DANTE ET BEATRICE.

 

 

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Dante 

 

 

Dante et Béatrice.

Dante Alighieri ( 1265-1321) est âgé d’à peine 9 ans lorsqu’il rencontre Béatrice Portinari (1266-1290). Béatrice Portinari épouse Simone de Bardi et meurt à l’âge de 24 ans.

Certains disent que Béatrice n’a jamais existé dans la réalité, mais les témoignages contemporains sont formels sur son existence et les dates données y correspondent.

Béatrice, lors de ses rencontres avec Dante,  ne semble accorder aucune attention particulière à celui-ci  mais, touché par la Beauté, elle deviendra l’incarnation divine qui l’ inspirera pendant toute sa vie et qui marquera son oeuvre .

Bien qu’à l’âge de 12 ans son mariage fut négocié par sa famille avec Gemma, fille de Messer Manetto Donati, qu’il épousa ensuite et avec laquelle il eut plusieurs enfants, Dante ne cessa d’aimer et de penser à Béatrice.

Dans Vie Nouvelle ( Vita Nuova ) constituée de 31 poèmes et 42 chapitres en prose, Dante évoque sa première rencontre avec Béatrice à l’âge de 9 ans .

Dans Vie Nouvelle, oeuvres complètes, librairie générale française 1996, page 27 :  » Elle m’apparut revêtue d’une très noble couleur, humble et honnête, rouge sang, ceinte et ornée comme il convenait à son très jeune âge. A ce moment, je dis en vérité que l’esprit de la vie, qui demeure en la chambre la plus secrète du coeur, commença à trembler si fort, qu’il se manifesta horriblement en mes plus petites veines. « 

 Page 28 dans Vie Nouvelle , même collection :  » Dès lors je dis qu’Amour s’empara de mon âme, qui lui fut si tôt soumise, et commença à prendre sur moi telle assurance et tel pouvoir, par la force que lui connait mon imagination, qu’il me fallait exécuter complètement tous ses désirs. Il me recommandait maintes fois de chercher à voir ce jeune ange. »

 Page 28,  dans Vie Nouvelle même collection : «  Passant dans une rue, elle tourna les yeux vers l’endroit où j’étais, plein d’effroi. « 

 Page 31, même collection : «  Depuis cette vision , mon esprit naturel, commença à être empèché dans ses fonctions, parce que l’âme était toute occupée à cette noble dame « .

Puis Dante parle de sa 2ème rencontre avec Béatrice,  à l’âge de 18 ans, le 9ème jour du mois. Le chiffre 9 est ici un chiffre symbolique. Dante dit alors sa passion pour Béatrice .Le chiffre 9, symbole de la perfection (3 fois 3), domine toute la structure de Vie Nouvelle.

Vie Nouvelle, page 31, même collection :  » Un jour il advint que cette très noble dame était assise en un lieu où l’on entendait louer la Reine de gloire, pour moi j’étais à une place où je voyais ma béatitude. »

Vie Nouvelle, page 37, même collection : «  Or revenant à mes propos, je dis qu’après que me fut refusée ma béatitude, je fus pris d’une telle douleur que, quittant les autres, solitaire j’allai baigner la terre de mes larmes amères. »

Béatrice se maria mais l’amour que Dante portait à Béatrice n’en fut pas diminué.

Dante a eu un rêve prémonitoire sur la mort de Béatrice,  Vie Nouvelle, page 29 même collection :  » Il s’efforçait tant et de toutes ses forces qu’il lui faisait manger la chose brûlant entre ses mains, que craintivement elle mangeait. Peu après sa joie se changeait en des pleurs très amers. Ainsi pleurant il reprenait cette dame dans ses bras et il semblait qu’avec elle il s’en allait au ciel (….). »

Page 29 : «  J’en éprouvais une telle angoisse que je ne pus poursuivre mon faible sommeil, mais qu’il fut interrompu et que je me retrouvai réveillé. »

Lorsque Dante apprend la mort de Béatrice, il rentre dans une profonde tristesse. Il la pleura et jura qu’elle vivrait éternellement dans son souvenir, dans le souvenir des hommes et par son oeuvre, il tint parole.

