AL MAARI et ADONIS.

 AL MAARI et ADONIS. dans -Hommes célèbres. books

PREMIERE PARTIE.
AL MAARI OU ABOUL ALAA EL MAARI.dove.gif

QUI EST AL MAARI ?

 » Le temps est un oiseau qui prend l’espace. Attrape le ! Toute la sagesse tiendra dans ta main. « ( Autres Pensées de Al Maari.)

Aboul Alâ El Maari ou Al Maari ( 973-1057) est un grand poète et philosophe arabe connu pour son originalité et sa virtuosité. De son oeuvre se dégage un grand pessimisme. Ses poèmes philosophiques font ressortir une profonde tristesse de l’existence. Mais ce pessimisme conduit Al Maari à un départ vers toutes les reflexions philosophique. Al Maari développe la frontière entre l’invisible et l’indiscernable, entre quelque chose que nous sommes et le Rien qui nous guette.

Al Maari était un descendant de la tribu Tanukh. Il naquit près d’Alep en actuelle Syrie en 979. Une maladie d’enfance, la variole, le laissa pratiquement aveugle. Il fit ses études à Alep, Antioche, puis à Tripoli au liban. Il commença sa carrière littéraire soutenu par des petits revenus privés. Rentré chez lui ses talents intellectuels lui valurent d’être très connu et renommé ce qui lui permit d’aller à la cours de Bagdad. A Bagdad, il est bien reçu dans les salons littéraires les plus cotés. Mais il refuse de vendre ses panégyriques et alors il ne put trouver des mécènes sûrs. Après 2 ans à Bagdad, il revint en Syrie du Nord, auprès de sa mère du fait de sa mauvaise santé, en 1010. Déçu, il renonça à la richesse matérielle et se retira dans une habitation reculée dans laquelle il vécut dans des conditions modestes. Al Maari y recevait de nombreux étudiants qui vinrent étudier avec lui. Il entretint également une grande correspondance.

Al Maari se veut l’avocat de la justice sociale et de l’action.  Il se révolte contre l’injustice des puissants à l’égard de la misère.

 » Des gens prétendent diriger leurs semblables, Cette direction est aussi tyrannie. » ( Al Maari, Autres Pensées ).

 Il combat la bêtise de ses contemporains et la vanité des humains. Il a un dégoût à l’égard de la société humaine et la certitude de choisir la bonne voie en optant pour la solitude. Mais bien que pessimiste il fut attiré par le miracle de la vie. Il se questionna sans cesse. Il mena une vie d’ascète jusqu’à sa mort en 1059.

 » C’est au milieu de la foule que je m’ensauvage, ma solitude n’est autre que livre de mon humanité.  » ( Autres Pensées de Al Maari.)

L’ OEUVRE DE AL MAARI.

Al Maari écrivit  ses premières poésies qui furent rassemblées dans le Saqt az-zand de ( l’étincelle d’amadou ) qui eut une grande popularité.

Il écrivit un deuxième recueil de poésies plus original, Luzum Ma Lam Yalzam ( la nécessité inutile) ou Luzûmiyyât ( les nécessités ) se rapportant à la complexité inutile de l’arrangement des rimes.

 Dans Risalat Al-Ghufran, le poète visite le paradis et rencontre ses prédécesseurs païens qui ont trouvé le pardon. On dit que Dante s’en serait inspiré dans son oeuvre » La divine Comédie ». Cette oeuvre a été mal ressentie par les musulmans. On peut penser aussi que Al Maari a été saisi par le doute. L’ouvrage Al-Fasul-Wa-Al-Ghayat  ( paragraphes et périodes) en prose rimée fut même traité de parodie du Coran.

Dans son oeuvre, Al Maari porte en lui une force amère et en même temps est séduit par le miracle de la vie. La richesse est en premier le seul fait d’Etre. Etre se suffit en soi mais on ne peut s’en contenter car la vie n’existe qu’avec des mots. La pensée est là qui veut comprendre, c’est à dire nommer. Le poète devient le catalyseur de l’âme et de l’esprit. On ne peut pas échapper aux sentiments, aux émotions et au désespoir mêlé car l’homme est imparfait. Ce n’est qu’avec l’écriture que l’on peut exprimer, le Beau. On ne peut pas arrêter le temps qui nous mène vers une fin. Le poète n’ écrit pas pour obtenir la gloire ou la prospérité mais pour que sa vie ait un sens. Le poète, demi-dieu dans le monde grec, rejoint alors les mythes et le divin. Se nourrir du savoir c’est échapper à Rien par la force des mots.

 » La pensée est une corde. Si on en saisit un bout, ce même bout sera relié aux pleiades.  » ( Autres Pensées de Al Maari.)

Malgré la souffrance qui transparait dans son oeuvre, les mots, la lumière nous parviennent.

Il s’écria :  » Réveillez vous, réveillez vous, ô égarés ! vos religions ne sont que subterfuges des anciens.  » ( Religion de Al Maari ).

Aujourd’hui un musulman n’oserait pas dire de tels propos. Dans le monde de Al Maari, la pensée était dominante. De plus, les périodes de doute pouvaient être exprimées.

 » Les hommes sont paroles du temps, Il est inévitable qu’elles subissent modification et changement.  » ( Al Maari, Autres Pensées. )

En novembre 2007, son oeuvre est interdite d’exposition au Salon International d’Alger.

DEUXIEME PARTIE .

