L’ECRIVAIN.

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 Michel J Cuny, le procés impossible de Charles de Gaulle.

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Chantal-0 dans -le processus de création.

PREMIERE PARTIE.

 

LES RETROUVAILLES AVEC L’ECRIVAIN :

Lorsque je le vis plusieurs années après avoir quitté le lycée….

il avait dans son apparence quelque chose de très féminin.

Il avait beaucoup de finesse dans sa morphologie, les traits de son visage étaient réguliers, sa voix était fine et il parlait de façon précieuse.

Il avait des mouvements aériens avec son corps qui rappelaient ceux qu’auraient pu avoir une femme.

Ses cheveux étaient coupés en arrondi , ils étaient longs et descendaient dans la nuque.

Il était souvent,  en apparence très calme, avait une voix douce . Il  était très galant et prévenant.

Lors de ses appels téléphoniques, il me parlait de ses nombreux déplacements en France.

Il décrivait les lieux qui l’entouraient , les différents paysages qu’il découvrait , sa voix s’illuminait lorsqu’il observait de beaux sites.

Il partait également à l’étranger, en Suisse où il était allé voir la maison de Voltaire, en Espagne où il avait vu une exposition du peintre Magritte etc….

Lorsqu’il était venu à Paris et qu’il me rencontra, il ne cessait de capter mon regard et noyait le sien dans mes yeux bleus turquoises.

Il buvait dans ce regard comme un enfant aurait bu à l’ eau claire d’une source. Son regard était si intense que j’étais obligée de mettre ma main devant mes yeux pour l’arrêter. Ainsi je n’étais pas intimidée et je gardais de l’assurance dans ma parole.

Puis il captait à nouveau ce regard turquoise comme s’il y trouvait des merveilles.

Il ne cessait de m’observer comme s’il voulait rattraper ces années où il n’avait pas pu me côtoyer.

Il était parfois étrange dans les propos qu’il tenait, un peu mystérieux comme s’il venait d’un autre monde.

Il était aussi toujours à l’écoute de l’autre. J’avais l’impression qu’il analysait chacun de mes propos. Il disséquait chaque mot pour retrouver son origine et sa place exacte. Il voulait en connaître tout le sens, même celui qui aurait pu être masqué.

Il me disait qu’il avait besoin de faire ce qu’il ressentait.

Il était rêveur et réaliste en même temps.

Il aimait lire des livres à voix haute pour mieux se rendre compte des textes  et pour entendre les mots qui étaient nés de l’écriture des auteurs.

Il disait qu’il avait trouvé dans certains écrits comme ceux de Nietzsche, de Freud, de Lacan sa voie vers l’écriture et la compréhension de la vie. Il pouvait détester d’autres livres s’ils ne contenaient pas les éléments qui auraient dû s’y trouver. Il pouvait lire des journées entières sans s’arrêter. Il énonçait les livres qu’il lisait.

Il aimait écrire hors de son domicile. Les espaces qu’il choisissait se trouvaient dans des cafés lumineux où il pouvait voir du monde et en même temps où il pouvait  se retrouver isolé.

Il écoutait de temps en temps les conversations des personnes qui l’entouraient. Mais il vivait aussi avec les personnages de ses romans.

Il donnait son être à l’écriture et parfois il en perdait la voix comme s’il  lisait en même temps avec sa gorge , c’était un fait inexplicable.

Pour un évènement il pouvait se courroucer. Il avait besoin d’exprimer son mécontentement. Je me faisais alors toute petite et j’essayais de lui expliquer ensuite calmement ma pensée.

Nos perceptions pouvaient être différentes et  entraînaient parfois chez l’autre quelques contrariétés. Nous repartions alors meurtris et la vie reprenait son cours.

Il me faisait découvrir des lieux et il avait envie de me faire partager son enthousiasme. Il me transmettait les sensations que des artistes avaient ressenties avant lui. Il essayait de me faire aussi rencontrer la  » Beauté  » qui se trouvait dans les écrits, les sculptures, les peintures, les lieux créés par l’homme etc…

Au musée d’Orsay à Paris, il me montrait Cézanne comme créateur d’un art nouveau, annonçant déjà  l’évolution d’une autre peinture, le cubisme, dont des peintres comme Pablo Picasso sont les leadeurs.

