le royaume de l’ombre. » Alcyone gémit et tendit les bras pour l’atteindre. Elle cria :  » Attends moi, j’ irai avec toi.  » Son cri la réveilla.

Aux premières lueurs de l’aube , elle se rendit sur la grève, sur le promontoire d’où Céyx était parti. Elle vit quelque chose qui flottait au loin. La marée montait et elle voyait maintenant que c’était un cadavre.  Il était près du promontoire, tout près d’elle. Elle courut et se jeta à l’eau :  » Mon époux, mon époux !  » Et alors au lieu de s’abimer dans les flots, elle vit qu’elle les survolait. Elle s’était transformée en oiseau, l’alcyon ( Martin-pêcheur ). Les dieux firent de même pour Céyx, par Bienveillance. Céyx fut transformé également en oiseau et la rejoignit. Depuis, on les voit toujours ensemble volant au-dessus des vagues.

Il y a 7 jours dans l’année au cours desquels la mer est calme. Aucun vent n’agite les eaux. Alcyone alors couve son nid qui flotte sur la mer.  » ces jours sont appelés les jours d’alcyone.

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Légende écrite et publée par Claire le 04 Octobre 2008, d’après un conte d’Ovide, poète latin ( 43 av JC – 17 ou 18 apr JC ).

 

JASON ET MEDEE.

 Médée, par Eugène Delacroix (1862)

Médée par Eugène Delacroix ( 1862).

JASON ET LA TOISON D’OR.

Jason  avait enfin atteint les eaux rapides du Phase. Il arriva chez le roi Aeétès. Ce dernier lui souhaita la bienvenue. Il dit à Jason de se baigner et de se rafraîchir.  Ce fut après que Jason lui demanda la toison de Phrixus mais le roi lui  imposa un nombre effroyable de travaux. Jason devait montrer sa bravoure. Il s’agissait de mettre sous le joug deux taureaux qui avaient les pieds d’airain et qui vomissaient des flammes puis de leur faire défricher un champ. Il en sortirait alors une moisson d’hommes armés qu’il fallait aussitôt exterminer. Dans le champ se trouvait aussi un dragon qui veillait jours et nuits sur la toison d’or.

Cependant l’Amour s’empara de la fille d’Aeétès, Médée, qui était aussi magicienne. Elle se demanda pourquoi les ordres de son père lui paraissaient si durs. Elle était étonnée parce qu’elle n’avait vu seulement qu’une fois Jason et qu’ elle craignait déjà pour sa vie.  Si je ne lui porte pas secours, se dit-elle, il périra. L’expression de son visage, la noblesse de son âme, le charme de sa personne ne me permettent pas de craindre de sa part une perfidie et l’oubli de mes bienfaits.

Je vais donc quitter mon pays pour le suivre. Mon père est cruel, mon pays barbare et mon frère encore enfant. Tout est précieux dans ce qui m’attend. Je pourrai sauver la jeunesse Achéenne, je vivrai dans un pays plus favorisé, je verrai des villes connues jusqu’ici, d’autres civilisations et d’autres arts. De plus, quand j’épouserai Jason, on me déclarera heureuse et aimée des dieux. Il n’y a pas de mer si lointaine que je sois prête à parcourir pour lui. J’épouserai donc Jason.

Médée se dirigea vers les antiques autels d’Hécaste, fille de Persés. Elle avait réussi à stopper la brûlure de la passion qui lui dévorait le coeur. Mais quand elle aperçut Jason, ce feu se ralluma. Elle le contrempla comme si elle le voyait pour la première fois. L’étranger lui parla et lui prit la main. Il lui demanda de lui venir en aide et lui promit de partager sa couche.

Médée lui dit alors que ce n’est pas l’ignorance mais l’Amour qui la guidait vers lui. Il sera sauvé grâce à elle. Elle lui demanda de tenir sa promesse d’en faire son épouse lorsqu’il serait sauvé. Jason engaga sa foi sous serment.

Le lendemain le peuple se rassembla dans un champ consacré au dieu Mars. Voici que les taureaux exhalent de leurs naseaux de la vapeur chaude.  Jason s’ approcha des taureaux.  Ils se tournaient sur le côté. Ils mugissaient et frappaient le sol. Jason s’avança toujours insensible. Jason tint la pesante charrue et labourra le champ. Des guerriers se dressaient au-dessus du champ. Ils étaient prêts à lancer le javelot à la pointe acérée. Médée présente pâlit à la vue de tant d’ennemis. Elle fit entendre pour le secourir un chant magique. Jason lança alors au milieu de ses ennemis une lourde pierre. Il repoussa loin de lui la fureur de Mars. Ses frères issus de la terre périrent sous les coups qu’ils se donnaient mutuellement.

Par les herbes, il convenait encore d’endormir le dragon vigilant, monstre hideux aux trois langues et aux dents recourbées.  Médée jetta sur lui une plante dont le suc avait les effets du Léthé puis elle prononça des paroles qui amenèrent le sommeil. Il s’endormit.

Jason s’empara de la toison d’or qui était suspendue à un hêtre. Il emmèna avec lui celle qui l’avait aidé, Médée, sur son bâteau. Il aborda avec son épouse au port d’Iolcos.

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Conte écrit par Claire le 01 Octobre 2008 d’après Ovide, poète latin ( 43 AV JC -17 ou 18 après JC).

Les métamorphoses

 

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