Vie Nouvelle pages 55, 56, même collection :  » quelques jours après, il advint qu’en quelque partie de mon corps me prit une douloureuse maladie dont je souffris cruellement pendant neuf jours. »

Encore dans cette dernière citation, le chiffre neuf s’impose à son oeuvre. Il sombre dans un abîme de tristesse. Cette douleur mènera Dante vers la Théologie et la Philosophie.

Dans le Banquet , page 249, chapitre XV,  même collection :  » Ainsi, à la fin de ce livre, je dis et affirme que la dame dont je m’épris après mon premier amour, fut la très belle et honnête fille de l’empereur de l’univers, que Pythagore nomma Philosophie. »

L’Eternel Féminin est donc devenu l’ initiateur de l’âme de Dante, le centre de sa vie et son chef d’oeuvre.

Il recherche Béatrice à travers les visions de la  » Divine Comédie  » ( Comédia) , écrite à la première personne, à travers le  » je  » fait nouveau dans les littératures romanes.

Dante est dans une forêt profonde et noire.  Dante doit pénètrer dans l’au-delà.  Puis secouru par Virgile que Béatrice a envoyé pour lui apporter son aide, Dante descend au royaume des pêcheurs, l’Enfer ( 1+33 chants), Puis accompagné toujours par Virgile, il ira au Purgatoire ( 33 chants) puis au Paradis où Béatrice le rejoint ( 33 chants également). En effet, à la porte du Paradis Béatrice prend le relais, après sa terrible traversée de l’Enfer et du Purgatoire et va le guider jusqu’à l’être divin.

Dante retrouve ici Béatrice. Elle dit à Dante que bien qu’il l’ait quelquefois oubliée, jamais la nature ou l’art n’avaient pu lui offrir un plaisir pareil à celui qu’il avait ressenti en admirant sa Beauté.

Produit d’un long travail commencé environ vers 1306 et presque jusqu’à la mort de Dante, la  » Divine Comédie » n’est elle pas le reflet d’un rêve prémonitoire que Dante a  écrit et a fait sur sa propre mort, comme celà s’était passé autrefois pour Béatrice.

La  » Divine Comédie » est aussi un message d’espoir pour l’humanité toute entière, la promesse du salut pour chacun.

Béatrice est donc dans l’oeuvre de Dante la femme la plus idéalisée par le plus pur et le plus désinteressé des amours. Elle est aussi l’image de l’ Amour, de la Beauté et du Désir de Dante pour Béatrice.

 dans -Analyse livres d'AmourDante Gabriel Rossetti’s Beata Beatrix, 1863.

Claire.   background-2008_039.jpg 

Article écrit et publié par Claire le 20 Février 2008.

L’oeuvre de Dante fut marquée par la rencontre de la Beauté et de l’Amour qui s’établit lorsque Dante porta son regard sur Béatrice.

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11 commentaires

  1. baba61 dit :

    merci d’etre venu me remonter le moral hier sur mon topic .
    bien ton blog .ingridlili

  2. lusina dit :

    Bonjour Claire,
    Contente que nous nous parle de ce grand littérateur et poète (et grammairien, et inventeur de sa langue, etc).
    Il est vrai aussi qu’il a eu pour modèles les troubadours « provençaux », c’est à dire occitans:
    Voici un passage concernant Arnaud Daniel:
    « Dante de qui il fut l’un des maîtres le considéra comme «le meilleur ouvrier du parler maternel». Il en fait un vif éloge dans le «Purgatoire», dans le vingt-sixième canto, où le maître poétique de Dante, Guido Guinizelli (fondateur du «dolce stil nuovo» ), désigne et surnomme Arnaud Daniel – et du même coup l’immortalise – comme «il miglior fabbro» («le meilleur forgeron de sa langue maternelle»). Nul autre n’a reçu un tel honneur dans La Divine Comédie. Puis, ce sera dans le Traité de l’éloquence, que Dante continuera à en faire l’éloge en analysant la riche beauté formelle d’Arnaud. « 

  3. jackanddexter dit :

    Salut voilà je fais un petit tour et un petit coucou!! a pluche…

    Dernière publication sur Le Vampire Audiophile : Courbe de réponse

  4. duluxe dit :

    salut
    de passage j’ai remarquer votre blog!!! il es genial bonne contuniation.
    ciao

  5. Je m’étais toujours promis de lire « La Divine Comédie » tu m’as donné l’envie de m’y mettre …
    Nous avons choisi le même thème pour notre blog ! (oui, oui, je sais, c’est hors sujet mais ça m’amuse de le souligner !)