Il me parlait des êtres qu’il avait rencontrés pendant son adoscence qui étaient exceptionnels et qui avaient été des rencontres indispensables pour son métier d’écrivain.

Il disait qu’il contactait chaque jour des individus qui l’aidaient dans sa voie artistique mais qu’ il s’y sentait souvent seul et sans appui.

Mais à chaque fois de nouvelles rencontres, avec les personnes qu’il choisissait,  le grisaient et le nourrissaient intellectuellement.

Chaque moment de sa vie avait été important pour son évolution d’artiste. Il continuait chaque jour  à étudier , à observer. Il avait l’impression d’évoluer sans cesse  et que sa vie serait trop courte pour qu’il puisse s’enrichir totalement et donner à chacun le meilleur de lui-même.

Lorsque je lui demandais pourquoi il n’avait pas d’enfant, il répondait qu’il ne pouvait pas dépenser son temps avec un enfant , qu’il devait le partager avec l’écriture, l’art, la philosophie, la psychologie etc… ce qui lui prenait chaque moment de sa vie. Il avait besoin d’une certaine liberté.

Il faisait ce métier d’écrivain avec plaisir et sans contrainte. Ses recherches illuminaient sa vie.

Il ajoutait souvent  que j’étais un peu comme lui et qu’il aurait aimé que je l’accompagne à chaque période de sa vie.

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DEUXIEME PARTIE.

 

 L’ OEUVRE :

Il était très sensible.

Il me livrait les extraits de ses livres.

Il me disait qu’il écrivait avec son sang.

Il ressentait chaque moment au plus profond de son être.

Il me parlait du nombre de pages qu’il avait rédigé et qu’il devait encore rédiger et de la quantité de pages prévues déjà avant que son livre soit terminé avant qu’il soit totalement écrit.

En lui son nouveau livre se construisait. Comme une araignée tisse sa toile, il le tissait. Il se préparait sans qu’il le sache vraiment. Il accumulait une à une ses connaissances pour en faire une histoire.

Il recherchait la vérité pour la communiquer à chacun de ses lecteurs. Il ne devait à aucun moment commettre une erreur d’interprétation.

Cette accumulation de connaissances durait des années mais lorsqu’il se rapprochait de l’ oeuvre qu’il allait la commencer, elle avait déjà été fabriquée en lui.

Alors comme une femme attendant un enfant, qui était arrivée au terme de sa grossesse, il accouchait. Mais pour lui c’était l’ « oeuvre » comme pour la femme c’était l’enfant.

Des heures durant il y mettait son coeur et son âme. La vie alors s’arrêtait autour de lui. Chaque mot se dessinait sur la page.  Chaque personnage se mettait à vivre sous son stylo. Il le promenait inlassablement sur chaque ligne et les pages se noircissaient. Il les comptait pour pouvoir équilibrer son oeuvre.

Sa pensée était traduite par des mots qui se rejoignaient. Cette épreuve d’artiste serait bientôt terminée. Et chacun de nous pourrait la posséder et la lire.

Il tournait une à une les pages à l’intérieur de lui. Elles se construisaient en lui. Elles étaient ensuite copiées et le livre était terminé.

Puis la page de la couverture était choisie avec soin ainsi que l’image qui y serait déposée, symbole de ce livre. Le nom de l’auteur s’inscrivait souvent en lettres rouges , toujours la couleur de son sang .

Il restait encore à mettre en annexe les références des livres utilisés, à faire les liens entre les paragraphes, à les équilibrer. Il devait encore y apporter les dernières corrections, le lire et le relire avant qu’il soit imprimé.

Une épreuve lui était remise après qu’il ait été enregistré sur le logiciel prévu à cet effet . Il devait atteindre la perfection.

Il choisissait alors le nombre de livres qui seraient édités et que nous pourrions chacun posséder.

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TROISIEME PARTIE.

 

L’ANGOISSE APRES L’OEUVRE :

Il se retrouvait alors dans les lieux publics. C’était aussi celà le travail de l’artiste.

Il devait répondre aux questions des journalistes qui feraient la promotion de son livre.