ADONIS, LE POETE.    Adonis

Adonis, de son nom Ali Ahmed Saïd Esber, est un poète et critique littéraire né au Nord de la  Syrie à Qassabine près de Lattaqué le 01 Janvier 1930. Il est l’auteur d’une cinquantaine de recueils, d’études critiques, d’essais et de traductions.

Adonis à 12 ans proclame sa poèsie et séduit. C’est alors qu’il veut rejoindre l’assemblée des poètes locaux pour honorer le Président, Choukri Al-Kouvatli. En effet, Adonis commence à travailler dans les champs très jeune mais son père refuse de voir son fils se contenter de l’agriculture et l’incite à apprendre la poèsie. Bien que ses parents s’y opposent, il s’échappe pour rejoindre la ville voisine où le Président Syrien se trouve. Ecarté, il décide tout de même de s’imposer et parvient à se faire entendre.

Le gouvernement, comme la foule, est ébahi et tombe sous son charme. Le Président qui le remarque demande à le rencontrer et décide de lui payer une bourse.

Il part à l’école , au lycée français de Tartous en 1942 puis à Lattaqué où il obtient son baccalauréat en 1949. Il entre ensuite à l’Université Syrienne de Damas qu’il quitte en 1954 avec une licence de Philosophie.

Il publie sous le nom d’Adonis, en référence au dieu d’origine phénicienne symbole du renouveau cyclique.

En 1955, il est emprisonné 6 mois pour appartenance au Parti Nationaliste Syrien. En 1956 libéré, il s’enfuit à Beyrouth au Liban et y fonde avec le poète Syro-Libanais Youssouf Al -Khal dans les années 1960, la revue Chi’r (ou Chiir, poèsie ).

Le recueil Les Chants de Mihyar le Damascène paraît en 1961 et symbolise l’un des actes fondateurs de la poésie arabe moderne. La traduction en français, qui aura lieu en 1983, marquera pour Adonis le début de sa reconnaissance mondiale.

Il prend la nationalité Libanaise en 1962. En 1968, il fonde la revue Mawâkif ( Positions ).

Il traduit en arabe Baudelaire, Henri Michaux, Saint-John Perse et en Français Aboul Alaâ El Maâri, cité ci-dessus. Adonis considère Al Maari comme un de ses maîtres.

Postface d’Adonis pour parler de Al Maari  » Dans le passé tu étais aveugle, mais maintenant tu es avenir, (…) « 

Suite à la guerre libanaise, il fuit le Liban en 1980 pour se réfugier à Paris en 1985. Il est le représentant de la ligue arabe de l’Unesco.

Adonis dit lors d’une conférence à la Bibliothèque Nationale d’Alger le 15 Octobre 2008 : » Je parle de l’Islam en tant qu’ordre, institution mais pas en tant que croyance ou expérience personnelle que je respecte et défends. Chaque personne a le droit d’avoir une croyance  ». ( Fayal Métaoui- El Watan du 15 Octobre 2008. )

En parlant de l’individu, en Algérie : «  Son identité ne lui appartient pas au nom d’une lecture de la révélation divine. Celle-ci est transformée en institution politique dominante articulée sur une vérité absolue qui conduit à la soumission et à l’allégeance. Personne n’y échappe  », ( Fayad Métaoui-El Watan du 15 Octobre 2008 ).

Le poète Adonis a critiqué ainsi l’institutionnalisation de l’islam lors de sa visite en Algérie.

Il est à noter qu’ après la venue d’Adonis, l’écrivain Amin Zaoui, directeur de la Bibliothèque Nationale Algérienne, a été limogé le 26 Octobre 2008.

Adonis est l’ un des plus grands poètes arabes vivants. Son oeuvre révèle plusieurs thèmes : l’injustice, la dictature, la guerre, la misère etc…

On ne peut pas évoquer la modernité sans parler d’Adonis. Il a combattu l’ennui qui caractérisait la poésie arabe et les règles rigides qui en étaient liées. Il a donné à la langue arabe un autre souffle. ( Fayad Métaoui- El Watan du 15 Octobre 2008.)

Claire.   background-2008_039.jpg                            

Article écrit et publié par Claire le 29 Septembre 2008, et complèté en Octobre et Novembre 2008. Claire a voulu ici parler de grands auteurs arabes qui nous ont apporté et nous apportent l’Amour, la Philosophie, la Poésie et la Beauté.

 


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5 commentaires

  1. Ouarda Naïma dit :

    Une lumière… Un temps qui passe.

    Merci et paix sur l’âme du poéte EL Maâri, Adonis aussi

  2. tom dit :

    En ces temps brutaux,le verbe n’est d’aucun secours.

    La croyance n’est pas inertie.

    Le verbe est l’inertie…

  3. Jean-jacques Sastre dit :

    Très bonne dissertation sur Al Maâri, timbrifié en Syrie. Je cherche désespérément les traductions de ce poète. Pouvez vous m’aider? Merci.

  4. Nahabieh dit :

    Claire, Bonjour. Deux mots valent mieux qu’un journal:
    Bravo et Merci.

  5. Ibrahim dit :

    Al Maari avait raison d’être pessimiste et végétarien (il reprochait qu’on puisse manger de la viande, ce fruit de l’injustice) : l’humain possède à lui seul le don d’être cruel, de préférence envers plus faible que lui (envers les animaux, les femmes et les enfants tout particulièrement) ; en mille ans tout a empiré ; encore mille ans de plus, et l’humanité pourra se suicider, incapable de défendre les créatures, puisqu’obsédée par des idées et ses pulsions de dominateur infini…

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