  6. Janitor dit :

    Merci pour ce passage de la vie de Dante Alighieri.

    Le dernier tableau que vous présentez est capital pour comprendre « le pont » entre l’histoire de la « pré-renaissance italienne » et le mouvement préraphaélite anglais généré par cette icone « Beatrice et Dante ».
    Ici présenté, ce tableau peint par Dante Gabriel Rossetti vers 1850 (un autre Dante lui aussi Italien d’origine, préraphaélite de la première heure) s’intitule « Beata Beatrix ».
    Le peintre a ici représenté son épouse « Elizabeth Siddal » décédée, en lui donnant pour l’occasion l’identité de « la » Beatrice de Dante du XIV° siècle.

    Beatrice est depuis 700 ans annonciatrice de renaissance, elle était là au début de la pré-renaissance en Italie, elle a réapparu sous le pinceau de Dante (G.Rossetti) au milieu du XIX°, au début de ce que je pense être une seconde renaissance, scientifique, sociale…

    Ce mouvement Préraphaélite (en référence à Raphael, le plus grand peintre de la renaissance italienne) est un des starters majeurs des plus grands mouvements modernes dont le symbolisme. Dans ce mouvement Dante et Beatrice sont incontournables.

    Au début du XIX et jusqu’à aujourd’hui Dante et Beatrice sont curieusement donc, encore une fois, très présents avec de multiples rééditions et traductions de « la divine comédie » sans compter les illustrations des célèbres Botticelli, Giotto, William Blake, Eugène Delacroix, Gustave Doré, Salvatore Dali… tous ont compris la force du symbole.

    Depuis cette deuxième renaissance (pour faire court)démarrée au XIX, tous les courants artistiques modernes ont vu le jour… le pouvoir de Dante et Beatrice sur l’art est réel à travers les siècles…réel et mystérieux.

  7. Pé Jean dit :

    Posséderiez-vous le texte italien d’un poème de Dante à propos de Beatrice commençant par : Tante bella mi pare la mia ….

    J’ai eu l’occasion, il y a bien longtemps, de le traduire, dans le cadre de mes études, pour la fondation « Dante Alighieri de Bruxelles », mais je ne retrouve plus de note.
    Je vous remercie de votre attention.

    JP
    Clabecq
    Belgique

  8. Janitor dit :

    Peut etre ce poeme se trouve-t-il dans la « VITA NUOVA », Dante y parle de Beatrice.
    A ce sujet, il existe un essai trés interessant de 1922 « Dante Beatrice et la poésie amoureuse » essai sur l’idéal feminin en italie à la fin du XIII° siécle, de REMY DE GOURMONT.
    F

  9. bencherif dit :

    Six siècles après Béatrice, figure inspiratrice de Dante, Jocelyne, dans la grande ode de Ahmed Bencherif, tient la meme place d’amour courtois et de mysticisme, telle que vue par la critique de l’éditeur Publibok.
    http://www.bencherif.unblog.fr
    http://www.ronsard.e-monsite.com

  10. genovefa64 dit :

    bonjour, à la recherche de renseignements complémentaires sur Lizzie Siddal, me voici accidentellement sur l’histoire de Dante et Béatrice où j’y retrouve totalement ce que Lizzie a inspiré à Dante Gabriel Rossetti.Amicalement

  11. Carole dit :

    Dante ou l’Amour absolu de l’homme pour la femme unique et petdue.. à son apogée la plus pure, qui demeure intact par delà la mort, transcendé par l’oeuvre littéraire « la Divine comédie »..

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