Mais l’écrivain restait anxieux. Comment ce livre serait-il accueilli ? Les journalistes oseraient ils en parler ? Les lecteurs allaient-ils l’apprécier ? Et s’il s’agissait d’un livre engagé politiquement, il appelait diverses personnes pour avoir leur ressentiment et être sûr qu’il comblerait leur attente.

Il se posait diverses questions. Les personnages qu’il avait choisis ne seraient ils pas contestés? Les descendants de ces personnages ne seraient ils pas choqués?

Mais cette vérité devait être transmise, la connaissance devait continuer d’éveiller la critique et son choix devait permettre d’améliorer le savoir de la société.

Il angoissait aussi car il devait quitter les personnages qui l’avaient longtemps habité . Il devait les tirer de lui,  pour pouvoir penser à ce nouvel écrit qui gagnerait à nouveau sa personne de la même façon. Ce passage était douloureux et l’entrainait dans une petite dépression.

Il devait renaître des cendres de ses personnages. Il devait les quitter alors qu’il avait passé de nombreux mois avec eux. Il devait partir vers de nouvelles images qui s’installeraient en lui et qui le happeraient .

Son angoisse disparaîtrait lorsque de nouvelles identités se seraient emparées de lui.

C’était celà aussi la vie d’écrivain. Il était sans cesse envahi par de nouvelles émotions. Ces émotions  ne le laisseraient jamais jusqu’à son dernier souffle. De son corps comme des clones de nouveaux personnages se mettraient à vivre. Il était venu au monde pour eux et pour nous les faire connaître.

Il n’avait alors  plus pour sa bien aimée autant de délicatesse. Il était déjà pris par cette oeuvre qui l’envahissait et ne pouvait qu’être son chef d’oeuvre, le meilleur à chaque fois.

Il avait pourtant besoin d’elle à ses côtés. Il avait aussi besoin en retour d’être aimé et d’être rassuré.  Elle n’était pas seule avec lui mais elle partageait aussi cette épreuve d’artiste.

Elle en avait la primeur. Elle connaîtrait l’oeuvre avant son public. Elle avait pu aussi le guider à sa demande sur l’évolution d’un des personnages.

Sa bien aimée savait aussi que cette angoisse l’éloignerait d’elle. Et elle sentait que durant cet éloignement l’écrivain lui échappait. Elle se sentait alors seule et abandonnée.

Elle devait alors analyser cette situation nouvelle pour aussi renaître et puiser la force en elle qui lui permettrait de recommencer avec lui une nouvelle vie.

Elle devrait alors rechercher les moments de bonheur qu’ils partageaient ensemble et que nul autre ne pourrait lui donner. Ils devraient retrouver leur propre équilibre et leur identité.

Il était près d’elle et celà lui suffisait Ils se retrouveraient pour s’aimer et s’aimer encore. Et il la ferait rêver.

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QUATRIEME PARTIE.

 

L’AMOUR ET L’ECRIVAIN :

Lorsqu’il aimait il devait déjà connaître l’esthétique du corps de sa bien aimée. Chaque mouvement, chaque particularité de ce corps était un attrait pour lui.

Il devait le découvrir à la dérobée. Il parcourait chaque contour de sa silhouette. Il connaissait chaque particularité de ses muscles lorsqu’ils étaient en tension.

A une exposition par exemple, il s’arrangeait pour s’éloigner d’elle pour étudier les mouvements de ce corps, chaque sourire, chaque expression, chaque regard.

Dans l’intimité, il aimait aussi la regarder à distance pour observer tous les galbes de ce corps,  sous différentes luminosités. Il aimait ce corps et ses multiples facettes.

Il faisait découvrir à sa partenaire l’amour d’une manière toujours différente.

Ses recherches de l’amour étaient toujours accompagnées de visites de châteaux, de sites merveilleux, d’art où ils étaient en présence de l’ »Amour et de la Beauté ».

A chaque fois qu’elle s’abandonnait à lui , elle savait qu’elle allait à la découverte de nouveaux instants sublimes. Mais il ne serait pas entièrement dépendant d’elle et il la dominerait.

Il l’emmènerait au paradis des plaisirs sans qu’il s’abandonna réellement à elle. L’acte d’amour n’était pas pour lui essentiel et il retardait son moment.

Elle savait qu’elle ne pouvait pas avoir des exigences sur sa vie et qu’il ne lui appartiendrait jamais totalement. Elle devait le partager à chaque instant avec d’autres aussi bien avec ceux qui étaient en lui et avec ceux qui  lisaient ses livres ou qui voulaient le rencontrer.

Néanmoins,  elle aimait cet homme car elle était touchée par sa sensibilité et la beauté de ses mots. Il était aussi fragile et il avait besoin d’elle.

Elle ne pouvait qu’attendre ces moments qu’il voulait bien lui donner.

Certaines fois elle se demandait s’il ne se lassait pas de sa présence et si elle ne devait pas disparaître de sa vie. Mais elle avait besoin de lui et à chaque fois elle l’attendait.

Il était dans son monde et il fallait qu’elle accepte d’en être exclue par moment . Personne ne pouvait alors y entrer.  Il était égoïste et pensait en premier lieu à son art. Il était prêt à tout sacrifier pour son oeuvre.

Il avait aussi besoin de renouveau autour de lui et demain elle ne savait pas s’ il aurait encore besoin d’elle à ses côtés….

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Chantal-0

CINQUIEME PARTIE.

 

L’ART ET L’ECRIVAIN :

Lorsqu’il visitait un site, un château, il s’émerveillait . Il passait devant chaque sculpture, chaque peinture . Il parlait de chaque personnage qu’il connaissait.

Il disait qu’il avait besoin de l’Amour et de la Beauté pour créer. Sa sensibilité se mettait en marche et il complètait et affinait ses connaissances lors de ces visites. Il se promenait sur différents sites et il s’enrichissait.

Il aimait aller dans des bibliothèques. Là dans le silence,  il complètait sa pensée par celles des autres auteurs des siècles passés et présents. Il prenait dans ces bibliothèques de  nombreuses notes qu’il portait sur des cahiers et qu’il pouvait emporter. Elles lui serviraient à l’écriture de ses prochains livres. Cette bibliothèque était pour lui un lieu sacré.

A son domicile, il aimait écouter à chaque instant de la grande musique, du jazz, des opéras de différentes époques. Il la décomposait en prenant des partitions . Il avait besoin d’entendre aussi ces compositeurs et chanteurs.

Il jouait aussi de la guitare classique et moderne. Il aimait jouer du Brassens et il berçait avec sa voix sa bien aimée.

Il connaissait chaque particularité des grands hommes de l’histoire d’hier et d’aujourd’hui.

Il analysait leur manière d’écrire qui était propre à chacun. Il aimait ceux qui avaient été des novateurs,  comme Flaubert.

L’art était pour lui nécessaire. Il faisait partie de tous ses instants. Il pouvait librement tout quitter car aucune contrainte, en dehors de ses écrits, ne pesait vraiment sur lui.

Il aimait échanger des paroles avec des artistes de divers endroits qui partageaient les mêmes connaissances ou des connaissances différentes de lui. Des propos duraient des heures et il appréciait leur compagnie.

Il aimait l’art plus que tout et pour lui il était prêt à tout remettre en cause. C’était un artiste, un écrivain !

CLAIRE.    background-2008_039.jpgelfegiffanime2.gif

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Essai écrit par Claire de 2003 à 2007, en observant le monde d’un écrivain . Mais c’est aussi un hommage à  » Rémi « .

En effet, l’écrivain nous transmet l’Amour et la Beauté.

ecrire Publié par Claire le 09 Mars 2008.    background-2008_039_thumb1  

 

 


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2 commentaires

  1. Chantal, bonjour ! Tu trouves mes écrits intéressants mais les tiens le sont pareillement. Ton histoire d’écrivain est très bien faite. J’ai comme l’impression que nous avons pas mal de points commmuns en ce qui concerne la littérature et l’art. Bon week-end
    NAGUERE

  2. Bonsoir Chantal

    Magnifique article sur l’écrivain
    on voit que tu les connais bien pour en être
    une, toi aussi;
    Je me retrouve parfaitement ds la description de la première partie, certains passsages pourraient me concerner totalement
    et je trouve cela étrange…
    Mais…SAUF pour les enfants, je suis père de deux grands garçons de 25 et 20 ans et franchement j’adore et j’ai beaucoup aimé leur servir de guide
    A
    JACKY

    Dernière publication sur Poèmes à la Carte : L'UN indivisible

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